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Igiebor, un mois pour séduire le Bétis

Emmanuel Igiebor se souviendra longtemps de son premier but en Liga. Le Nigérian de 22 ans a égalisé lors du derby sévillan, à la toute dernière minute de jeu. Et dire que l'an dernier, il jouait encore dans le championnat israélien.

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L'année 2013 est totalement folle, dans tous les sens du terme, pour Emmanuel Igiebor. En l'espace de trois mois, le joueur, qui errait de pays en pays depuis le début de sa carrière, a réussi à sortir de l'anonymat. D'abord, il a remporté la CAN avec le Nigeria. Certes, lors de la campagne sud-africaine, « Nosa » Igiebor n'a disputé que deux matchs : le match d'ouverture face au Burkina Faso, puis le second face à la Zambie. Par la suite, il a dû se contenter de regarder l'épopée de son équipe depuis le banc. Une belle expérience tout de même. Ensuite, il a tardé à rentrer à Séville, à cause de problèmes de passeport, et a été lourdement critiqué par les supporters sévillans.

Mais vendredi soir dernier, le joueur a su saisir ce qui ressemblait bien à se dernière chance. On joue le derby de Séville, à l'Estadio Benito Villamarín. À la 33e minute, le public du Bétis est totalement dépité. Le FC Séville mène 3-0, grâce à des buts de Rakitić (2) et Negredo. Juste avant la pause, Pabón redonne un peu d'espoir aux Vert et Blanc. Au retour des vestiaires, Rubén Castro réduit encore la marque sur pénalty. Le Bétis fait le forcing, mais ne parvient pas à égaliser. À huit minutes du terme, Pepe Mel décide de jouer sa dernière carte, en faisant entrer Igiebor à la place de Paulão. Et à la 89e minute, sur un centre de l'inévitable Pabón, le jeune Nigérian fait chavirer le stade en égalisant d'un magnifique coup de casque. 3-3. Ou comment passer de l'ombre à la lumière en une seconde.

Le plus gros transfert de l'été

Il faut dire que jusqu'ici, Igiebor n'avait pas vraiment eu l'occasion de se mettre en évidence. Depuis son arrivée à Séville, cet été, il n'avait disputé que 13 matchs, dont seulement deux dans leur intégralité. Le reste du temps, 9 minutes par ci, 4 par là, 12 encore ici. Dur, dans ces conditions, de s'affirmer, surtout à côté des indéboulonnables Pabón et Rubén Castro. D'autant qu'à Séville, Igiebor n'est pas grand monde. Cet été, il est arrivé pour 1,2 million d'euros, en provenance de l'Hapoël Tel-Aviv, ce qui en a fait le plus gros transfert de l'été au Bétis. Israël et, encore avant, Norvège. Un parcours assez improbable pour un joueur qui a fait ses grands débuts dans le championnat nigérian à l'âge de 15 ans, avec le Sharks FC. Une saison passée là-bas, et le voilà qui s'engage avec les Warri Wolves. C'est là-bas qu'il va révéler tout son potentiel. Du haut de ses 16 ans, il marque 16 buts en championnat en l'espace de deux ans.

Il suscite l'intérêt de certains clubs mais, allez savoir comment, en janvier 2009, il signe un contrat avec le club norvégien de Lillestrøm. Une improbable fusion entre le LOSC et Kim Källström. En quelques mois, il réussit à se faire une petite réputation en Norvège. Il marque en Coupe de Norvège, puis en championnat. En un an et demi, il inscrit 13 pions avec le maillot de Lillestrøm. Mais rapidement, il émet le désir d'aller voir ailleurs. Il regarde autour de lui les offres. Pas grand-chose. Ah, si. Une offre de l'Hapoël Tel-Aviv. Marché conclu. Le 8 août 2011, il est transféré à titre définitif à l'Hapoël. Sa saison en Israël ne va pas être transcendante. 27 rencontres de championnat, 3 buts au compteur. On pourrait que cette saison en demi-teinte, loin des championnats importants, va le faire sombrer dans l'oubli. Et pourtant, le Bétis Séville s'intéresse à lui. Le club sévillan lâche donc un million d'euros pour le faire venir. Vendredi soir, les dirigeants du Bétis ont enfin eu l'impression d'avoir rentabilisé leur investissement.

Problème de certificat de naissance

Oui, car depuis son arrivé à Séville, la vie d'Igiebor n'a pas franchement été un long fleuve tranquille. Arrivé cet été, il n'a pas convaincu lors de ses premières apparitions avec le maillot du Bétis. Maladroit, pas franchement impliqué, il agace plus qu'il n'appelle au soutien. En janvier, il rejoint l'équipe nationale du Nigeria en Afrique du Sud. Mais à la fin de la compétition, il ne rentre pas à Séville. Le joueur affirme que l'Ambassade d'Espagne refuse de lui délivrer les documents pour voyager. Il se retrouve ainsi coincé à Abuja, sa ville natale au Nigeria. En cause : des problèmes quant à son permis de travail et son certificat de naissance. « Je suis vraiment très déçu de la façon dont je suis traité dans mon propre pays » affirme alors le joueur.

Finalement, il faut l'intervention du Bétis et d'une société de droits britannique pour que Nosa Igiebor puisse rentrer en Espagne. À son retour, Pepe Mel lui offre 12 minutes face à Valence, 6 contre Getafe, et lui donne une grande chance en le mettant titulaire, le 5 avril, contre Grenade. Le Bétis s'impose 5-1, mais Igiebor se distingue uniquement en prenant un carton jaune. On pense alors que le Nigérian a grillé sa dernière opportunité, et qu'il va devoir commencer à consulter les offres de Pôle Emploi pour l'été prochain. Et puis, finalement, ce coup de boule au bout du bout du derby sévillan, qui lui donne peut-être un nouveau crédit, au moins jusqu'à la fin de la saison. Igiebor a un mois pour donner suite à cet exploit d'un soir. Ce serait con de le retrouver à Chypre l'année prochaine.

Eric Maggiori
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Un article après un but, Gimenez et Mendoza sont jaloux
Spartakist Niveau : CFA2
Ah ouais, si même au Nigéria, ils trouvent ses papiers pas nets, c'est qu'il y'a vraiment un problème. Et y'a un passage bien nawak dans l'article :

« On pourrait que cette saison en demi-teinte, loin des championnats importants, va le faire sombrer dans l'oubli. »

Déjà, il manque un mot. Mais la partie rigolote, c’est : « loin des championnats importants ». Comme les championnats nigérian et norvégien, c’est ça ?
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