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Ich bin ein ch'ti Berliner

Il y a quelques semaines, trois jeunes Français ont créé le premier club de supporters étrangers du FC Union Berlin, club de D2 allemande : le Hähne Rot Weiss. Pour comprendre pourquoi et comment était née cette idée, on est donc parti à la rencontre de son président, cloitré dans un appartement deux pièces du centre de Lille.

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Avant d’arriver dans le logement étudiant dans lequel il vit, on pense un peu naïvement que la création du Hähne Rot Weiss (en référence aux couleurs du club et aux « Pommes rot weiss  » , soit, en français, les frites ketchup/mayos) est une façon comme une autre de tuer le temps. Évidemment, ce n’est pas le cas. La fameuse déraison des passionnés de foot, sans doute : « On est trois amis à avoir fondé le club, mais je suis certainement le seul à avoir le profil du supporter, assure Julien Biloë, président de cette association de supporters atypique. Lors d’un voyage à Berlin, je m’étais dit que s’il y avait au moins un truc à voir, c’était le stade Olympique, qui était pour moi une référence. » Ni une, ni deux, les trois comparses achètent leur place pour le derby opposant le Hertha Berlin au FC Union Berlin, alors tous les deux en deuxième division allemande. « Un pote vivant à Berlin m’avait dit le plus grand bien du FC Union. On est donc allé voir le match, mais du côté des supporters de l’Union. »

Convaincus par le spectacle auquel ils viennent d’assister, Julien (le président, donc), Armel (trésorier) et Melchior (secrétaire) rencontrent dès le lendemain un des responsables du club pour lui exposer l’idée qu’ils ont eu : monter un groupe de supporters étrangers permettant non seulement de faire rayonner le club à l’international, mais aussi de promouvoir la culture allemande. « Il a trouvé ça génial parce qu’on était les premiers supporters étrangers à lui demander ça. On savait qu’il y avait pas mal d’associations de supporters déjà référencées sur le site du club, mais on voulait faire quelque chose de différent. » Inutile de dire qu’accéder à ce statut requiert pas mal de sacrifices : comme payer un encartage de 90 euros par an, remplir un bon nombres de paperasses et se déplacer à ses frais.

Amitié, popularité et unité

Pour Julien la création d’un tel club de supporters se comprend en réaction à la dégradation des valeurs dans le football : « Je n’ai rien contre le foot business de Manchester City ou du PSG parce que, mine de rien, si on veut être compétitif aujourd’hui, il faut en passer par là. Maintenant, on peut vivre d’autres émotions sans forcément avoir de l’argent, en vivant en marge du foot tel qu’il est perçu et conçu en occident. Le FC Union Berlin, c’est un club plutôt gauchiste, situé dans l’ex-Berlin Est, donc très influencé par l’histoire de la ville. Quand on se renseigne sur le club, on apprend des choses assez folles : comme, par exemple, la collecte de sang organisée par les supporters pour éviter à leur club de faire faillite (ceux-ci iront pousseront le vice plus loin en retapant bénévolement le stade, ndr). » Partager des valeurs familiales, assister à des matchs de qualité, prendre le foot comme prétexte à l’amitié et à de multiples séjours dans la capitale allemande : telle est l’ambition du Hähne Rot Weiss, résultat typique de ce que trois amis habités par la passion peuvent faire. « L’histoire que peut renfermer les clubs me passionnent, affirme Julien. Je trouve qu’il y a plein de choses hyper intéressantes à apprendre sur eux. De par son histoire et la mentalité de ses supporters, le FC Union Berlin est particulièrement atypique. Il y a une forte histoire et ça se détache totalement du football qu’on peut voir aujourd’hui. » Et là, le jeune homme (24 ans), affalé dans son canapé comme pour mieux récupérer d’une séance de futsal un peu trop intense, sait de quoi il parle : indépendantistes jusqu’au bout des ongles, les dirigeants du FC Union Berlin ont toujours refusé de faire les choses comme tout le monde, défendant mordicus l’esprit d’un football populaire. En témoigne leur refus de participer en fin d’année dernière à une réunion de tous les dirigeants des clubs pros allemands pour lutter contre la grève des supporters alors mise en place depuis quatre semaines. « Il suffit d’aller au stade pour s’en rendre compte, l’ambiance est toujours très bon esprit, très populaire. On ne verrait pas ça dans d’autres clubs où, lorsque l’équipe perd ou fait match nul, on fait la gueule et on siffle. Ici, non, on encourage et on remercie les joueurs en permanence. C’est assez prenant »

Un malaise français ?

Malgré tous ces arguments, leur démarche soulève une question : si le but est de s’intéresser à un club prônant des valeurs basées sur le partage, la famille et l’union collective, pourquoi s’intéresser au FC Union Berlin, englué depuis toujours dans les divisions inférieures allemandes, plutôt qu’à des clubs français comme Lens ou Saint-Étienne ? Réponse sans langue de bois de monsieur le président : « On n’avait pas grand intérêt à faire ça avec un club français. Mes deux potes sont de Paris, moi du Nord, ça aurait été compliqué de choisir. Et puis, ça ne serait pas rentrer dans l’optique du club de supporters tel qu’on le conçoit. Si on a choisi Berlin, c’est vraiment parce qu’on a des attaches avec cette ville, on y va deux trois fois par an et on est vraiment tombé amoureux de ce club. On voulait garder ce côté déconnade. » Et ça tombe bien : car, si le Hähne Rot Weiss va bien entendu leur permettre de voir des matchs de qualités « bien plus exigeants que dans d’autres championnats où le niveau en deuxième division n’est pas aussi élevé  » , c’est aussi l’assurance de bien s’amuser. « On veut aussi dire qu’on n’est pas un club de supporters de foot pour le foot, mais aussi un groupe basé sur l’amitié et ayant pour but de promouvoir l’Allemagne et sa culture. Une hype naissante ? Oui, mais pas que. On est vraiment dans une autre optique que les hipsters qui squattent le Berghain. Nous, on veut vraiment montrer l’autre Berlin, le côté authentique de la ville. »

À l’Est, du renouveau


Autant dire que les trois gaillards ont totalement embrassé le mythe du FC Union Berlin, un club dont la star, Torsten Mattuschka, y a presque fait toute sa carrière, dont le coin VIP, créé récemment, occulte complètement la coupe de champagne au profit d’une bière et d’une saucisse, dont le stade (20.000 places, tout de même) est situé au milieu d’une forêt et, surtout, dont l’ambition est apparemment de ne surtout pas monter en Bundesliga. Pourtant, cette année, ce n’est pas tout à fait vrai. Eternels outsiders, les hommes d’Uwe Neuhaus ont toutes les chances de figurer parmi les promus en fin de saison. Une nouvelle ambition que Julien cherche à tempérer : « Ils sont toujours outsiders. Mais en se liant d’amitié avec un autre groupe de supporters du club, on s’est rendu compte que la place de l’Union n’est pas en Bundesliga. Tout simplement parce qu’en montant en D1, les exigences sont toutes autres, nettement plus financières. Bien sûr, ça ferait plaisir de pouvoir faire des déplacements à Dortmund ou à Munich, mais si c’est juste pour faire l’ascenseur ça ne sert à rien. Autant continuer à faire vibrer les supporters en D2. »

De toute façon, avant de pouvoir espérer rencontrer le Bayern ou le Borussia, le FC Union Berlin devra répondre présent lors des gros matchs de la saison 2013-2014 face à Cologne, à Düsseldorf ou encore contre l’Energie Cottbus. Des matchs, auxquels Julien, Armel et Melchior comptent bien assister, si possible avec un groupe de supporters élargi. « Un groupe d’amis est d’ores et déjà intéressé pour entrer dans le groupe, on risque donc de rapidement se développer. Mais il ne faut pas que les gens se fassent des illusions, tout reste très rudimentaire. Pour aller voir un match, pas d’avions ou de trains, on prend la bagnole et on y va. Pour dormir, on va chez des potes ou dans une auberge de jeunesse. » Peu de gros matchs, des transports à leurs frais, mais ça, les trois gus s’en fichent, ils voient du pays. Surtout, ils se reconnectent avec les vraies valeurs du football, « celles que m’ont transmis mes parents en me parlant du foot français des années 70. »

Pour les contacter : 1fcufrance@gmail.com

par Maxime Delcourt à Lille
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