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Icare McGeady

Il était le plus grand talent du football irlandais, le plus beau représentant du Celtic et une superstar annoncée. Pourtant, à 30 ans, Aiden McGeady n’est plus qu’un vulgaire remplaçant de fin match en sélection, un habitué des tribunes en club. Que s’est-il passé ?

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« On ne découvre qu’un seul Aiden McGeady par génération. » La déclaration est signée Kenny McDowall, alors responsable du développement au Celtic, persuadé d’avoir trouvé sa Mulan. La prise est belle : Aiden McGeady a 14 ans, un ailier tout en dribbles, un immense talent. La concurrence était pourtant féroce. Repéré dès ses 11 ans, deux ans seulement après ses débuts par accident (il avait suivi un copain parti à l’entraînement), le Royaume-Uni entier lui faisait les yeux doux. Les Gunners l’invitaient toutes les cinq ou six semaines pour une séance. À United, il surclassa tellement le reste du convoi britannique que Sir Alex Ferguson prit la peine d’appeler lui-même ses parents. Liverpool, Chelsea et Manchester City aussi se montrèrent intéressés. Mais Aiden n’allait pas quitter l’Écosse pour l’Angleterre. Son père, John, modeste joueur de Sheffield United dans les années 1970, l’interdit, trop inquiet de l’éloignement et du mal du pays. De toute façon, Aiden ne vibre que pour le Celtic, le club de ses rêves.

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Adoubé par les plus grands


Quelques années plus tard, le Celtic ne vibre plus que pour lui. Pour son premier match avec l’équipe première, trois semaines après ses 18 ans, il marque et est élu homme du match. Pour l’un de ses premiers matchs en Ligue des champions, face à l'AC Milan, il met un terme à la carrière milanaise de Coloccini, qui vécut un véritable calvaire en arrière droit, avant d’être applaudi à sa sortie par Alessandro Nesta et adoubé par Paolo Maldini : « Il a du talent, une bonne personnalité et le calme nécessaire. Il peut peut-être devenir ce joueur qui manque au Celtic, capable de faire basculer le cours d’une rencontre. » De fait, McGeady devient ce joueur. À l’échelon international, il choisit l’Irlande, la nation de ses grands-parents qu’il défend depuis l’adolescence, malgré une tentative de le faire changer d’avis de la part du sélectionneur écossais de l'époque, Berti Vogts. Le choix fait grand bruit, tant le futur d’Aiden semble brillant. Et il l’est. McGeady confirme, saison après saison, assist après assist, but après but, dribble après dribble. À 24 ans, le championnat écossais, en plein déclin, n’est plus assez grand pour lui. Avec l’Irlande, on lui préfère des joueurs plus travailleurs après le fiasco de la campagne qualificative à la Coupe du monde. Il lui faut partir, ses quatre championnats, deux Coupes d’Écosse et deux autres de la Ligue sous le bras. Pourtant, les clubs de son enfance ne se manifestent pas, et les autres sont rebutés par le prix demandé. C’est finalement le Spartak Moscou, géant tombé, qui emporte la mise.

Russie et Toffees


Contrairement à ce qu’on pourrait croire, McGeady ne s’est pas contenté de toucher des gros sous en Russie. À de nombreuses reprises, il a été nommé parmi les meilleurs joueurs du championnat. Seulement, lors de sa quatrième année au club, l’Irlandais s’embrouille avec son coach, Valeri Karpin. McGeady n’est pas foncièrement arrogant, mais il sait ce qu’il veut et ce qu’il vaut. Plus d’un coach s’en sont rendu compte à leurs dépens. Sanctionné, rétrogradé en U18, Aiden réalise que son aventure russe touche à son terme. Lorsqu’Everton en profite à l’hiver 2014, tout le monde s’accorde pour dire que c’est une chance pour les Toffees, et une perte pour le Spartak. Dans un contexte annoncé idéal, rien ne va. Seulement quatre titularisations pour sa première demi-saison, et lorsqu’il prend ses marques à l’exercice suivant, il se blesse au genou, et le club recrute Aaron Lennon. Pour sauver ses chances de participer à l’Euro, McGeady demande alors à être prêté. Direction Sheffield Wednesday, en Championship, sur les conseils de Martin O’Neill, le sélectionneur irlandais. « Le sélectionneur m’a dit que je devais partir et jouer, explique Aiden à la BBC. Tu perds ton temps si tu ne joues pas. Ce n’était pas très enthousiasmant. J’ai oublié ce que c’était d’être footballeur. Je m’entraînais du lundi au vendredi, et après, j’avais mes week-ends de libre. Arrivé au mois d’octobre/novembre, je savais que je devais m’en aller. »

Seulement, à Sheffield, McGeady continue d’avoir des week-ends de libre. Pourtant, Vincent Sasso, son coéquipier, le décrit comme « très pro, au-dessus techniquement, rarement vu quelqu'un d'aussi fort en 1vs1, pied droit, pied gauche » . Pas suffisant néanmoins pour s'imposer. Même pas dans le groupe pour les demi-finales et la finale de play-off, il est laissé libre de rejoindre le groupe irlandais. « C’est dommage parce que Sheffield Wednesday semblait idéal pour lui » , se lamente alors Martin O’Neill. Un sélectionneur qui ne l’a pas abandonné malgré toutes les déceptions passées et les dizaines de matchs sans saveur, persuadé qu’un si grand talent ne peut disparaître. Tout le contraire de son adjoint Roy Keane, qui a critiqué la performance de son ancien partenaire après un amical face à la Biélorussie : « Il peut faire bien mieux, mais peut-être est-ce l’histoire de la carrière d’Aiden. » Face à la Suède, l’ancienne superstar n’est entrée qu’à cinq minutes de la fin du temps réglementaire, sans rien à se mettre sous la dent. On ne découvre qu’un seul Aiden McGeady par génération, mais il serait temps de le retrouver.



Par Charles Alf Lafon
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Dans cet article

Alala quel dommage... C'était vraiment une perle à l'époque. Je l'avais repéré sur Championship Manager 2008 et ça a été mon premier choix de transfert pendant des années.

J'ai suivi sa carrière et sa descente aux enfers par la suite (quoi qu'on en pense, en Russie il n'était déjà plus que l'ombre de lui-même).

Son retour en Angleterre m'avait fait espérer qu'il puisse retrouver son meilleur niveau, mais force est de constater qu'il ne s'imposera jamais plus comme quand il avait 20 ans.
Megamegazord Niveau : DHR
Au final est ce que ça a été une bonne décision pour un seul joueur prometteur de partir en Russie ?

Parce qu'à chaque fois j'ai l'impression que les mecs sont revenus cramés et qu'ils ont jamais pu repartir.
En gros on sait toujours pas ce qu'il s'est passe!
Comme beaucoup de joueurs il s'est trop reposé sur son talent, il sait dribbler mais n'a pas su se montrer plus complet, plus important, plus indispensable.

Et le clash qui a eu lieu avec Karpin peut aussi indiquer qu'il avait des attentes peut être éloignés de ce qu'il donnait aux entraînements.

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