La fête de l’Huma prend un jaune !

20 septembre 2009 à 19:35 La fête de l’Huma prend un jaune !

Du 11 au 13 septembre dernier, La Courneuve accueillait la 74e édition de la Fête de l’Humanité, grand rassemblement orchestré par le journal communiste éponyme. A priori, aucun rapport avec le football et pourtant, les analogies ne manquent pas avec le sport roi. Retour en « images » sur la grand-messe des alter-mondialistes (avinés).

La fête de l’Huma et le football ne sont pas si différents. Déjà, le RER B passe devant le Stade de France avant de filer en direction du Bourget. La rame est blindée comme un soir de match sauf que ce ne sont pas des hommes en short courant après un ballon que la foule s’entassant dans les transports vient voir mais un concert de Mylène Farmer. La moitié du wagon descendue pour rejoindre l’écrin dionysien et son angoissante chanteuse rousse, poursuivons dans des conditions respiratoires enfin normales notre route vers la foire aux communistes.

La foule des grands soirs

Arrivé aux abords du parc départemental de La Courneuve, il y a foule. Comme un soir de match. Le passage des guichets prend un temps fou. Comme un soir de match. Les contrôles de sécurité sont inexistants. Pas comme un soir de match. Une fois à l’intérieur, la petite mousse s’impose comme pour récompenser les efforts accomplis jusque-là. On se joint ensuite à la meute pour assister au concert de Manu Chao. Un artiste tout ce qu’il y a de plus football entre popularité interplanétaire et chansons à la gloire de Diego Maradona. Dans la fosse de la grande scène, les similitudes avec les virages de certains stades ne manquent pas. L’énergie débordante des uns énerve les autres et les échauffourées ne sont pas rares alors que qu’une impression de chaos se dégage, bien aidée par une consommation sans modération de liquides en tout genre et de produits pour le moins stupéfiants couplée à une marée humaine à perte de vue. En même temps, faut pas s’étonner, c’est le 11 septembre…

Si le chanteur à la casquette de leader révolutionnaire latino-américain embrase la foule, le bordel suivant la fin de sa prestation n’est pas sans rappeler notre sport favori. 80 à 90 000 personnes souhaitent désormais quitter la fosse et c’est là que le bât blesse. Imaginez vider un Stade de France plein à craquer par le tunnel d’entrée des joueurs. Ça prend un temps fou et certains esprits s’échauffent, encore et toujours. Après l’effort, le réconfort, c’est bien connu et à défaut de la traditionnelle plâtrée de pâtes post-match du footeux, direction le village du monde pour se délecter d’une belle pièce de barbaque chez nos amis chiliens.

Merci Dwight Yorke

Les organismes commencent à puiser, comme après avoir gambadé comme un fou sur le pré. Sauf que les hostilités ne sont pas terminées. Loin s’en faut puisque le dernier RER a quitté le quai depuis bien longtemps et il faut tout de même regagner son domicile. Comme au foot, on quitte donc les lieux en montant dans le bus. A défaut de charriages et de visages de sportifs marqués par l’effort, place à des individus marqués par le houblon et autres subtilités. En plus, c’est même pas confortable et le voyage jusqu’à la gare de l’Est semble interminable. Heureusement qu’un sosie de Dwight Yorke est là pour amuser la galerie.

Arrivé dans la capitale commence alors un décrassage aussi violent qu’inattendu. Éreinté par une soirée pour le moins épique, il faut désormais tenter d’imposer son physique sur le macadam sauf que les taxis multiplient les feintes de corps et trouvent toujours le moyen de se débarrasser des tentatives de marquage à la culotte. Une heure de marche et vingt minutes de Vélib’ plus tard, l’escapade en terre rouge s’achève, non sans un grand ouf de soulagement. Du monde en tribunes, un physique torturé par l’effort, des comportements dignes d’ultras écervelés mais surtout une belle liesse populaire, on vous l’avait dit, la fête de l’Huma et le football ne sont pas si différents.






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