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Houllier passe son exam'

Premier "big assessment" pour le prof Houllier à White Hart Lane. Après avoir rassuré Villa contre les Rovers et les Wolves, la méthode Houllier sera véritablement mise à l'épreuve contre les Spurs, concurrents directs au Big Four... ou Six dans un premier temps.

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Scotchés par le départ de dernière minute du fâché Martin O'Neill, les Villans avaient fait illusion lors de la première journée face au triste West Ham (3-0). Mais ensuite, une roue de vélo à Newcastle (6-0) puis une nouvelle sortie de route à domicile contre le Rapid de Vienne en play-off retour d'Europa League (2-3) nous faisaient comprendre que ce Villa 2010 avançait à l'aveugle. La timide réaction d'orgueil contre Everton (1-0) allait vite être balayée par une nouvelle défaite contre le modeste Stoke City (2-1). Le président Lerner (pas Frédéric le chanteur, Randy, milliardaire ricain propriétaire aussi des Cleveland Browns) constate que l'intérimaire MacDonald ne pourra redonner confiance à l'aspirant le plus régulier au Big Four de ces trois dernières années.

Place désormais à notre Gérard national, heureux de pouvoir retrouver la Premier League et un club « qui est aimé en Europe, qui a une identité » . Un peu comme à Liverpool, Houllier se voit confier une mission claire : dépoussiérer la vitrine d'un club absent des charts depuis 1996 (Coupe de la Ligue). On parle quand même du 4ème club le plus titré du Royaume : 7 championnats d'Angleterre, 7 FA Cup, 2 Coupe de la Ligue et une C1. 6ème lors des 3 dernières éditions de la PL, Aston Villa doit « sortir de sa zone de confort. Ce dont le club a besoin, c'est de plus d'ambition, avoir plus les crocs. Nous avons l'image d'un club sympa. Mais nous voulons être un club de gagnants, un club sympa qui gagne » . Paroles de l'entraîneur français. Alors quels changements depuis son arrivée ?


Emile, le tueur


Dans un premier temps, il semble que le charisme de Gérard, ultra-respecté Outre-Manche, a eu son petit effet. Depuis sa prise de fonction officielle, les Villans ont sorti de belle manière Blackburn de la Carling Cup (3-1) puis sont allés chercher trois points à Wolverhampton (2-1). Ok, ces équipes n'avaient le meilleur des CV de la Premier League, mais Villa a au moins retrouvé une solidité et une stabilité qui lui faisaient jusqu'alors défaut. Objectif « reprise de confiance » atteint.
Secundo, les entraînements ont changé. Les méthodes britanniques sont dans la remise et Gérard reprend la méthode qui avait fait son succès à Liverpool : des séances « plus continentales » , moins basées sur l'engagement physique, plus sur la tactique. De tactique, justement parlons-en. Villa a évolué. Comme lors de son passage à Lyon, Houllier demande à son équipe moins de folie, plus de maîtrise, c'est-à-dire prendre le temps de préparer ses actions, trouver les décalages. Soit jouer la carte de la patience, même si les deux flèches de son effectif (A. Young et Agbonlahor) ne demandent qu'à être arrosés à tout-va. Techniquement, le Français estime avoir une « équipe décente » pour répondre à ce nouveau plan de jeu.

Le système de jeu est lui-aussi modifié. Sans Milner parti à City, c'était devenu une nécessité. Première pierre posée : Gérard a remis au goût du jour le Emile Heskey, limite dépressif depuis la Coupe du Monde, et l'annonce de sa retraite internationale (pelle de moqueries de la part de toute l'Albion du foot). Le type marche à la confiance, à l'affect, et la venue de Gérard, celui qui l'avait lancé à Liverpool, l'a requinqué. Carew, titulaire jusque-là en pointe, peut tirer la tronche. Désormais, c'est Emile le tueur. Et le congélo anglais n'est plus tout seul. Ashley Young a été prié de quitter son aile et de se recentrer, en rodant autour de son pivot. A la manière d'un Heskey-Owen à Liverpool, l'association fonctionne pour le moment plutôt bien. L'international retraité a délivré deux galettes à Young et planté contre Blackburn et a récidivé chez les Wolves (but décisif à la 88ème).


Tottenham, avant Chelsea


Le match de cet après-midi à White Hart Lane constitue donc le premier véritable check-point de l'ère Houllier. Si Villa veut retrouver de l'ambition, il devra faire bonne figure contre des Spurs en délicatesse avec leur nouveau statut de membre du Big Four : défaite à domicile contre Wigan (0-1), nul à West Brom (1-1), déroute à domicile en Carling contre l'ennemi Arsenal (1-4) puis une impensable défaite à West Ham (1-0).

Houllier, lui, a déjà préféré baliser le terrain. Quitter la zone de confort ne nécessite pas immédiatement un meilleur classement au championnat. « Si vous vous souvenez, le premier titre de Chelsea sous Mourinho est venu après avoir gagné la Coupe de la Ligue. Je me revois discuter avec José qui me disait : “Ne négligez pas cette coupe parce que si vous la gagnez, vous gagnerez en confiance”. Avec Liverpool, c'est exactement ce qu'il nous est arrivé : nous avions pratiquement tout gagné » . Pour sa première saison de « Vilain » , Gégé va donc utiliser la Premier League comme son labo pour les coupes. Si le plan fonctionne, il espère ensuite faire d'Aston Villa un sérieux prétendant au podium. Une certitude : la fusée à deux étages est lancée. Une incertitude : Houllier pourra-t-il relever la mission la plus « challenging » de sa carrière d'entraîneur ?




Ronan BOSCHER

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