Hongrie : le club des cinq

Sur douze formations engagées en OTP Bank Liga cette saison, cinq sont dirigées par des amis ou soutiens du Premier ministre Viktor Orbán. Confirmation du lien hyper poreux entre politique et ballon.

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MTK Budapest - Tamás Deutsch




Compagnon de chambrée d’Orbán en fac de droit alors que le bloc de l’Est vacillait, Deutsch a accompagné son pote vers le pouvoir en co-fondant le parti Fidesz aujourd’hui aux affaires. Sa propre trajectoire n’est pas mal non plus : parlementaire de 1990 à 2009, ministre de la Jeunesse et des Sports de 1999 à 2002, vice-président de l’assemblée nationale de 2004 à 2006, député européen depuis sept ans, portrait craché d’Arno Klarsfeld et patron du doyen des clubs hongrois (1888) après Újpest (1885). Élu en mai 2010 et reconfirmé pour cinq ans en décembre 2013, le best friend du chef de la Hongrie a imposé ses méthodes de management, son frère Péter à la direction générale et son fils Bence qui erre de prêt en prêt à cause de son patronyme. Le MTK peut néanmoins le remercier pour la rénovation du stade Hidegkuti presque achevée, les belles 3e et 4e places des deux derniers exercices plus le retour au bercail de « Sányi » Torghelle. Mieux que la récente élimination en Europa contre Qäbälä.


Honvéd - George F. Hemingway




« Les attaques les plus dégoûtantes viennent de ceux qui essaient par tous les moyens d’associer Orbán au parti d’extrême-droite Jobbik. Le Premier ministre a toujours fortement condamné ces opposants potentiellement dangereux et anti-démocratiques. » Le businessman né György Szabó en 1951 et proprio du Honvéd depuis 2006 sort l’artillerie quand il s’agit de défendre son copain Viktor. Un ami qu’il respecte et dont il dit apprécier le « travail extraordinaire » accompli en faveur du sport hongrois. Moins rêveur que son homonyme écrivain, George F. Hemingway pilote un groupe prospère alliant immobilier, restos, services financiers, pharmaceutique, médias et équipe de foot, donc. Son business inclut les franchises magyares de Pizza Hut et KFC achetées au lendemain de la chute de l’URSS (1992). Si György a sorti le Honvéd du caniveau et failli recruter Alessandro Del Piero, il n’a malheureusement aucune chance de reconstituer un carré magique digne de Puskás/Kocsis/Bozsik/Czibor. Même infime.


Ferencváros – Gábor Kubatov




Comment réussir quand on a un passé d’ultra et une réputation de mafieux aux fesses ? Réponse : en devenant ponte de la Fidesz et numéro un de l’écurie reine des titres nationaux (29), dont le dernier empoché à l’aise cette année. Pas forcément l’option la plus discrète quand on veut se la jouer clean. Suffisamment maligne cependant pour permettre à Gábor Kubatov de remuer la taupinière chez des Vert et Blanc longtemps pénalisés par leurs hooligans emmerdeurs. Interdictions de stade à l’appui. Seulement voilà : Kubatov trempe toujours dans des trucs borderline, du style mobiliser des gorilles de son service de sécurité afin d’empêcher un député socialiste de déposer une proposition de référendum sur le travail du dimanche au bureau électoral national. Ce que l’intéressé nie en bloc. Impossible en revanche pour l’accusé Kubatov de contester son amitié profonde envers Viktor Orbán. Le PDG du « Fradi » et le roi de la lutte anti-migrants sont voisins de secteur VIP à la Groupama Aréna.


Debrecen – Gábor Szima




Si on voulait lui rendre justice, on l’appelerait Szima le ciment du DvsC, vu l’apport crucial du multimillionnaire au club de l’Est. Propulsé aux commandes en 2001, il a mené le modeste « Loki » en phase finale de Ligue des champions et d’Europa tout en ajoutant sept couronnes maison, six coupes et cinq Supercoupes de Hongrie au palmarès jusqu’alors quasiment vierge (une coupe en 1999 et c’est tout, ndlr) des Rouge et Blanc. De quoi susciter l’admiration du maire pro-gouvernement László Papp. Hors pelouses, Szima possède une myriade de casinos et a bénéficié de deux décisions taillées sur mesure. Une loi de 1999 autorisant les gérants de salles à concurrencer la Française des Jeux locale sur la Toile. Puis un coup de pouce du ministère de l’Économie (été 2014) lui octroyant deux concessions. Autre grand gagnant du dispositif : Andy Vajna, le richissime producteur américano-hongrois de Rambo et Terminator II qui assume son côté black-jack. Le taulier de la nation à chaque acte ? Viktor, of course.


Videoton – István Garancsi




Le magazine Figyelő branché éco le considère comme un représentant de « l’oligarchie appréciable » . Origines modestes, nuits sur un matelas, longues balades en forêt, zéro montre ou bagnole de luxe... L’antithèse d’Árpád Habony, éminence grise d’Orbán au train de vie affolant les comptes de l’État. Mais derrière la simplicité affichée, István Garancsi s’est constitué un joli pactole comme courtier dans les 90’s, puis a empoché son premier milliard (de forints) via la privatisation d’une agence immobilière. Entré au capital du Videoton à la mi-décembre 2007 par l’intermédiaire de son fonds d’investissement « Futball Invest » , l’amateur de foot en est désormais le shérif à 99,99%. Il est aussi celui du géant du BTP Market Épitő ZRT, constructeur accrédité de la Groupama Aréna et de la piscine des mondiaux de natation de l’an prochain dans la capitale magyare. Népotisme ? « Je suis proche de Viktor Orbán, mais je ne fais aucun business avec lui » , rétorque cash le self-made man. Garancsi, le contrat de confiance.

Par Joël Le Pavous
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Dans cet article

Lost in translation Niveau : CFA2
Au delà du foot c'est surtout de liens entre économie et politique dont il s'agit.

BTP, Casinos, privatisations, que des pans de l'économie en liens étroits avec le gouvernement.

Je n'y connais rien du tout sur ce cher Orban mais il y a l'air d'avoir matière à faire un dossier lectures longues sur le sujet !

Qui s'y colle ?
Psychedelic Train Niveau : District
Le Monde?
Note : 1
Ma femme est hongroise et mon beau_pere a une boite d evenementielles specialisee en sports. Le football en hongrie est un milieux vereux et mafieux. Orban bient de construire un stade dans son village natal qui ne compte pas plus de 2 mille habitants. capacite du stade? 45000! Cerise sur le gateau, une voie ferree liant budapest a ce village vient d etre inauguree. Pas grave, le projet du train est financee par l Union Europenne. Un exemple parmi tant d autres ou la corruption qui ne se cache plus est reine dans un sport qui n attire plus personne en hongrie. Meme le parcours honorable de la Hongrie pendent l euro n y changera rien a mon avis. La corruption, elle, va continuer au galop.
Message posté par e999170
Ma femme est hongroise et mon beau_pere a une boite d evenementielles specialisee en sports. Le football en hongrie est un milieux vereux et mafieux. Orban bient de construire un stade dans son village natal qui ne compte pas plus de 2 mille habitants. capacite du stade? 45000! Cerise sur le gateau, une voie ferree liant budapest a ce village vient d etre inauguree. Pas grave, le projet du train est financee par l Union Europenne. Un exemple parmi tant d autres ou la corruption qui ne se cache plus est reine dans un sport qui n attire plus personne en hongrie. Meme le parcours honorable de la Hongrie pendent l euro n y changera rien a mon avis. La corruption, elle, va continuer au galop.


Merci c'est aussi pour ce genre d post que je viens ici
Spanish Gabacho Niveau : Loisir
Message posté par e999170
Ma femme est hongroise et mon beau_pere a une boite d evenementielles specialisee en sports. Le football en hongrie est un milieux vereux et mafieux. Orban bient de construire un stade dans son village natal qui ne compte pas plus de 2 mille habitants. capacite du stade? 45000! Cerise sur le gateau, une voie ferree liant budapest a ce village vient d etre inauguree.


Loin de moi l'idée de ne pas considérer Orban comme une verreux motoire mais le stade de son village récemment construit fait......3500 places

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pancho_Ar%C3%A9na
J ai deja reagi a cet article hier (au passage desole, j utilise un qwerty...). sofoot est vraiment unique parce que c est l un des medias qui te permettent d apprendre, avec un contenu unique, parfois improbable.

Pour revenir a cet article, je pense que le phenomene est global. le foot est de plus en plus pourri et mafieux. On n a qu a regarder certains noms de dirigeants de tres grands clubs de foot (afrique du nord, Russie, amerique latine...) pour se rendre compte de imbrication profonde entre foot-politique-pratiques mafieuses.

Le foot cristallise tout, argent et pouvoir. Ce mixe attire de plus en plus, des vereux de tout bord, de l argent blanchi, des arrivistes... le pire c est que je pense que ca ira de pire en pire. Avec les prix des joueurs (hallucinants), les droits tele, les paris (legaux ou non), la vitrine infinie qu offre le football a certaines personnes en quete de pouvoir, ca n est pas pres de s arreter. De toutes les manieres, ce n est pas un hasard si les ricaisn s y interessentet veulent desormais controler la FIFA.

Le football est a l image de la societe actuelle, hysterique, frenetique, disparition de la notion de fidelite et d appartenance. On est juste dans l ere du temps!
Note : 1
Il n’y a que des cerveaux sous développé qui apprenne des choses avec So Foot……

SF ce garde bien de dire d’où proviennent toutes ses dérives ? Qui a initié au monde de penser le football de cette manière ?

Pas difficile, il suffit de rester en Europe de l’Ouest et d’ouvrir les YEUX !!!
Message posté par e999170
Ma femme est hongroise et mon beau_pere a une boite d evenementielles specialisee en sports. Le football en hongrie est un milieux vereux et mafieux. Orban bient de construire un stade dans son village natal qui ne compte pas plus de 2 mille habitants. capacite du stade? 45000! Cerise sur le gateau, une voie ferree liant budapest a ce village vient d etre inauguree. Pas grave, le projet du train est financee par l Union Europenne. Un exemple parmi tant d autres ou la corruption qui ne se cache plus est reine dans un sport qui n attire plus personne en hongrie. Meme le parcours honorable de la Hongrie pendent l euro n y changera rien a mon avis. La corruption, elle, va continuer au galop.


mais bien sur, 45000 places..il a fait un camp nou il parait!
pour en revenir au sujet, la Hongrie n est pas unique dans ce genre, malheureusement.
Message posté par the duke
Il n’y a que des cerveaux sous développé qui apprenne des choses avec So Foot……

SF ce garde bien de dire d’où proviennent toutes ses dérives ? Qui a initié au monde de penser le football de cette manière ?

Pas difficile, il suffit de rester en Europe de l’Ouest et d’ouvrir les YEUX !!!


C'est rudement dit, et cependant tellement vrai..

Orban n'a effectivement ni l'apanage ni la paternité de ce type de dérives.. Quant à espérer de Sofoot qu'y soit examinée cette paternité : voilà qui serait des plus comique, grand-écart impossible tant les responsables à épingler figurent rien moins que le panthéon sofootien..

Dans le cas d'espèce je trouve à Orban un bon goût certain - la structure portante en ogives de ce stade Pancho Puskas est de toute beauté! -, non moins qu'un souci manifeste et légitime (car pourquoi pas?) d'affirmer la fierté de son peuple et de leur Etat (ladite structure me paraît en effet inspirée des voûtes néo-gothiques du Parlement de Budapest)..

Mais sans doute, et précisément, est-ce cette affirmation nationale qui pose problème encore..
Message posté par Spanish Gabacho
Loin de moi l'idée de ne pas considérer Orban comme une verreux motoire mais le stade de son village récemment construit fait......3500 places

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pancho_Ar%C3%A9na


je te donne rdv l ete prochain en Hongrie et on ira voir qui a raion :)
je dis l ete parce que je ne peux m y rendre qu en ete.
J'ai une question : le pouvoir se mêle-t-il de quelque façon du devenir du club de Ujpest, autre belle longtemps endormie du football hongrois?
Message posté par e999170
je te donne rdv l ete prochain en Hongrie et on ira voir qui a raion :)
je dis l ete parce que je ne peux m y rendre qu en ete.


J'en revisionne à l'instant d'images..et je garde décidément bien du mal à imaginer 45.000 personnes dans ce stade - que d'ailleurs je trouve à chaque fois plus beau, plus singulier..

NB : du mal aussi à concevoir qu'il n'abrite que 3.500 spectateurs (or ce nombre semble faire autorité), quid?

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