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Hollande : Président normal, propos normaux ?

Les punchlines de François Hollande sur le petit monde du ballon rond tournent en boucle sur les réseaux sociaux et sur les plateaux TV. S'il est légitime de s'étonner de leur teneur venant du chef de l'État, dont on escompte un peu de hauteur à défaut d'une vision, ils n'ont en revanche rien de surprenant venant d'un politique dont on découvre de plus en plus la véritable signification du profil de « président normal » . Et donc de l'immense déception qu'il suscite...

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François Hollande fait l'actu foot en ce jour de trêve internationale. Le livre Un président ne devrait pas dire cela, rédigé par deux journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, qui sort jeudi, commence à fuiter, et les réflexions du chef de l'État sur le foot sont parmi les plus reprises en ce beau mercredi ensoleillé. Naturellement, ces saillies distillées avec régularité dans les médias font désormais apparemment le sel de l'actualité et des fils d'info en continu, au point de se demander légitiment si nos dirigeants ne les lâchent pas volontairement dans l'espoir de manipuler les alcôves du off. Toutefois, il serait risible de réduire ce buzz en partie artificiel à une banale affaire de storytelling. Depuis longtemps, le sport préféré des Français est l'assurance d'occuper l'espace médiatique et des #hashtags, y compris dans le registre politique, car il en dit beaucoup sur l'air du temps, le bruit et les odeurs.

Contradictions de l'exécutif


D'abord, beaucoup s'étonnent encore malgré tout, surtout de la part d'un président de gauche, de la tonalité des citations qui circulent. En particulier de la part de François Hollande, qui aime d'habitude se draper d'une certaine distinction de fin connaisseur en matière de football, par exemple en opposant son Red Star « populaire » au PSG bling bling de son ennemi intime, Nicolas Sarkozy. Le fond comme la forme donnent cette fois au contraire l'impression d'un banal clash lors de l'After Foot. Outre la logorrhée très « café du commerce » , – cependant tout le monde à le droit de se (re)lâcher après une heure de réunion avec Le Drihan –, les cibles de ses attaques, les joueurs en bleu, et principalement issus de l'immigration, relèvent presque d'un revirement idéologique.


De ce point de vue, d'ailleurs, l'ouvrage en question semble d'abord révéler les contradictions autour desquelles l'exécutif se contorsionnent, puisqu'après avoir dénoncé « une communautarisation, une segmentation, une ethnicisation » de l'équipe de France (nous sommes en 2012), quelques pages plus loin le même personnage rappelle que « la gauche ne peut pas gagner sur le thème de l'identité, mais elle peut perdre sur le thème de l'identité » , tout en admettant un problème « avec l'islam » et une immigration trop massive.

« Vedettes richissimes »


Le regard sur le foot s'inscrit dans cette lignée d'inflexions progressives durant le quinquennat, qui revisite les fondamentaux de son camp, quelque part entre Chevènement et Mélenchon, et pour le foot entre Alain Finkielkraut et le « Racaille football club  » de Daniel Riolo (qui avait le mérite au moins de pointer le rôle des clubs et des dirigeants). Deux ans après Knysna, il livre de la sorte une interprétation quasi zemmourienne de ce que sont et pensent les capés. « Il n'y a pas d'attachement à cette équipe de France. Il y a les gars des cités, sans références, sans valeurs, partis trop tôt de la France. » / « On voit bien que sur l'expression, il y a une perte de niveau. (...) Ils sont passés de gosses mal éduqués à vedettes richissimes, sans préparation. Ils ne sont pas préparés psychologiquement à savoir ce qu'est le bien, le mal. »


Ces mots arrivent après le livre de Valérie Trierweiler, dans lequel il lui était prêté un certain mépris instinctif du peuple, des fameux « sans-dents » . Elle vient d'ailleurs de remettre le couvert dans un excellent timing en diffusant sur Twitter un SMS de FH qui enfonce le clou sur le sujet.



Dans le cas du foot, il achève la bête en parlant de la nécessité de « muscler le cerveau » des joueurs, un tacle envers une Fédération qui ne saurait élever ses enfants comme une mère n'empêcherait pas son fils de dealer. Le retour de boomerang risque vite d'arriver (Manu Petit a déjà dégainé), surtout quand tu as le malheur de t'aventurer dans l'aire de jeu de la démagogie.

Un perroquet du sens commun de l'opinion


Toutefois, s'en tenir à pointer cette dimension, certes nécessaire, de l'étude de quelques phrases puisées au vent des conversations entre « amis » (dont certaines parfois tronquées ou amputées de leur intégralité, notamment sur l'islam) serait passer à coté d'un autre point essentiel et tout aussi rabaissant pour le foot. François Hollande se voulait le président normal, il y arrive enfin. Oublié le mariage pour tous, le combat contre la finance, les culs rouges de Rouen... Il dit enfin ce qu'ils veulent entendre, pardon Kery James. Sûrement parce qu'il le pense. Il réagit, il n'interroge pas. Il certifie les évidences, celles qu'il a déjà entendues, il n'approfondit plus. Il reproche au foot d'être intellectuellement faible, se met à son niveau et lui enfonce la tête sous terre.


Il n'y a rien d'anormal dans les termes et l'argumentaire employés par François Hollande, hormis que ceux-ci ne trouvèrent aucune suite concrète dans son action à la tête du gouvernement. Voila l'immense déception qui peut nous habiter. Le foot, qu'on le veuille ou non, n'est pas un reflet de la société, mais un acteur à part entière. Il méritait mieux qu'un perroquet du sens commun de l'opinion. La droite existe déjà, et au moins, elle a réfléchi avant de parler.

Par Nicolas Kssis-Martov
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