Hodgson, nouveau Roy de Liverpool

C'est donc officiel : Roy Hodgson va prendre les commandes de Liverpool. Après avoir fait des miracles à Fulham, le Londonien va s'atteler à un défi encore plus rude chez les Reds. Un défi, bizarrement, exactement fait pour ce bonhomme.

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Hugh Grant va devoir se coltiner quelques allers-retours de Londres à Liverpool pour assouvir son fantasme. « Je veux coucher avec Roy Hodgson » avait clamé l'acteur anglais, fan absolu de Fulham. C'est que le nouvel entraîneur des Reds compte de plus en plus de fidèles. Le bougre a quand même emmené une équipe de bras cassés des portes de la relégation (quand il prend les Cottagers fin 2007) jusqu'en finale de Coupe de l'Uefa la saison dernière avec deux qualifications de rang pour la C3. Oui, il ne faut pas se tromper : si Roy Hodgson ne bénéficie pas de l'aura de Rafael Benitez, parti cornaquer l'Inter Milan, il n'est pas un second couteau pour autant, une solution au rabais pour un club à la dérive tant sportivement que financièrement. Au vrai, Liverpool vient d'une certaine manière de recruter l'ex-futur sélectionneur de l'équipe d'Angleterre.

Méconnu, même en Angleterre


Selon une info restée assez confidentielle dans les coulisses de la fédé anglaise, les dirigeants de la FA avaient demandé à Hodgson de réserver un peu sa réponse à Liverpool au cas où Fabio Capello ne parviendrait pas à faire franchir les poules aux Three Lions, une contre-performance qui aurait valu la porte direct au “Don”. Les tergiversations de la FA après la raclée face à l'Allemagne et le délai de quinze jours pour décider du sort de Capello ont achevé de faire comprendre que non, une fois de plus, les instances anglaises reculent au dernier moment pour le choisir. Pourquoi un tel scepticisme à son égard quand reviennent régulièrement les noms d'Allardyce, Curbishley, Redknapp et McClaren (deux pauvres trophées à eux quatre) ? « En trente-trois ans de carrière sur le banc, je n'ai travaillé que trois saisons et demie en Angleterre et je ne peux m'attendre à ce qu'on me connaisse aussi bien qu'un Alan Curbishley » . Mais trois saisons et demie, trois qualifs en Uefa avec Blackburn (1997-98) et Fulham ces deux dernières années, ça vous pose quand même un savoir-faire. Mais en vérité, à bien y regarder, Hodgson paie sans doute un certain atypisme dans le PAF, le paysage anglais footballistique.

Un Anglais qui pratique cinq langues !


Le meilleur entraîneur de Premier League de la saison passée est un cas à part, un mec qui aurait pris le temps de se cultiver autant que d'apprendre son métier, un type avide d'autres horizons, comme une hérésie dans un pays qui cultive comme personne l'insularité. Le polyglotte (anglais, français, italien, allemand et suédois) figure peut-être une manière de record outre-manche où l'on ne se casse pas vraiment la tête à apprendre d'autres langues. Une prolongation de l'expérience internationale de ce globe-trotter qui a quitté son île à l'âge de vingt-neuf ans, entraîné dans sept pays (Norvège, Suède, Danemark, Italie, Suisse, Émirats Arabes Unis, Finlande), remporté sept titres nationaux, atteint une finale de Coupe d'Europe (avec l'Inter Milan en 1997, battue par Schalke 1-1, 4-1 aux t.a.b.), et conduit la Suisse à sa première Coupe du monde en vingt-huit ans (1994) et son premier Championnat d'Europe, exploit qu'il fut tout près de répéter avec la Finlande (1998) et un record de points en qualifs pour Litmanen et cie.

Une posture wengerienne


Mais au-delà même de ce background peu commun pour un Anglais, Hodgson détonne par son approche même du métier. « Il a su mettre en place une organisation qui est la force de l'équipe, avec une mentalité italienne » , avance Danny Murphy, son joueur clé à Fulham. Un héritage des années passées en Serie A, de l'Inter de 1995 à 1997 à l'Udinese en 2001. Une science latine qui devrait trouver un certain écho du côté du FC Liverpool, nourri depuis cinq ans à la rigueur tactique de Benitez. Mais ce pur Londonien compte deux autres beaux atouts dans sa manche qui devraient faire florès sur les bords de la Mersey. Déjà, un côté col bleu qui devrait plaire à la Maison Rouge. « Les médias se servent souvent de termes comme “sexy” pour parler football. Ça ne correspond pas trop à ma description... » Surtout, ce bonhomme prône la raison dans la gestion du club et de son équipe, une posture wengerienne qui prendra tout son sens chez les Reds au bord du gouffre financier. « Partout où je suis passé, j'ai laissé des fondations pour mon successeur, et c'est une grande satisfaction pour moi, même si je n'ai pas toujours reçu le crédit que je méritais. Par exemple, l'Inter n'a dégagé de bénéfices qu'une seule année depuis l'accession de Massimo Moratti à la présidence : lors de ma seconde saison à Milan » . Oui vraiment d'une autre époque. Donc fait pour Liverpool.

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