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Hleb, créatif mélancolique

Passement de jambes, passes décisives, conduite de balle. Alexander Hleb sait tout faire, et plus vite que la plupart des footeux de cette terre. Oui mais le jeune biélorusse de Birmingham n'a jamais confirmé les espoirs placés en lui. La faute à une enfance douloureuse, à quelques pêchés de jeunesse et à un caractère de dépressif.

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Alexander Hleb aurait pu finir comme son père, ouvrier à Minsk et aujourd'hui en proie à des soucis de santé. Heureusement pour lui, il y a eu le football et le petit blondinet sait taquiner le ballon. Hleb a appris le foot chez lui, dans les rues de la capitale de Biélorussie. Interdit de pompes de sport jusqu'à l'âge de 12 ans, le Biélorusse a vécu les hivers rugueux, la misère de l'Est et la chute du mur. Sur cette période, il ne retient que le positif: « J'avais 10 ans quand c'est arrivé et je n'ai pas remarqué beaucoup de changement. C'était plus les objets autour de moi qui commençaient à changer. Mais mon père était content » . L'humeur de son daron ne va pas durer longtemps, lui qui va être obligé à nettoyer les bâtiments délabrés suite à la catastrophe de Tchernobyl. Résultat ? Des problèmes de santés irrévocables, la faute à ces foutues radiations. Et ça, Alexander Hleb l'a toujours en travers de la gorge: « Il a des problèmes de santé. Il peut mener une vie normal mais il a mal à la gorge, sa vue a été touchée et son système immunitaire est affaibli » .

Méchant crash en Audi A8

Repéré à l'âge de 17 ans par des recruteurs allemands, Hleb se barre à Stuttgart, accompagné de son frère cadet Vyacheslav. Alexander va exploser chez les Teutons grâce notamment à une qualité de passe admirée par ses coéquipiers et appréciée par ses adversaires. Il a la chance de jouer avec la génération dorée du club, les Kuyrani, Lahm, Cacau. Vite porté aux nues par les observateurs du pays, il devient la coqueluche des supporters du VFB. Ensuite, comme tout bon natif de l'Europe de l'Est, Alexander commence à se la péter. Au menu : vodka, belles filles et voiture de sport. Au Bélarus, Hleb a vite la réputation d'un play-boy au salaire exagéré, trainant avec des femmes plus belles que lui et des voitures beaucoup trop rapides. C'est d'ailleurs au volant d'une Audi A8 qu'il va être victime d'un terrible accident de caisse, un 29 décembre 2004. Une BMW lui rentre en pleine face sur l'autoroute de Minsk. Bilan : un passager tué, un autre dans le coma et seulement quelques blessures pour le footballeur sauvé par ses airbags. Un épisode qui va le marquer à vie.

Blanchi dans cette affaire, Alexander décide de faire ses valises pour l'Angleterre et Arsenal. Arsène Wenger recrute le Biélorusse qui n'est pas contre un nouveau challenge et une nouvelle vie. Hleb squatte les églises londoniennes et régale la chique sur les gazons anglais. C'est la période phare du joueur qui attire l'attention par sa capacité à créer du jeu. Emmanuel Eboué, son coéquipier de l'époque, est déjà fan du mec. «  Hleb est un joueur des plus créatifs, il a les deux pieds, il nous apporte énormément » . 130 matches en trois saisons : Hleb est autant utilisé que les Pires, Henry ou Vieira. Il est titulaire lors de la finale perdue par les Gunners face à Barcelone...son futur club. Hleb y signe en 2008 mais cire le banc de touche pendant un an. Il n'arrive pas à s'imposer au sein d'un effectif pléthorique, ce qui agace Pepe Guardiola qui ne lui fait pas confiance et lui préfère les jeunes du centre de formation. S'en suit un retour à Stuttgart puis un prêt à Birmingham pour cette saison. Le surdoué n'arrive plus à retrouver son niveau, nostalgique de sa période londonienne, trainant son spleen sur les terrains européens.

Troisième joueur biélorusse de l'histoire

Côté sélection nationale, ce n'est guère plus glorieux. Hleb est rallié pour son manque d'implication, ses erreurs de placement et ses absences sur le terrain. 7 buts en 54 sélections, ça reste maigre pour la star du pays. Les supporters ne s'y trompent pas en plaçant le joueur seulement en troisième position des joueurs de l'histoire de la Biélorussie, derrière Serghei Aleinikov, qui a joué pour la Juventus, et Valentin Belkevich du Dynamo Kiev. Hleb s'en fout, il n'aime pas être décisif et ne cesse de le répéter. « Depuis que je suis tout petit, mon premier instinct sur le terrain a été de rendre les ballons pour les autres. C'est quelque chose que j'ai dans mon sang » . Âme de leader ou pas, il a été nommé capitaine de la sélection en 2007 par l'entraîneur Bernd Stange.

A 29 ans, le joueur de Birmingham City entame deux nouveaux défis. Un retour en Angleterre, pays où il a véritablement explosé et dans lequel il aime s'imprégner d'une culture proche de la sienne. Alexander voudrait également bien réussir un coup avec sa sélection dans cette poule de qualification à l'Euro 2012. Placé en tant qu'outsider pour la seconde place avec la Bosnie et la Roumanie, la Biélorussie compte sur son capitaine pour glaner quelques points et jouer les trouble-fête. Mais tout dépendra de l'humeur d'Alexander. Ça se passe comme ça avec les stars du pays.

Romain Poujaud

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