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Henry : un mois de grosse pomme

Les tribulations de Thierry Henry à New York, épisode 1. Toujours pas de but mais une vraie bonne tête de gondole pour un soccer américain en plein frémissement.

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Il y a un mois, le meilleur buteur de l'histoire des Bleus enfilait pour la première fois la tunique frappée des deux taureaux des New York Red Bulls, en match d'exhibition contre Tottenham (1-2). Vu la pauvreté de l'actu foot d'alors, la nouvelle avait fait le tour des rédactions sportives nationales et internationales, d'autant plus que le « frenchie » avait inscrit là le seul but de son équipe... pas le plus beau de sa carrière, mais tout de même. Et puis soyons clair et objectif : malgré sa moche fin de carrière en Bleu, malgré sa triste fin de parcours avec le Barça, Henry reste et restera quoi qu'il arrive un monument du football. Un buteur hors pair qui a tout gagné en sélection comme en club, un compétiteur de folie au mental de fer, souvent perçu comme une preuve d'arrogance, mais qui lui a permis de durer plus de dix ans au très haut niveau.


Turiaf en voisin


New York, donc. Pas la fin de carrière la plus classique mais assurément la plus évidente pour un homme qui a souvent clamé dans ses interviews son intérêt pour les sports américains, le hip-hop old school et la culture yankee en général. Pote de Tony Parker et de Ronny Turiaf (qui vient de rejoindre les Knicks de NY), il ne part pas vraiment dans l'inconnu aux Etats-Unis. L'inverse n'est pas forcément vrai cependant, comme en témoigne la vidéo qui a fait le buzz sur Internet, où l'on voit une présentatrice de Fox News débuter son interview par un très innocent « donc vous venez de gagner la Coupe du monde, exact ? » . Titi esquisse un sourire, pas méchamment, et rectifie, poliment.

C'est d'ailleurs pour l'instant ce qu'on a retenu outre-Atlantique de la recrue star des Red Bulls : la classe du garçon, son grand professionnalisme. Et ça, ça plait. Les chroniqueurs soccer semblent tous apprécier l'attitude de celui qui reste encore souvent considéré par l'opinion publique comme le 3e larron de la pub pour des rasoirs. On souligne même son élégance vestimentaire, sa répartie et bien sûr le fait qu'il sache parfaitement pratiquer l'anglais. Bref, Henry est pour l'instant une bonne tête de gondole, qui s'est gentiment pliée au battage médiatique qu'on lui a imposé. Beckham absent, c'est lui LA star en MLS. Et certains médias le soulignent, son arrivée semble coïncider avec un certain regain de popularité du soccer aux USA. Une énième secousse vous me direz, donc pas de quoi s'enflammer, mais certains signes ne trompent pas.


Sold-out


D'abord, le parcours héroïque de la sélection nationale en Afsud a plu. La preuve ? Le dernier match amical de la bande à Donovan contre le Brésil le 10 août dernier s'est disputé dans le flambant neuf New Meadowlands Stadium du New Jersey devant 77 000 spectateurs, soit un quasi sold-out. Ensuite la MLS. Cet été, Henry n'a pas été le seul à rejoindre les troupes américaines. Rafael Marquez notamment l'a suivi à New York. On peut aussi citer l'international suisse Nkufo, le demi-finaliste de la Coupe du monde Alvaro Fernandez, Nery Castillo, Branko Boskovic, Geovanni, Mista... Le nombre de « designated players » (joueurs payés hors Salary Cap, maximum de 3 par club) a explosé cet été. Pour l'instant, le coup médiatique semble payer. Pour exemple, le dernier match des RB New York à domicile contre les LA Galaxy, présenté comme la confrontation entre Henry et Donovan, a permis de faire stade comble.


Reste que sur le pré par contre, ça reste assez moyen. Pour la MLS en général, dont les représentants peinent à exister au niveau continental en coupe Concacaf, la C1 locale. Pour Henry et les Red Bulls en particulier, qui restent sur une série assez médiocre depuis l'arrivée du Français : deux nuls contre Houston et Chicago, une victoire contre Toronto et une défaite contre Los Angeles. Dans un championnat régulier qui bat son plein, Henry peine à retrouver sa forme physique. Il faut dire que le rythme de la MLS est plutôt intense, avec des enchaînements de matchs tous les trois jours, parfois à l'autre bout du pays. Par deux fois, il a été sorti à la mi-temps par son coach. Il n'a toujours pas marqué mais totalise néanmoins trois passes décisives. Un poste de meneur de l'attaque semble lui avoir été attribué, en soutien du Colombien Juan Pablo Angel (troisième Designated Player de l'équipe). Henry réclame de la patience et promet qu'avec un retour en forme et des automatismes trouvés avec ses nouveaux coéquipiers, ça devrait bien tourner.


Il a intérêt : ses dirigeants, qui le paient 4,5 millions de dollars par saison (deuxième plus gros salaire de MLS derrière Beckham, 6,5) vont vite exiger des résultats. Dès aujourd'hui face à Toronto ?


Régis Delanoë

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