Henning Berg : « Le Videoton a des ambitions »

Surprise du Mondial 1998 avec la Dream Team d’Egil Olsen et vainqueur de la Ligue des champions 1999, mais privé de finale sheringhamesque à cause d’une blessure, Henning Berg, l’ancien défenseur norvégien, reprend l’équipe un temps conduite par Bernard Casoni. Sa patte ? Une rigueur toute nordique.

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« Szia » Henning ! Comment tu te sens en Hongrie ?
Bien ! Nouveau club, nouvelle ville, nouveau pays, nouvelle culture... C’est toujours très sympa d’entamer une expérience inédite en tant que coach, d’autant plus quand on te donne carte blanche. Évidemment, j’ai énormément d’infos à assimiler, mais les défis ne m’ont jamais vraiment effrayé. J’ai ressenti exactement la même chose quand je suis arrivé en Pologne pour entraîner le Legia Varsovie. J’avoue qu’il y avait un peu plus de pression là-bas qu’ici. Cela dit, un rythme costaud m’attendait d’entrée.

D’où l’élimination précoce en Europa contre Midtjylland (défaite 2-1 sur l’aller-retour, ndlr) ?
Exactement. Un mois et demi pour décrypter un collectif entier correctement, monter son propre système et l’imprimer dans l’esprit des joueurs sans trop bousculer les habitudes, le tout en préparant l’équipe à jongler entre l’Europe et le championnat, ça ne suffisait pas. On était clairement trop justes pour cumuler cet été, mais les gars avaient la niaque et je suis vraiment satisfait de leur performance. Le destin nous a empêchés d’accéder aux poules, c’est comme ça. On ira plus loin la saison prochaine !

Le « système » Berg, c’est quoi concrètement ?
Un football rapide et porté vers l’offensive. Un football où on domine et on marque beaucoup. Un football collectif collant à l’essence même du jeu. Un football où tous les membres de l’équipe ont un rôle bien défini. Un football où les types s’impliquent autant en attaque qu’en défense. Je ne parlerais pas de « football total » , mais plutôt de « responsabilité totale » quelle que soit la position du joueur sur le terrain. Tu dois connaître ta mission individuelle et celle de ton adversaire direct en même temps.

Comment s’est goupillé le deal avec le Videoton ?
J’étais au Legia depuis environ deux ans, ce qui était énorme, vu la valse des coachs à l’époque. Tous mes homologues ont été virés pendant mon mandat. On a gagné l’Ekstraklasa en 2014, puis la Coupe (2015), tout roulait, mais les dirigeants voulaient du sang neuf. J’ai étudié les options qui m’ont été soumises et quand j’ai vu le Videoton, le challenge m’a intéressé parce qu’il ressemblait au précédent. Un club qui joue le titre, la coupe nationale et l’Europe. Je préfère ça que me battre pour le maintien.

« Le Ferencváros est certes puissant, mais pas invincible... »

Tu te bats aussi avec la langue magyare, non ?
Je parle anglais direct. Au moins, tout le monde me capte. Quand j’étais en Pologne, j’avais des cours chaque semaine avec un prof particulier et, à force, je commençais à me débrouiller, j’entretenais des conversations... C’était déjà assez difficile comme ça, mais le hongrois est encore plus compliqué ! Je ne l’imaginais pas en débarquant ici. Les trucs genre « Köszönöm » (Merci), c’est bon, ça va, c’est acquis. J’adorerais améliorer mon magyar, mais mon agenda est trop chargé pour progresser convenablement.

On ne t’a pas chambré sur les barrages de l’Euro ? Les Hongrois méritaient de vaincre la Norvège ?
Ils le méritaient parce que la Norvège a raté ses play-offs malgré des niveaux relativement équilibrés. Après, c’était largement moins bon chez nous qu’à notre époque. Ils n’ont personne dans les grands championnats, ce qui les désavantageait forcément par rapport à moi et mes camarades (Flo à Chelsea, Solskjær à Man U, Rekdal au Hertha, ndlr). Quand tu tires la Hongrie, tu crois que c’est abordable et puis arrive le match retour totalement planté. En tout cas, les Magyars ont fait du bon boulot à l’Euro.

Dans ton équipe, il y a un Loïc Négo revigoré depuis son arrivée au « Vidi » . Bon élément ?
J’apprécie énormément l’homme et le joueur. Il est positif, souriant, volontaire, déterminé, affûté. Sa condition physique est excellente et ses courses sur le côté droit m’impressionnent. Loïc sait qu’il doit encore franchir un palier s’il souhaite évoluer dans un meilleur championnat un jour, mais il cravache sérieusement là-dessus. Notre système de jeu lui convient parfaitement et lui permet de s’épanouir. Le Videoton a des ambitions et je pense que Loïc peut incarner une partie de cette réussite potentielle.

Peut-on réussir sans Nikolić et Gyurcsó qui ont contribué au titre de 2015, puis sont partis en Pologne ? Ou contre un Ferencváros TC couronné en 2016 avec vingt points d’avance et archifavori ?
Nikolić est un excellent finisseur. J’ai constaté son talent au Legia, et il s'est confirmé en Hongrie (meilleur buteur OTP Bank Liga 2010, 2014, 2015 + 28 pions polonais en 2015-2016, ndlr). Ádám Bódi, Kristián Géresi et István Kovács compensent l’absence sur l’aile gauche de Gyurcsó qui a quitté le club en janvier, donc les alternatives sont là. Le Ferencváros est certes puissant, mais pas invincible, puisqu’il n’a pas franchi le tour préliminaire de la Ligue des champions. Nous voulons le succès et nous l’aurons.

« Zlatan représente le « facteur X » susceptible de booster Manchester United. »

Puisqu’on parle de succès, tu avais remporté une Premier League 1995 historique avec le Blackburn d’Alan Shearer. Dix-sept ans plus tard, tu coaches les Rovers et on te vire au bout de cinquante-sept jours. Dur…
J’ai passé sept années et demie extraordinaires (1993-1997, 2000-2003, ndlr) dans ce club en tant que joueur, et deux mois catastrophiques sur le banc. Mon arrivée s’est décidée en milieu de saison, et l’ambiance était tellement déplorable qu’elle m’empêchait de faire mon métier. Je savais que c’était risqué d’accepter le poste, mais je le désirais sincèrement parce que j’admirais Blackburn, ses supporters et les gens qui y bossaient. Cette période est désormais derrière moi. La page est refermée.

Rouvrons celle te liant à Sir Alex. Deux titres, une FA et une C1 en trois saisons (97-2000) : respect.
C’était un leader exceptionnel. Il tirait le summum de chacun d’entre nous, recrutait intelligemment et savait allier des individualités complémentaires et capables de se sublimer ensemble. Sa discipline, son enthousiasme, sa soif de victoire et sa façon de motiver les joueurs quand ils en avaient besoin amenaient une énergie hallucinante au vestiaire. Avec lui, on donnait le meilleur de nous-mêmes. Zlatan a une aura comparable. ll représente le « facteur X » susceptible de booster Manchester United.

Et toi celui capable de « booster » le Videoton ?
Ce n’est pas mon impact qui compte, mais le développement de l’équipe. L’objectif, c’est de se renforcer au fur et à mesure des matchs. De corriger ce manque criant d’efficacité devant les cages qui était le problème majeur de la saison dernière. D’atterrir en phase de groupes de la Ligue Europa sans pour autant sombrer en championnat. Les gars doivent se comprendre les uns les autres. Le travail vient seulement de débuter. Soyons réalistes dans tous les sens du terme et on parviendra à nos fins.



Propos recueillis par Joël Le Pavous
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Pragmatique Niveau : CFA2
"Surprise du Mondial 1998"

Quelle surprise ? Terminer second d'une poule composée du Brésil, de l'Écosse et du Maroc ?

La surprise, c'est le Maroc qui obtient 4 points alors qu'ils avaient le profil du dernier de groupe AVANT la compétition.Dans le même temps, l'Écosse ne décroche qu'un nul alors qu'ils avaient plutôt vocation à se disputer la seconde place avec la Norvège.

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