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Henderson et le poids des 20 millions

Après les 40 millions donnés à Newcastle pour Carroll, les 20 millions dealés à Sunderland pour Jordan Henderson laissent les fans de Liverpool penser qu'ils se sont fait braquer 60 millions d’euros par le nord-est de l’Angleterre. Impatience ou pas ?

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Tout semblait trop parfait pour Jordan Henderson. Issu de la classe moyenne de Sunderland, d’un père ancien flic désormais patron de vitrerie et d’une mère prof de fitness, le petit Jordan ne pose de problèmes à personne, à l’école comme au Farringdon Community Sports College. Avec les parents, il a son abonnement à Roker Park, l’ancienne enceinte des Black Cats. Seule petite entorse à ce poster d’enfant modèle : ses idoles ne jouent pas pour sa ville mais pour Manchester United. Ils ont pour noms Beckham, Scholes, Giggs ou Roy Keane. C’est d’ailleurs l’Irlandais qui le fait débuter en Premier League à Sunderland en novembre 2008 contre Chelsea (rouste 5-0). A l’époque, les Black Cats comptent pourtant sur un autre milieu de terrain en particulier, Grant Leadbitter, que Roy Keane a emmené dans ses valises à Ipswich et compare à Paul Scholes, un Mancunien encore. L’ombre de Manchester United plane toujours au-dessus de la tête du petit Jordan lorsque Steve Bruce, successeur de Keane, prend les rênes de Sunderland à l’été 2009. L’ancien défenseur joufflu de MU a le coup de foudre pour Henderson. « C’est le joueur qui m’a le plus impressionné quand je suis arrivé à Sunderland. Et c’est le joueur pour lequel j’ai le plus de demandes sur mon bureau » avoue Bruce dans le Guardian la saison dernière. En très bon commercial, Steve n’a de cesse de vanter les mérites du produit de la formation de Sunderland : «  Jordan a un très grand et brillant avenir face à lui. Le ciel est sa limite. Ce serait injuste de ma part de comparer Jordan à Ryan à ce stade de son développement mais il y a des parallèles ; certainement que Jordan nous est aussi important à Sunderland que l’était le jeune Giggsy à United. Nous avons ici le jeune milieu le plus prometteur du football anglais. A 20 ans, il a le monde à ses pieds. Il sait garder le ballon, sait tacler, sait passer, centrer. Il a besoin de marquer plus mais ça viendra avec le temps  » . Et d’ajouter à Noël 2010 : «  20 millions de livres, ce n’est pas assez pour acheter Jordan  » .

Le Liverpool de Kenny Dalglish, après avoir concentré ses efforts sur la ligne offensive au mercato hivernal 2011, veut étoffer son milieu de terrain pendant l'été, en empilant 20 millions de livres pour Downing, 7 pour Charlie Adam et 18 donc pour Jordan Henderson, lui dont le modèle est Manchester United. Le montant versé pour le jeunot de Sunderland interpelle quelque peu. En juillet 2011, le Guardian met même déjà la pression par ce sondage : « Henderson vaut-il 18 millions de livres ? » . Non à 70% alors que Jordan n’a encore aligné aucune minute sous la tunique Red. Les Anglais se souviennent sans doute d’un soir de novembre 2010 où Henderson avait livré une prestation insipide en amical contre la France à Wembley (1-2), surclassé par Gourcuff et Nasri. Pas encore prêt pour le niveau international. Pour sa première saison à Liverpool, l’impression semble se confirmer, même s’il arrive tout de même à facturer 19 titularisations en Premier League. Lui qui disait avoir « besoin de marquer plus  » pour être au niveau des éloges faits à son égard n’a pour l’instant scoré qu’une seule fois. En se tournant dans la colonne "passes décisives", le total ne crève pas non plus les plafonds (3 seulement). Loin de dire qu’Henderson est une catastrophe sur un terrain, il n’a en tout cas pas l’influence à son poste d’un type à 20 millions d’euros. Peut-être déjà parce qu’il n’est pas encore fixé sur son rôle, justement. Alors qu’il était promis à un avenir sur l’aile droite, Jordan Henderson s'est peu à peu familiarisé avec le poste de milieu axial, en compensant sous Steve Bruce les nombreuses suspensions de Lee Cattermole ou de Lorik Cana. L’année dernière, c’est à ce poste central qu’il devient une pièce majeure de Sunderland, aux côtés de Lee Cattermole. Ce n’est pourtant pas à ce poste que Kenny Dalglish l’utilise le plus souvent cette saison. La tendance est plutôt à l’exil sur le côté droit, mettant sur la touche, et de façon surprenante, Dirk Kuyt, le grand perdant de la saison à Liverpool. Et l’influence est faible, impression amplifiée par l’activité offensive toujours considérable du latéral Glen Johnson. En décembre dernier, contre Chelsea, Dalglish décide même de faire sans ses recrues phares au coup d’envoi (Carroll, Downing et Henderson sur le banc, soit 75 millions de livres réparties sous trois parkas).

Joueur plutôt quelconque dans son style de jeu – un jeu très simple, techniquement précis, mais aussi créatif qu’un Mathieu Berson -, Henderson n’a donc toujours pas convaincu les observateurs et supporters des Reds. Courir sa grosse douzaine de kilomètres par match ne suffit plus, en tout cas pas pour satisfaire le follower lambda des Reds. Et à une échelle un peu plus importante, l’Angleterre du foot. Les Anglais sont en effet dans une période où les deux leaders techniques de son milieu de terrain, Lampard et Gerrard, sont dans le creux de la vague, peut-être bien définitivement. Ils avaient trouvé en Wilshere un jeune susceptible de prendre le relais, déjà aguerri au très haut niveau avec Arsenal et la Ligue des Champions. Le petit Jack n’a pas joué cette saison (fracture de la cheville) et a donc laissé les regards braqués sur Henderson, malheureusement décevant, en deçà des attentes que suscite un transfert à 20 millions d’euros. En sélection d’ailleurs, le wagon semble être en train de passer pour le joueur de Liverpool. Scott Parker et Gareth Barry sont en train de se tailler la part du lion pendant que Milner, Walcott, Adam Johnson ou même Rodwell occupent la faveur des pronostics pour l’Euro 2012. En clair, le changement de dimension n’a pas encore réussi à Jordan Henderson, qui, de plus, a vu son modèle, Ryan Giggs – « un mec qui ne fait jamais parler de lui dans les journaux » (déclaration de novembre 2010) dixit Henderson – tomber de son piédestal avant l’été parce qu’il couchait avec la femme de son propre frère. Bref, ce n’est pour l’instant pas son année. L’aura-t-il vraiment un jour ?

Liverpool/Tottenham : En direct ce soir sur sofoot.com à 21h

Par Ronan Boscher
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La punchline tu ne te relèves pas : Henderson avait livré une prestation insipide en amical contre la France à Wembley (1-2), surclassé par Gourcuff et Nasri.
Fantastique référence à Matthieu Berson sinon. Nostalgie. Que devient Charles Devineau ?
Moi je l'aime bien le petit jordan , il me rapelle lucas à ses débuts : jamais très bon mais jamais très mauvais mais toujours appliqué et combatif

Pour reprendre un peu l'article sa place est réellement dans l'axe , en 8 , ce sera j'en suis sur un vrai métronome à liverpool et l'angleterre pour les années à venir . Il a pour moi une très bonne qualité de passe, un gros coffre et est un joueur très intelligent tactiquement
Sur un coté on voit qu'il est un peu perdu , il est pas mauvais , revient bien défendre , centre bien , perds peu de ballon mais il a pas cette capacité à se projeter vers l'avant qui ferait de lui un bon ailier .

Pour voir un peu les qualité d'henderson regardez ce lien ; le match qu'il a fait contre city lors du nul 2-2 à anfield :http://www.youtube.com/watch?v=xnUqb3aSjqc&feature=youtu.be

Dans quelques temps avec lui et lucas au milieu ce sera très dur de venir maitriser le milieu à anfield
Devineau est entraîneur de Cholet en CFA2.
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