1. //
  2. //
  3. // West Bromwich-Tottenham

« He's a Kenyan, a mighty Kenyan, called Victor Wanyama »

Arrivé cet été à Tottenham pour rejoindre Mauricio Pochettino, qui l’avait fait exploser à Southampton, Victor Wanyama est devenu en quelques semaines un homme indispensable dans le système des Spurs. Loin de Nairobi, où tout a commencé.

Modififié
2k 12
Un train de la ligne Middlesbrough-Londres, quelques canettes de Beck’s et des gros costauds qui font bouger la voiture. Le cocktail est parfait, et la preuve que les supporters anglais sont les plus grands auteurs de tubes de tribunes est une nouvelle fois apportée. Quelques heures plus tôt, le Tottenham de Mauricio Pochettino a validé son excellent début de saison par une quatrième victoire en six matchs de championnat sur la scène du Riverside Stadium de Middlesbrough. Alors, l’heure est venue de rendre hommage à une nouvelle pièce déjà devenue indispensable au système Pochettino. Un boulon à un peu plus de treize millions d’euros arraché cet été à Southampton qu’on aime déjà chanter sous les écharpes des Spurs. Cette fois, le choix s’est porté sur un remix de La Bamba de l’immense Ritchie Valens – « Victor Wanyama, Victor Wanyama, he eats spaghetti... » –, histoire de rappeler au nouveau milieu kényan de Tottenham un tweet de mai 2012 : « I had spaghetti and it was very nice i enjoyed it. » Cette sortie a depuis aidé à construire le personnage, un homme devenu référence sur le tableau de la Premier League et qui semble atteindre actuellement sa pleine expansion. C’est simple : depuis le début de saison, Wanyama a été de toutes les feuilles de match de Pochettino en championnat. Plus encore, le seul jour, hors soirées de coupe nationale, où le technicien argentin n’a pas utilisé le joueur qu’il a contribué à faire exploser lors de son passage à Southampton, Tottenham a chuté en C1 contre l’AS Monaco (1-2). Oui, cette saison, les Spurs sont plus forts que la saison dernière, car Eric Dier possède aujourd’hui un seconde ventricule pour faire battre le cœur du jeu des Londoniens. Il s’appelle Victor Wanyama et n’a qu’une seule exigence : vivre par le combat.

Les élastiques, le cinéma et le numéro 67


L’international kényan a toujours eu un rapport particulier à l’histoire. Celle de son pays, d’abord. Wanyama est un enfant du Nairobi du début des années 90 avec tout ce que cela comporte. Le gamin a grandi dans le quartier de Muthurwa, où on peut « marcher et tomber sur des voleurs à l’arraché ou un mec qui en menace un autre avec un couteau pour de l’argent. Pour un jeune enfant, voir les choses que j’ai vues était un peu comme une torture » . Le foot est alors un exutoire, au sein de quelques équipes locales et avec une volonté affichée de ne pas « tomber du mauvais côté » . Il complète : « Les terrains n’étaient pas top et on pouvait s’éclater l’orteil. Souvent, il y avait du sang partout, mais on continuait. On avait les terrains qu’on avait, mais c’était cool. Vraiment cool. » Voilà comment Victor Wanyama s’est forgé une mentalité saluée de tous et a gagné sa première paire de crampons lors d’un tournoi de moins de douze ans où l’on jouait avec « un ballon fabriqué avec du papier et des élastiques » . Ses parents bossent alors tous les deux pour la société nationale Kenya Railways, ce qui assure un équilibre de famille « ni riche, ni pauvre » . «  Oui, ils ne pouvaient pas forcément m’acheter des chaussures de foot, mais il n’y a pas un soir où je me suis couché sans avoir mangé. » Reste que le clan Wanyama s’est déjà fait un nom dans le foot : entre le papa, Noah, international en son temps, et le grand frère McDonald Mariga, aujourd’hui à l’US Latina en Serie B après avoir été notamment champion d’Europe avec l’Inter.

C’est par lui que Victor Wanyama va décoller : en l’accompagnant d’abord en Europe, à Helsingborgs en 2007. McDonald Mariga arrive alors à convaincre ses dirigeants d’engager son frère à l’académie, mais l’histoire ne va durer que quelques mois. « Helsingborgs m’a beaucoup aidé. Si j’étais resté au Kenya, je n’aurais jamais eu cette expérience qui m’a permis de comprendre comment est un joueur pro. Au Kenya, il y a moins de facilités qu’en Suède. Ça a été une vraie chance pour moi. Je suis resté avec mon frère et quand il est parti à Parme en 2007, je suis rentré au Kenya pour rejoindre une académie qui s’appelait JMJ avant de partir en Belgique » , racontait-il récemment. 2008, le Germinal Beerschot. L’histoire durera trois ans avant de rejoindre le club de ses rêves : le Celtic. « Quand j’ai signé pour ce club, je connaissais déjà leur histoire et j’ai fait d’autres recherches. J’ai appris comment ils avaient battu l’Inter en finale de la C1 à Lisbonne et j’ai décidé de prendre le numéro 67. Je rêvais de jouer l’Europe, la Ligue des champions. Je rêvais beaucoup. » Une culture travaillée gosse dans le cinéma de Muthurwa qui retransmettait les matchs de foot britannique, du Celtic, des Rangers, mais aussi de Manchester United et de Roy Keane dont était fan Victor Wanyama. Résultat ? Deux titres de champion en deux saisons et l’une des meilleures partitions du costaud contre le Barça en 2012.

Youtube

« Pochettino est comme un père »


C’est là que viendra le chercher Mauricio Pochettino pour le faire venir à Southampton. Là aussi où va se nouer la bascule pour un joueur complet, très physique, mais à la rigueur tactique limitée. C’est là-dessus que Pochettino va bousculer Wanyama au point d’en faire un homme indéboulonnable de ses compos. Lui préfère philosopher : « Je suis quelqu’un qui n’a pas peur d’essayer parce que je crois que l’échec n’existe que quand on n’est pas prêt à se battre. Je suis prêt à me battre. » À force de se bastonner, le milieu a évolué vers un style de jeu qui se marie parfaitement avec celui de la Premier League et encore plus avec ce que demande l'Argentin. Cet impact physique manquait à Tottenham la saison dernière au cœur d’un effectif jeune et finalement assez inexpérimenté. Dans un entretien donné à FourFourTwo, le joueur de vingt-cinq ans a précisé ce rapport à son entraîneur : « Pochettino est vraiment une bonne personne au sein et en dehors du football. Pour tous les joueurs, c’est comme une figure paternelle qui parle beaucoup avec tout le monde et donne des conseils. C’est comme un père. » Et voilà Wanyama au sommet, enfin, avec un Tottenham qui est encore la seule équipe invaincue cette saison en championnat. L’international kényan est au bout de sa longue route, accroché à son statut, et a même participé l’an passé à l’écriture d’un film sur un jeune footballeur au Kenya. Histoire de compléter le scénario.

Youtube


Par Maxime Brigand Propos de Victor Wanyama tirés du Guardian.
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Dans cet article

Senzo Meyiwa Niveau : District
C'est fou quand tu vois ce qu'il raconte sur sa formation, on comprend que le Kenya peine à décoller à l'international (jamais qualifié en CDM, pas qualifié pour la CAN 2017...). Le manque d'infrastructures et la reconnaissance de leur championnat est un vrai problème dans les pays pauvres. Quand tu vois que la majorité des Kényans sélectionnés avec les Harambee jouent au pays, tu te dis que c'est dommage. Même si quelques jeunes semblent prometteurs (Ismael Athuman, Michael Olunga, Brian Onyango) ils jouent tous à des centaines de kilomètres les uns des autres en Europe ou en Afrique du Sud, ce qui déstructure comme souvent une sélection.
Ah oui je vais être rabat-joie mais les supporters anglais me saoulent à reprendre systématiquement la musique du Roi Lion quand il faut chanter en faveur d'un joueur africain. Même si c'est bon enfant et que l'intention n'est pas méchante.
Le Kenya a souffert des derniers troubles politiques, et le football national va continuer à en pâtir. Ce qui obligera plusieurs potentiels Wanyama à rater le train pour l'Europe, et d'autres à partir un peu tôt.
pinpin666 Niveau : DHR
Pas d'accord; le Kenya est le premier PIB d'Afrique de l'est.
Ce n'est même plus un pays pauvre comme peut l'être le Niger ou le Mali par exemple. les infrastructures sportives y sont certainement meilleures qu'au Cameroun par exemple. Je pense simplement que les succès en athlétisme ont rendu l'aspiration au professionnalisme européen moins fort qu'au Nigéria par exemple.
Contrairement à une pensée très répandue en France le succès en foot n'est pas nécessairement lié à la qualité des infrastructures. Le brésil n'aurait pas gagné tant de coupe du monde dans ce cas.
pinpin666 Niveau : DHR
Pas d'accord; le Kenya est le premier PIB d'Afrique de l'est.
Ce n'est même plus un pays pauvre comme peut l'être le Niger ou le Mali. les infrastructures sportives y sont certainement meilleures qu'au Cameroun. Je pense simplement que les succès en athlétisme ont rendu l'aspiration au professionnalisme européen moins fort qu'au Nigéria par exemple.
Contrairement à une pensée très répandue en France le succès en foot n'est pas nécessairement lié à la qualité des infrastructures. Le brésil n'aurait pas gagné tant de coupe du monde dans ce cas.
pinpin666 Niveau : DHR
Pas d'accord; le Kenya est le premier PIB d'Afrique de l'est.
Ce n'est même plus un pays pauvre comme peut l'être le Niger ou le Mali. les infrastructures sportives y sont certainement meilleures qu'au Cameroun. Je pense simplement que les succès en athlétisme ont rendu l'aspiration au professionnalisme européen moins fort qu'au Nigéria par exemple.
Contrairement à une pensée très répandue en France le succès en foot n'est pas nécessairement lié à la qualité des infrastructures. Le brésil n'aurait pas gagné tant de coupe du monde dans ce cas.
pinpin666 Niveau : DHR
Pas d'accord avec le défunt gardien sud africain; le Kenya est le premier PIB d'Afrique de l'est.
Ce n'est même plus un pays pauvre comme peut l'être le Niger ou le Mali. les infrastructures sportives y sont certainement meilleures qu'au Cameroun. Je pense simplement que les succès en athlétisme ont rendu l'aspiration au professionnalisme européen moins fort qu'au Nigéria par exemple.
Contrairement à une pensée très répandue en France le succès en foot n'est pas nécessairement lié à la qualité des infrastructures. Le brésil n'aurait pas gagné tant de coupe du monde dans ce cas.
pinpin666 Niveau : DHR
Pas d'accord avec le défunt gardien sud africain; le Kenya est le premier PIB d'Afrique de l'est.
Ce n'est même plus un pays pauvre comme peut l'être le Niger ou le Mali. les infrastructures sportives y sont certainement meilleures qu'au Cameroun. Je pense simplement que les succès en athlétisme ont rendu l'aspiration au professionnalisme européen moins fort qu'au Nigéria par exemple.
Contrairement à une pensée très répandue en France le succès en foot n'est pas nécessairement lié à la qualité des infrastructures. Le brésil n'aurait pas gagné tant de coupe du monde dans ce cas.
5 réponses à ce commentaire.
Omar Listening Niveau : DHR
Mané, Van Dijk et lui, les meilleurs plans du dernier mercato estival, très étonné que Van Dijk ait pas bougé alors que des top clubs cherchaient un central.

Il était accusé de choisir ses matchs la saison dernière, ça donne quoi son début de saison ? J'ai peu vu jouer Tottenham
Top-player Niveau : CFA
Tu oublies Tadic qui a une très belle patte gauche.

Oui surprenant que van Dijk et Tadic n'aient pas été plus sollicités par les gros (après on sait pas tout..) mais nul doute que si le Batave reste à ce niveau, on viendra vite le chercher.

Wanyama realise un très bon début de saison avec en point d'orgue son match face à City où il a complètement bouffé le milieu adverse
Omar Listening Niveau : DHR
Au contraire je n'oublie pas Tadic, je l'aime beaucoup, un sacré touché, très fin comme joueur, mais il est moins médiatique que les 3 que j'ai cités je trouve. Je voyais pas Southampton lâcher Tadic faute de grosse offre, mais je pensais que quelqu'un serait capable de poser 30 millions sur Van Dijk
Omar Listening Niveau : DHR
*Tadic je l'ai vu salement plier West Ham.

Pour le Southampton de Puel plus globalement, je les vois vraiment faire une bonne saison, ça manque d'un taulier au milieu même si Romeu change un peu de dimension, mais pour le reste, c'est une belle équipe, ils méritaient mieux à l'Emirates par exemple.
3 réponses à ce commentaire.
pinpin666 Niveau : DHR
Pas d'accord avec le défunt gardien sud africain; le Kenya est le premier PIB d'Afrique de l'est.
Ce n'est même plus un pays pauvre comme peut l'être le Niger ou le Mali. les infrastructures sportives y sont certainement meilleures qu'au Cameroun. Je pense simplement que les succès en athlétisme ont rendu l'aspiration au professionnalisme européen moins fort qu'au Nigéria par exemple.
Contrairement à une pensée très répandue en France le succès en foot n'est pas nécessairement lié à la qualité des infrastructures. Le brésil n'aurait pas gagné tant de coupe du monde dans ce cas.
Van Dijk, et Wanyama à ce top niveau, c'est quelques bonnes pioches de la cellule recrutement du celtic ces dernières années, avec Forster aussi dans les buts ou dans une moindre mesure Denayer, avant le trou noir..Pas pour rien qu'on est passé d'un 2-1 contre le Barça à un 0-7...
Même si cette année, avec Dembélé et Sinclair, on semble remonter un peu la pente. Par contre les recrutements en défense centrale...
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
2k 12