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Harry dans tous ses états

Mercredi soir, face à l'Inter, Tottenham a exposé en grand toute sa qualité et toutes ses lacunes, celles d'une formation coupée en deux, brillante devant, si fragile derrière. Et forcément on se demande : les Spurs sont-ils condamnés à n'être que de formidables animateurs ?

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Gareth a dû jeter un regard noir vers William Gallas avec une idée très nette : « Oui, mon gars, te pose pas la question, t'es archi-cramé » . Et sans doute a-t-il pensé très fort : « T'as rien à faire à Tottenham » . Et aurait-il vraiment tort le Gallois ? Car il faut bien comprendre Bale et dire les choses comme elles sont : Gallas et ses potes de l'arrière-garde londonienne ont proprement saboté l'un des plus grands exploits de la saison. Car le triplé ébouriffant réalisé par Gareth Bale mercredi soir à San Siro aurait pu, aurait dû entrer dans l'histoire du football anglais si avant la pause, Tottenham ne s'était pas rendu ridicule en encaissant des buts de poussins pour être mené de quatre pions au repos. Au vrai, en un match, l'équipe cornaquée par Harry Redknapp a dessiné toutes ses limites mais aussi le champ de ses possibles.

Tottenham, fidèle à sa légende en attaque

De tous temps, Tottenham s'est avéré être avant tout une formidable machine à produire du jeu et du spectacle. Un côté quelque peu rock'n'roll qui a toujours fait tout le sel, tout le charme d'une équipe pourtant rarement présente à l'arrivée. Le cru actuel ne dépare pas la légende. Jugez plutôt : Defoe, Crouch, Pavlyuchenko, Giovani et Keane juste pour les deux postes d'attaquants. Avec autant de différents profils, la profondeur (Defoe), le dribbleur (Giovani), le combattant (Keane), le grand mobile (Pavlyuchenko), la tour de contrôle (Crouch), Redknapp a toutes les options à sa disposition en fonction de l'adversaire et du déroulement du match. Et pour approvisionner les fauves, des distributeurs de classe internationale : Modric, Van der Vaart ou Kranjcar pour l'axe, Lennon et Bale pour ambiancer les côtés avec une combinaison vitesse-technique et même puissance pour le Gallois qui fait flipper plus d'une défense, fut-elle interiste : ici les deux déboulés solitaires de Bale, là l'enchaînement à toute berzingue de Lennon avant un service aux petits oignons pour le triplé du gaucher. Et, comme pour mieux renforcer cette idée constante de jeu offensif, deux des trois milieux “défensifs” de l'équipe (Jenas et Huddlestone) sont avant tout de vrais relayeurs, davantage occupés par la distribution que par les basses besognes défensives. En clair, il ne reste que le très bon Palacios pour assurer le nettoyage. Et comme le Hondurien n'était que remplaçant à Giuseppe-Meazza... Et chacun aura compris que c'est là que les galères commencent pour les Spurs.

Un seul vrai 6...

Car s'il y a un enseignement à tirer du formidable match de mercredi, c'est que Tottenham présente de vraies lacunes défensives... à un certain niveau. En effet, il vaut mieux être précis : en Premier League, depuis l'an dernier, les Spurs ont une certaine tenue (6e défense du Championnat la saison passée, troisième actuellement). Mais face à des cadors, cela ne suffit probablement pas et il n'y a pas de hasard non plus. Un seul “vrai” récupérateur, un latéral gauche (Assou-Ekotto) pas dégueu mais encore capable de se faire prendre au métier par la course intérieure d'un môme de 22 ans nommé Biabiany sur le second but. Et bien entendu, que dire d'une charnière Gallas-Bassong déjà sacrément inquiétante sur le papelard, franchement flippante sur le pré. Pas un hasard si Tottenham a été un peu mieux en infériorité numérique quand il avait sagement reculé qu'à onze contre onze quand il faisait le zouave face aux champions d'Europe en titre. Du coup, on suit sans peine Dirty Harry quand il établit ce qui sépare encore Tottenham du sommet. « Je pense qu'avec un ou deux renforts, Tottenham peut devenir une équipe qui joue le titre en Premier League. Un ou deux joueurs aux bons postes. Je parle de deux très très bons joueurs aux bons postes. Si nous pouvions le faire, je crois que Tottenham pourrait gagner le championnat dans les deux ans. (...) Je crois vraiment que nous ne sommes plus très loin de ce niveau » . Vrai, tellement vrai. Mais ce sont souvent ces petits riens qui sont les plus compliqués à assembler. Si près, si loin...

Tottenham/Everton, aujourd'hui à 13h45

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