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Hamšík, la crête en feu

Buteur ce week-end contre l’Udinese, Marek Hamšík est plus que jamais le leader d’une équipe napolitaine qui semble prête à lutter pour le titre. Et les deux matchs à venir contre la Lettonie et la Grèce devraient lui permettre de s’éclater.

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La crête a repoussé plus vite que prévu. En mai dernier, Marek Hamšík promet qu’il va se faire la boule à zéro si le Napoli remporte la Coupe d’Italie. Chose promise, chose due. Naples bat la Juve 2-0, Hamšík marque et, le lendemain, des photos de lui avec le crâne tout lisse circulent sur la Toile. Heureusement, les cheveux ont rapidement refait leur apparition. Et le Slovaque a, comme à son habitude, aiguisé sa belle crête dès que la longueur l’a permis. Le voilà fin prêt à mener son équipe vers les sommets. Et autant dire que c’est plutôt une réussite. Depuis le début de la saison, le milieu de terrain offensif a déjà scoré trois fois (Palerme, Fiorentina et Udinese), avec toujours une particularité : c’est lui qui, à chaque fois, a débloqué la situation alors que le score était de 0-0. Pendant que son ancien alter ego Lavezzi galère comme un chien à Paris, entre suspension et blessures, Hamšík, lui, s’éclate à Naples. Il a choisi de rester, d’épouser la cause napolitaine alors qu’il pourrait certainement gagner plus d’argent ailleurs. Il s’en fiche. Entre le San Paolo et lui, c’est à la vie, à l’amour. Et cette saison, au vu de ce que le Napoli réalise depuis le début de championnat, l’idylle pourrait prendre des allures de consécration.

Prestations en dents de scie

Depuis son arrivée à Naples, lors de l’été 2007, le Slovaque a connu des hauts et des bas. Des très hauts et des très bas, même. Le haut, c’est lors de la saison 2010-11, lorsque son équipe est allée titiller le Milan AC en tête du classement. Le bas, c’est l’année dernière. Convoité par plusieurs clubs italiens, l’Inter et le Milan AC en tête, le joueur semble un peu paumé. Cela se ressent sur le terrain, où il connaît une période de doute, de janvier à avril. Coïncidence (pas vraiment, en fait), c’est à ce moment-là que Naples lâche légèrement du lest dans la course à la Ligue des champions, se faisant finalement coiffer au poteau par l’Udinese et la Lazio, et devant se contenter d’une cinquième place qualificative pour l’Europa League. Le joueur est parfois critiqué : son talent n’est pas remis en cause, mais ses prestations sont en dents de scie, ce qui a tendance à agacer les supporters. Un coup immense, un coup fantomatique.

Mais la victoire en Coupe d’Italie face à la Juve, au mois de mai, fait prendre conscience à Hamšík et à ses coéquipiers que cette équipe-là n’en est qu’aux débuts de ses succès. « Je le dis et je le redis : gagner le Scudetto ici serait fantastique. J’ai encore des étoiles dans les yeux des scènes vécues à l’Olimpico après le succès contre la Juve, en Coupe d’Italie. Nous sommes un beau groupe, nous avons derrière nous un groupe sérieux, qui a un vrai projet et qui le fait avancer depuis des années  » , assurait le joueur il y a quelques semaines, preuve de sa détermination à faire quelque chose d’important avec ce maillot. Cet été, les tifosi étaient inquiets après le départ de l’idole Lavezzi. Mais rapidement, Hamšík a fait oublier le départ de l’Argentin, en prenant sur ses épaules l’équipe. Naples réalise d’ailleurs le meilleur début de saison de son histoire. Jamais, même à l’époque de Maradona, le club partenopeo n’avait collectionné 19 points, fruits de six victoires et un nul, en ouverture du championnat. Les superstitieux s’accrochent même aux statistiques. Naples a été champion d’Italie deux fois. En 1986-87, après sept journées, le club comptait 15 points. En 1989-90, 17.

Affinités blanches et noires


Alors, le début de saison canon de Naples a-t-il un lien direct avec la forme du Slovaque ? Oui, en partie. Si la majorité de l’équipe tourne à plein régime, l’ancien de Brescia, arrivé en Italie en 2003, a clairement atteint un degré de maturité qui lui permet d’être le leader de ses troupes. Une sorte de Frank Lampard de la grande époque à la sauce napolitaine. Son coach, Walter Mazzarri, est d’ailleurs admiratif. Après la victoire contre l’Udinese, dimanche soir, il ne tarit pas d’éloges sur le joueur qu’il voit grandir depuis bientôt trois ans. « Pour moi, Hamšík est un fuoriclasse. Il ne pense jamais à lui, mais met toujours en avant l’intérêt de l’équipe. Pandev et lui avaient eu des douleurs cette semaine, et pourtant ils ont été très bons. Marek me surprend, il est de plus en plus régulier et assure le rôle d’homme-équipe. Il a beaucoup progressé » , assure-t-il. Si lui-même le dit, alors…

Pendant la trêve, Hamšík va disputer deux matchs de qualification à la Coupe du monde 2014, contre la Lettonie et la Grêce. Deux matchs à disputer à domicile, et qui pourraient permettre à l’équipe de Michal Hipp de s’affirmer en tête de son groupe. Après quoi, le joueur rentrera à Naples et n’aura que quelques jours pour préparer non pas un match, mais le match. Le match contre la Juventus, à Turin. Un club avec lequel Marekiaro a d’ailleurs des affinités. Contre les Bianconeri, il a déjà marqué six fois. Le souvenir le plus marquant ? Un doublé inscrit à Turin en octobre 2009, pour une folle victoire 3-2 des Napolitains, qui mettait ainsi fin à une série de 21 ans sans victoire chez l’ennemi turinois. Son rêve : rééditer un tel exploit, devenant ainsi le premier joueur adverse à inscrire deux buts au Juventus Stadium. Bon, après, si c’est Cavani qui s’en charge, Hamšík lui pardonnera. L’important, c’est que son Napoli poursuive sa lancée, pour continuer à rêver d’un Scudetto teint de bleu. On ne préfère même pas imaginer ce qui pourrait advenir de sa crête si Naples venait à s’imposer à Turin.

Eric Maggiori
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