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Hakan Yakın, la tête de Turc

En 2003, le PSG s’offrait l’homme à tout bien faire du FC Bâle en la personne du meneur de jeu Hakan Yakın. Le Suisse devait prendre la suite de Ronaldinho et envoyer des caviars à Pauleta avec le numéro 10 sur le dos. Trois semaines après son arrivée en grande pompe, le milieu de terrain s’est fait bazarder par le club pour une sombre histoire médicale. Finalement, Yakın n’aura jamais joué au PSG. Retour sur une histoire que seul le PSG est capable de magnifier.

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Été 2003, les Franciliens se cherchent un bon blockbuster pour aller claquer 15 euros et s’empiffrer de pop-corn dans un complexe cinématographique de Paname. Au menu Hulk, Terminator 3 ou Charlie’s Angels 2. Au PSG, c’est un peu pareil. On a un choix à faire avec le portefeuille à la main. Ronaldinho au Barça, le PSG se cherche une rampe de lancement pour sa nouvelle recrue Pauleta. Face aux différents CV repérés, les dirigeants parisiens envoient des «  wizz » à tous les MSN Messengers connectés. Peu de réponse. De Pedretti à Essien en passant par Riquelme, Deco, Zenden et Malouda, les portes ne s’ouvrent jamais. Et puis le PSG sonne chez un jeune Brésilien de vingt ans au surnom cocasse : Kaká.


Tout est ficelé, sauf pour Vahid Halilhodžić qui recale le joueur et s’en explique dans L’Équipe le 29 juillet 2003 : « Kaká, ça peut m’intéresser sur ce que j’ai vu sur cassette, mais on ne peut pas recruter un joueur sur une cassette. Il faut le suivre sur plusieurs mois, du moins sur plusieurs matchs. J’aimerais connaître ses qualités footballistiques et humaines, car désormais, au PSG, il faut bien réfléchir avant de dépenser un euro.  » Trois semaines plus tard, Kaká débarque à l’AC Milan pour 8 millions d’euros. La suite, on la connaît. Paris misera sur Branko Bošković, un Serbe au pied gauche délicieux dont le seul fait d’armes restera un doublé au Vélodrome en Coupe de la Ligue contre un OM dans lequel évoluait Bixente Lizarazu. Entre Kaká et Bošković, Paris signera pourtant un joueur. Plutôt doué. Ce garçon, c’est Hakan Yakın. Pas la peine de chercher la trace d’un match officiel du Suisse dans la capitale, il n’en a jamais fait. Les deux parties termineront leur aventure devant le tribunal des prud’hommes.

Paris grille Liverpool, Dortmund et l’Atlético sur le dossier Yakın


Rembobinons un peu. Après le refus de Kaká, Vahid Halilhodžić se montre moins regardant quant aux futures recrues. Ainsi, quand le CV de Yakın tombe sur son bureau, il se laisse amadouer. Début août, tout est ficelé entre le FC Bâle – club où Yakın vient de passer deux saisons à marcher sur tout le monde – et le PSG. Le jour de la visite médicale qui précède la signature de son contrat, le Suisse omet de mentionner qu’il souffre d’une pubalgie depuis de nombreuses années. Une broutille, pense-t-il. Le lendemain, sa mine est renfermée quand il pose avec ses nouvelles couleurs malgré un contrat de quatre ans. Au départ, le PSG est ravi, il vient de griller la politesse sur le dossier à Liverpool, l’Atlético et le Borussia Dortmund.


Sûr de son choix, le meneur de jeu hérite du numéro 10 de Ronaldinho. Sauf que la supercherie ne va pas durer longtemps… Au bout de trois entraînements au Camp des Loges, le joueur boîte bas. Sous la charge de travail du coach parisien, le Suisse en chie tous les jours. La douleur est intenable. Vahid sentant le coup fourré, il commence à en référer au staff médical et à sa hiérarchie. Et si le PSG s’était fait bananer ? Alors, Paris recommande une batterie de tests médicaux, drivée par le professeur Saillant. Verdict : tendinopathie d’insertion des adducteurs gauches. En gros, il doit se reposer pour un mois. Le club lui concocte alors un programme adapté de soins et de remise en forme. C’est là que l’histoire devient drôle...

Et Yakın débarque au Parc en béquilles… et avec la VHS de son opération


Passant outre les directives du PSG, Yakın se fait finalement opérer en Suisse d’une double hernie inguinale. Et l’absence n’est pas la même, puisqu’on parle alors d’au moins trois mois. Pis, le joueur a consulté lui-même un médecin extérieur au club pour valider son opération chirurgicale en urgence. Pour montrer sa bonne foi… l’opération sera filmée. Oui, oui. Et le 21 août, à son retour dans la capitale, le joueur débarque en béquilles au siège du club. Avec la fameuse VHS dans la besace. Un cinéma qui ne fait absolument pas rire le PSG et son président Francis Graille. Dans la foulée, on lui signifie tout simplement l’annulation de son transfert au motif d’une fausse déclaration le jour de sa visite médicale. Le contrat n’étant pas encore homologué, Yakın se retrouve à la rue. Et en béquilles. Furieux, il décide d’attaquer en justice le club francilien pour licenciement abusif et réclame 1,6 million d’euros. La justice donnera raison au club, et Yakın devra, en plus, s’acquitter des frais d’avocat du club de la capitale.


À l’époque, certains bruits avançaient que le joueur lui-même avait fomenté cette opération chirurgicale pour faire capoter le transfert, car il ne supportait pas de vivre loin de sa mère. En Suisse, Yakın était un personnage. Son surnom ? « Rock star » . Sa vie privée était connue de tous – quatre enfants de trois femmes différentes –, mais rien ne lui était jamais reproché en raison de son talent. Un génie que le PSG ne connaîtra jamais, puisque Yakın est reparti de la capitale comme il est venu. Finalement, le joueur s’engagera à Stuttgart, moins regardant sur le dossier médical. Dans ce beau bordel de l’été 2003, le PSG connaîtra un autre raté. Le Grec Demis Nikolaïdis, alors attaquant de l’AEK Athènes, devait lui aussi s’engager au PSG. Alors que le joueur passe sa visite médicale, les résultats sont catastrophiques et le PSG ne donne pas suite. Le joueur, lui, donne sa version et fait courir le bruit qu’il a refusé la proposition d’une seule année de contrat alors qu’il pensait s’engager sur deux ans. 2003, c’était un bel été.

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    Par Mathieu Faure
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