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Gyozo Burcsa : « Guy Roux n’a pas essayé de me changer »

Auxerrois durant deux saisons (1985-87) après une finale d’UEFA perdue avec le Videoton, il a installé Casoni sur le banc du « Vidi » en tant que président de l’écurie favorite du Premier ministre hongrois. L’ancien international magyar reconverti en patron d’agence immobilière se souvient des débuts dingos de Canto en Bourgogne, de la quiétude de l’Yonne, de l’œil de lynx bienveillant de l’homme au bonnet, du Mundial 86 caniculaire et du panache de son copain Kálmán Kovács ayant ébloui l’Abbé-Deschamps.

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Comment passe-t-on de Székesfehérvár à l’AJA sans se mettre à dos le régime communiste ?
Les autorités étaient très strictes là-dessus. Interdiction de quitter le territoire en deçà de la trentaine. En plus, il fallait prévenir un an avant son club, puis obtenir l’aval officiel du Bureau national des sports et de l’éducation physique, ainsi que celui de la Fédération hongroise. Tu ne signais pas comme ça à l’étranger, surtout sans arrêt Bosman pour te couvrir. L’AJA avait évidemment remarqué le parcours extraordinaire du Videoton et voulait un joueur d’expérience venant de l’Est. Ma vieille carcasse de trente et un ans s’est retrouvée parachutée au milieu d’une armée de jeunes incluant Ferreri, Martini, Canto, Boli...

Parmi ces jeunes, tu as direct remarqué Canto que tu jugeais « fou » et « ambitieux » . Tu maintiens ces adjectifs ?
J’aurais pu rajouter « talentueux  » , car il l’était assurément. À l’entraînement, je le testais en shootant quelques ballons un peu compliqués. Il t’attrapait ça magistralement avec un contrôle de la poitrine et agrémentait parfois le truc d’une reprise sensationnelle. En le voyant, je me disais qu’il irait très loin. Eric voulait gagner sa place à tout prix dans l’effectif, quitte à s’emporter comme un gamin. Il tapait dans les poteaux, mettait nerveusement des coups de tête... Sa jeunesse, sa fougue et son caractère lui faisaient parfois perdre les pédales, mais j’ai aimé jouer avec Canto, adorable et déterminé à la fois.


Quel souvenir gardes-tu de Guy Roux qui t’a amené en France ?
Quand tu vois l’énorme boulot qu’il a accompli avec le club et le centre de formation, j’ai déjà tout dit. Il était strict, direct, nature. Toujours le bon mot pour cadrer, jamais éparpillé. Avec lui, c’était « toi ici, toi là  » et on devait tout de suite enregistrer. Malgré sa dureté apparente, Guy était bourré de bonnes intentions. Il n’a pas essayé de me changer de quelque façon que ce soit. Un jour, autour de l’an 2000, je suis venu assister à un amical à l’Abbé-Deschamps. Il m’a reconnu de pratiquement cinquante mètres et a hurlé : « Burxa ! Burxa ! Mon numéro dix ! » On se téléphone encore de temps en temps...

Tu collais parfaitement aux profils qu’il débusquait : européen de l’Est, low-cost...
Janas, Zgutczynski et moi formions une petite bande de l’Est, c’est vrai ! (Rires) Avant eux, y avait Klose, Szarmach et j’en passe... Guy Roux a beau avoir une image de radin qui lui colle à la peau, mon salaire était bien meilleur que ce que je pouvais jamais espérer en Hongrie. Tu sais, je suis issu d’une famille modeste de province. On était six frères à la maison. J’ai débuté jeune et pauvre à Káposvár, le même genre de petite ville tranquille qu’Auxerre. Pour moi, l’étranger était un rêve que j’ai concrétisé. Je me suis enrichi au contact des supporters, des habitants super gentils et du chablis, évidemment...


La langue, c’était plus ou moins hardcore que les ballons de blanc sec ?
J’ai appris en autodidacte. Quand Bruno (Martini, ndlr) sortait une expression ou un terme que je ne comprenais pas, je lui demandais directement ce que ça signifiait. Le mot « maintenant  » m’est rentré dans le crâne à force de l’entendre à tout bout de champ. J’étais vraiment dans le bain et je complétais en regardant des émissions de variété ou des films qui n’étaient forcément pas sous-titrés à l’époque. Le cliché des français froids et égoïstes s’est évaporé dès que j’ai commencé à maîtriser la langue. J’entretiens mon niveau pendant mes vacances dans l’Hexagone. J’y retourne tous les deux-trois étés.

Ton autre lien un peu moins connu avec Auxerre, c’est Casoni que tu propulses sur le banc du « Vidi » après avoir pris la présidence du club. Malheureusement, l’expérience n’a pas été hyper concluante.
Le « Vidi » exigeait des résultats sans lui laisser véritablement le temps de s’installer et de s’approprier l’esprit de l’équipe. Le début de saison 2014-2015 s’est révélé mitigé et le propriétaire l’a limogé au bout de quelques matchs. Ils n’ont pas été tendres. Ni avec lui, ni avec moi. Je cherchais un bon entraîneur et j’estimais que Bernard ferait l’affaire. Mes connaissances auxerroises m’en avaient dit beaucoup de bien. Finalement, le « Vidi » termine champion devant le Ferencváros et les autres ténors. Ensuite, j’ai choisi de partir. Les pressions m’énervaient. J’estime que j’ai accompli ma part du contrat.


Avant la D1, il y a cette folle épopée UEFA avec le Videoton où le Real vous bat en finale...
Folle ? Héroïque, oui ! Qui aurait parié cette année-là (1985, ndlr) que le « Vidi » , un club d’Europe de l’Est quasi anonyme débarquant en outsider absolu, éliminerait Manchester United ou le PSG de Rocheteau ? C’est le genre de trucs qui ne t’arrivent qu’une fois dans la vie. Trente-huit mille personnes au stade Sostói pour la confrontation aller contre Madrid (arbitrée par le Français Michel Vautrot, ndlr) ! Et même malgré la défaite (3-1 sur l’ensemble des deux matchs, ndlr), les supporters nous ont applaudis comme des demi-dieux. On ne retrouvera jamais une ambiance aussi extraordinaire dans les travées de Fehérvár. Les tribunes sont à moitié, voire aux trois quarts désertes en championnat magyar.

Vidéo

Au sortir de cette épopée, tu files au Mundial mexicain sous les ordres du très caractériel György Mezey. Il paraît que ses avoinées étaient aussi brûlantes que la température sur place. Vrai ?
Mezey voulait qu’on soit champions du monde. Avec lui, on avait autant d’oxygène qu’au Mexique, c’est-à-dire pas énormément, surtout sous un cagnard pareil. On est rarement habitués à jouer à quarante degrés à l’ombre en Hongrie ! La moindre course un peu longue éreintait nos organismes. J’étais l’un des papys de l’effectif, donc c’était d’autant plus fatigant, tandis que Kálmán (Kovács, ndlr) montrait le bout de son nez avant d’exploser à Auxerre. Enfin bon, canicule ou pas, tu donnes ton maximum quand on t’accorde une place au Mondial. Je n’allais certainement pas laisser passer cette opportunité.

Tu es resté très pote avec Kálmán, d’ailleurs. C’est toi qui l’as introduit à Guy Roux ?
Je n’ai pas directement interagi dans le transfert, mais on m’a effectivement demandé mon avis sur lui. J’ai simplement répondu la vérité, à savoir que Kálmán est un attaquant de grande classe extrêmement dangereux dans les seize mètres doublé d’un être humain altruiste gardant les deux pieds sur terre. Pile-poil ce qui plaît à Guy. Logique qu’il se soit épanoui à Auxerre. C’est exactement ce qu’il lui fallait. Le fait qu’il soit devenu prof d’EPS et mette un point d’honneur à enseigner le vrai sens collectif du foot aux gamins montre combien il se préoccupe de son prochain. Kálmán n’a jamais été égocentrique.


Avant de rentrer définitivement en Hongrie, tu achèves ton aventure hexagonale à Melun puis Arras.
Dans les deux cas, il y avait une ambition, une énergie qui m’ont donné envie de poursuivre en France. Melun venait de fusionner avec Fontainebleau et montait en D2 avec l’idée d’accéder illico à l’élite. Arras était en CFA1 et visait le National. Et dans les deux cas, j’étais celui chargé de passer le témoin, de forger les débutants à l’instar d’un coach jusqu’à devenir entraîneur-joueur au RC Arras. J’ai vécu cinq saisons hexagonales magiques. Partir là-bas a été l’une des meilleures décisions de ma vie. L’expérience et la résilience acquises m’ont servi dans ma carrière d’entraîneur et d’agent immobilier.

On pourrait t’appeler le Stéphane Plaza de Sopron tant ton agence cartonne. Sympa, la préretraite.
Honnêtement, je ne pense pas que mon nom ait favorisé le succès de l’entreprise, mais on tient le coup depuis quinze ans, donc ça veut dire que notre boulot porte ses fruits. D’un côté, les Autrichiens achètent volontiers ici, vu la proximité de la frontière et les prix sensiblement inférieurs. De l’autre, les locaux travaillant en Autriche peuvent s’offrir des logements spacieux avec leurs paies confortables. J’ai coaché le FC Sopron en 95-96 avant de laisser tomber le foot jusqu’à ce que le Videoton me sollicite. L’endroit m’avait séduit et j’ai décidé de me reconvertir ici. Je réfléchis encore pour mes vieux jours...

Par Joël Le Pavous
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