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Gyan, chèvre ou cabri ?

Au Ghana, Annan distribue et Gyan réceptionne, dévie ou marque. Sans Essien, les Black Stars sont en train d'écrire la plus belle page de leur Histoire. Et Gyan de réécrire, sans tache, la sienne.

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Jouer au Stade Rennais et ambitionner une demi-finale de Coupe du Monde n'est donc pas impossible. Avant le début du tournoi, on aurait pu miser sur Bocanegra, la Bud alerte avec Bill Clinton. Sacrés Yanks. Mais la bonne cote du moment s'appelle plutôt Asamoah Gyan. Il n'aurait pu rester dans les charts que comme le premier buteur de l'Histoire du Ghana en Coupe du Monde, en 2006, contre la République Tchèque, après 68 secondes de jeu et à tout juste 20 ans. Oui, jusqu'à août 2009, il n'était qu'un Asamoah parmi d'autres, chroniquement blessé, dont la carrière peinait à décoller. Avec un seul cageot durant sa première saison rennaise, les quelques 8 millions d'euros dépensés par le club breton pour l'arracher de l'Udinese sentaient l'erreur de casting.

Le club italien avait alors vendu une came pas très fraîche. Rennes découvrait après achat que Gyan sortait d'une opération aux adducteurs courant avril 2008, alors que l'Udinese datait l'opération à février. « Quand il arrive à Rennes, il sortait tout juste de sa rééducation donc il n'était pas prêt » se souvient Guy Lacombe. « Il avait un peu de surpoids, au début. On ne peut pas dire qu'il m'a impressionné de suite » avoue de son côté Nicolas Douchez. Mais confronté en parallèle au cas du gréviste Jimmy Briand, le staff de Lacombe est obligé de lancer “Asa” plus tôt que prévu. « Malheureusement, il se pète lors de son son deuxième match » ressasse Lacombe. Et il se pétera après chacun de ses retours. La Moustache de l'Aveyron regrette : « Je suis persuadé par exemple, s'il n'y a pas cette histoire de Jimmy, qu'on lui laisse le temps et peut-être qu'il arrive au mois de septembre physiquement au point, et ça aurait été une autre saison » . Pas faux.

Avant de débuter sa deuxième saison en Bretagne, Gyan prend de la bouteille, se refait physiquement la cerise au Ghana, en compagnie d'un membre du staff rennais, dépêché spécialement pour rendre quand même l'investissement plus profitable. Pari réussi. Gyan joue 29 matches, plante 13 fois en Ligue 1 et aligne au passage sur son CV une place de finaliste à la CAN 2010 accompagnée de deux pions décisifs en quarts contre l'Angola (1-0) et en demies face au Nigéria (1-0). Sa bonne Coupe du Monde sud-africaine n'est donc qu'une suite logique. Gyan score deux fois sur pénos en poule et offre une qualification historique à son pays dans la prolongation du huitièmes de finale contre les States de Bocanegra. De quoi faire chavirer un Marcel Desailly.

Pas besoin de pousser dans leurs retranchements Lacombe et Douchez pour nous décrire les qualités de l'avant-centre ghanéen. Pour Lacombe, Gyan « est très aérien, un point d'ancrage très intéressant. Il est très très explosif. Sur dix mètres, il est difficilement arrêtable parce qu'il est capable de pousser, de vous dribbler. Et puis devant le but, il n'est pas maladroit. C'est un récepteur, dans la surface. Vous lui laissez le moindre espace, vous lui donnez un bon ballon en terme aérien, c'est souvent goal, il n'y a pas de problème » . Douchez rajoute une couche : « Il a un très bon timing. C'est un attaquant très difficile à lire pour un gardien. Il a en plus de ça la touche un peu africaine, imprévisible, avec des dribbles sortis de nulle part, cette touche de folie qui fait que par moments, il est capable de faire des choses assez incroyables. À l'entraînement, ce n'est pas forcément évident de savoir ce qu'il va faire et je ne sais pas si lui, il sait toujours ce qu'il va faire d'ailleurs » .

Aujourd'hui, à 24 ans, Asamoah Gyan est sans doute en train de trouver une régularité qui le fuyait ou qu'il ne provoquait pas. « C'est souvent comme ça, chez les jeunes joueurs, ils apprennent par erreur. Je pense qu'il a vraiment pris conscience qu'il devait prêter attention à son corps. Et on le voit bien, il est bien plus affûté, il monte bien, il est vraiment dans les qualités qu'on lui avait vues en 2006 » conclut un Guy Lacombe vraiment fan. Après une CAN 2008 à envoyer cachou sur cachou hors du cadre, Gyan avait vu sa famille devenir la cible de toutes les menaces au pays. Aujourd'hui, elle doit sans doute compter de nouveaux amis et pourrait bien s'en découvrir d'autres. Réponse ce soir, après le quart face à l'Uruguay.

Ronan Boscher

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