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  2. // Retraite de Guti

Guti, ce génie

Aujourd’hui, Madrid est en état de choc. Non pas à cause de la hausse de la TVA du gouvernement Rajoy, qui fait tous les gros titres, mais pour une autre raison bien plus importante aux yeux de l’histoire madrilène : José María Gutiérrez, dit Guti, quitte le football. Son jeu unique, sa dégaine unique, ses passes uniques, son professionnalisme unique, aussi. Tout cela, au revoir. Se acabó. Adiós, genio.

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La fin

C’est fini. Après l’annonce de l’échec des négociations entre Guti et West Ham, il semble certain que l’on ne verra plus le 14 jouer au football. Ni lui, ni son pied gauche, ni sa vista, ni son look de mousquetaire. Plus rien. Si ce 12 juillet 2012 est certainement un triste jour pour un madridisme forcé de dire adieu à l’une de ses idoles, la tristesse s’emparera aussi des cœurs de tous les amoureux du beau football. Ses airs de rock star auraient sans doute régalé la Premier League, mais non. Déjà, en novembre dernier, El Catorce avait affirmé qu’il n’envisageait plus de jouer en Europe. Il y avait des rumeurs d’offres du Qatar et de la Chine, mais rien de concret.

La retraite de José Maria Gutiérrez sera donc datée du 15 novembre 2011 et son départ d’Istanbul, en plein milieu de la saison, de manière anonyme, le même jour que la Journée mondiale du recyclage. Terrible. Il méritait mieux et il voulait mieux. Il y a deux semaines, le blond avait confié au quotidien madrilène AS : «  Je veux jouer deux années de plus, mais les choses ne sont plus aussi faciles qu’avant... » L’alternative ? «  Je passerai mes diplômes d’entraîneur. Valdebebas (centre d’entraînement du Real Madrid) serait l’endroit rêvé.  » Si l’idée de voir le personnage Guti revenir en costard dans le monde du football est fascinante, cela ne suffira pas pour consoler ceux qui l’ont vu faire des merveilles. Guti était avant tout un joueur de football. Un putain de joueur de football !

Un putain de joueur

Si Guti ne se débarrassera jamais de ce statut de promesse éternelle, il serait malhonnête d’affirmer que le gamin de Torrejón est passé à côté de sa carrière. Sa mèche blonde et lui peuvent quitter sereinement le football, bien accompagnés par leurs trois Ligues des champions, cinq Ligas et 542 matchs joués pour le Real Madrid. Car Guti aura été l’un des plus grands joueurs des années 2000, par moments. L’un des plus fascinants, toujours. On se rappellera évidemment de ses gestes les plus fous. Cette talonnade pour Zizou contre Séville au Bernabéu, candidate au prix de la plus belle assist jamais réalisée. Ou encore le fameux taconazo pour Benzema au Riazor en 2009, surnommé « le talon de Dieu » par la presse madrilène. Guti inventait des gestes et était à lui seul une bonne raison d’aller au stade. Si Vladimir Nabokov écrivait que « le génie, c’est un Africain qui invente la neige » , Guti et ses passes étaient de ces génies-là.

Aux débuts du siècle, lorsque la presse madrilène demandait aux Galactiques quel joueur les avait le plus impressionnés à l’entraînement, tout le monde s’attendait à entendre parler de Zizou, Raúl, Beckham, Figo ou même Owen. Mais non : pour tous, c’était Guti. Et s’il n’a finalement jamais été le grand joueur qu’il aurait pu être, ne participant par exemple à aucune compétition internationale, Guti et son style auront marqué les esprits. En Espagne, lorsque Xavi, Silva ou Iniesta réalisent une passe incroyable, transperçant tout le milieu et la défense adverses, les Espagnols s’exclament tous : « Oh, la passe à la Guti ! » Elle est là aussi, la postérité. Le plus grand passeur de l’histoire du jeu ?

Guti, cette idole

Dans les allées du Bernabéu, quand le sujet Guti ressort entre deux Mahou, le madridiste a l’habitude d’évoquer trois points : ses passes «  à la Guti  » bien sûr, son amour pour le maillot blanc sans aucun doute, mais surtout son don unique d'entrer à l’heure de jeu et de changer le visage de son Real Madrid. En deux passes, le 14 savait organiser le milieu de terrain merengue comme personne. « Ah, si seulement on pouvait encore avoir Guti sur le banc…  » Mais voilà : le fait est qu’il entrait à l’heure de jeu. De toute sa carrière, le blond n’aura joué que 47% des minutes qu’il aurait pu jouer. Son caractère ne plaisait pas à tous, et son style de vie non plus. « Tu veux que j’aille sortir et danser à cinquante piges, avec mes enfants, c’est ça ? » , aimait-il répondre à l’exigence de la presse madrilène. Unique.

Inscrivant son nom parmi les dix joueurs les plus capés du Real, Guti a changé le visage du club à jamais. Car, à Madrid, le 14 n’aura pas seulement laissé la trace d’un grand joueur de football, il aura laissé une façon de penser, un esprit unique, éternel. Sa mère le raconte mieux que personne, avec cette conversation qu’elle aurait eu à maintes reprises avec son fils :
« - Maman, pour bien jouer au foot il n’y a pas besoin de courir tellement de kilomètres sur le terrain. Il suffit de bien se placer sur le terrain et d’être là au bon moment.
- Oui, mais regarde celui-là. Il court, il monte, il redescend, il se bat. Et les gens l’applaudissent dans le stade !

- Oui, mais à la fin du match, il a fait quoi, lui ?
- Il a couru.
- Voilà.
 »
Comme prévu, Guti n’a pas couru autant qu’un Figo, un Raúl ou un Zidane, préférant toujours faire courir la balle. Justement, le monde du ballon rond l’en remercie. Éternellement.

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Markus Kaufmann
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