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Guillermo Lorente : « Dans un Clásico, être favori ne sert à rien »

Événement ce dimanche en Argentine : après plus de trois ans d’absence, le football local retrouve l’un de ses plus vieux et plus beaux clásicos. Celui de Rosario, entre Central, revenu dans l’élite, et Newell’s, champion en titre et favori à sa propre succession. L’occasion de discuter avec le président de la Lepra, Guillermo Lorente, du renouveau de Newell’s, du match et de David Trezeguet.

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Newell’s a retrouvé les sommets après une époque difficile.
Les 14 années de présidence d’Eduardo José Lopez (1994-2008) ont fait très mal au club. Les transferts se faisaient selon ses intérêts économiques personnels et non selon ceux du club, il s’arrangeait pour qu’il n’y ait pas d’élection, les barrabravas avaient les pleins pouvoirs. Quand j’ai pris le relais, il fallait faire avec une dette ahurissante, et Newell’s avait en partie perdu son âme.

C’est-à-dire ?
Newell’s a été champion en 1988 et en 1992 avec des équipes composées uniquement de joueurs formés au club : Martino, Theiler, Basualdo, Sensini, Llop, Pochettino, etc. Avec bien sûr Bielsa à la baguette en 1992. Quelque chose de presque mystique existait au club : presque tous les joueurs qui quittaient le club, notamment pour l’Europe, revenaient en fin de carrière pour rendre au club ce qu’il lui avait donné, en quelque sorte. Sous Lopez, tout ça a pris fin. Et aujourd’hui, ça repart, avec Bernardi, Heinze, Maxi Rodríguez.

Martino a donné une toute autre dimension à Newell’s.
Ce qu’a fait Tata est tellement fort que ça a dépassé les frontières et l’a conduit au Barça. Je suis allé le voir récemment à Barcelone, il cherchait encore un appartement pas trop loin du stade. C’est un homme passionné, obsessif et diablement intelligent. Il se connecte très rapidement avec le groupe, est proche des joueurs et considère le club dans sa globalité, des plus jeunes à l’équipe pro, en passant par les médecins, les jardiniers, etc. Chez nous, il a largement dépassé les objectifs de points, il a sauvé le club de la relégation, rapatrié des grands joueurs, installé une philosophie de jeu et séduit le public. Et chose impensable au moment de son arrivée, il a offert à Newell’s un nouveau titre de champion. Aujourd’hui, grâce à lui, le club connaît le chemin à suivre.

Que représente ce Clásico pour Rosario ?
Ça fait trois ans et demi qu’il ne se dispute pas, mais il s’est toujours distingué pour la passion qui l’entoure. Rosario est une ville de foot, c’est très spécial, presque tous les habitants sont de Newell’s ou de Central. Dernièrement, il y a eu plusieurs problèmes de violence, mais je crois que c’était surtout dû au fait que le match ne se jouait plus. Au-delà du résultat, le match de demain (ce soir, ndlr) va faire du bien à tout le monde. J’espère que lundi, il y aura des célébrations et aucun événement malencontreux à regretter.

Newell’s et Central vivent des situations sportives très différentes. Aujourd’hui, vous serez les grands favoris de ce Clásico.
Oui, mais il y a une phrase qui dit que dans un Clásico, être favori ne sert à rien. Pour nous, il s’agira de jouer comme on le fait depuis des mois maintenant, avec ce jeu offensif qui nous distingue des autres équipes en Argentine. Si l’on veut gagner dans le stade de Central, maintenir cette philosophie est fondamental.

Malheureusement, comme le veut l’AFA depuis le début de ce championnat, il n’y aura aucun supporter de Newell’s au Gigante de Arroyito…
On aime tous voir des matchs de football avec des fans des deux équipes, d’autant plus dans un Clásico comme celui de Rosario. C’est un spectacle superbe, folklorique. Aujourd’hui, suite à une série de violences, il y a une situation particulière dans toutes les divisions du foot argentin, puisque les supporters visiteurs ne peuvent pas assister aux matchs. Il faut le respecter, en tirer les leçons et espérer retrouver rapidement l’un des plus beaux spectacles de notre football.

Trezeguet est arrivé durant le mercato pour remplacer Scocco, mais est gêné par ses blessures. Êtes-vous satisfait de son rendement ?
C’est toujours positif d’avoir un joueur de la qualité de David Trezeguet. Nous ne regrettons absolument pas notre choix. Quand il a joué, il l’a très bien fait, et quand il n’a pas pu le faire, il a démontré toutes ses qualités humaines et son impact dans le groupe. On parle quand même d’une des plus grandes stars du football mondial.

Propos recueillis par Léo Ruiz
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Dans cet article

le classico le plus chaud d'Argentine, sans nul doute!!!
Quelle chiasse de ne pas avoir de supporter visiteurs ... Parce que clairement le classico de Rosario est juste dingue !
J'espère que les hinchas de Central feront le boulot,tout comme les joueurs, parce que Newell's est vraiment imbattable en ce moment ... 21H10 pour les amateurs, et ce sera bien moins chiant qu'un Lyon-Bordeaux, c'est certain ;)
Moi je dirais que c'est le clasico le plus violent, aussi bien sur qu'en dehors du terrain. Je me demande combien dans l'histoire se sont finis à 11 contre 11
En tout cas, malheureusement, aujourd'hui y a une grande différence de niveau entre les deux équipes, la logique voudrait que Central se fasse marcher dessus. J'espère que non, en tout cas qu'ils prendront des points cette saison pour se maintenir, la place d'un club comme Central est en première division
Eh ben c'était bien vu de ma part : y a eu aucun incident, aucun expulsé, et Central a gagné 2-1. Ils sont entrés dans ce match avec une hargne, une envie impressionnantes; Newell's a mieux joué, mais ils ont perdu, battus dans l'engagement.
Après des années de galères et de moqueries, les supporters de Central savourent enfin une revanche sur le grand rival.
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