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Guillaume Meurice : « J’aurais aimé devenir Chilavert, mais j’ai le physique de Grégory Wimbée »

Il y a une quinzaine d'années, Guillaume Meurice faisait les déplacements de sa Bourgogne natale pour aller soutenir l'OM au Vélodrome. Depuis, il sublime quotidiennement la radio France Inter, chronique l'actualité avec esprit et ne va plus au stade. Mais ça ne l’empêche pas d’avoir un certain regard, vif et hilarant, sur son passé d’ultra, sur la situation de l’OM et sur tous ces « bénévoles qui se lèvent les dimanches matins pour accompagner des gamins en tournoi. »

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De ce que j’ai pu comprendre, tu es un vrai fan de foot. Comment est née cette passion ?
J’étais un vrai fan de foot. Mais ça, c’était avant. Avant le foot business. Avant que les stades ne s’appellent par des noms de marque. Avant que les joueurs ne deviennent des panneaux publicitaires à crampons. Avant que le budget « gel capillaire » n’ait dépassé celui des Bescherelle dans les centres de formation. Aujourd’hui, je n’ai pas envie d’aller voir jouer l’égérie analphabète de L’Oréal au stade Cochonou. Oui, je suis un vieux con du foot.

Au point de supporter l’OM alors que tu es né en Bourgogne ?
L’époque voulait ça ! Dans les années 90, c’est une équipe qui faisait rêver tous les gamins de mon âge. On se faisait un mulet pour ressembler à Chris Waddle. On frémissait devant les tacles à la carotide d’Éric Di Meco. Et puis, on a évidemment sauté de joie quand Bernard Tapie a acheté... Pardon, a fait gagner la Coupe d'Europe à Marseille !


Tu critiques, mais tu as fait partie des Ultras de l’OM, non ?
Mon rêve de gosse était d’aller voir des matchs de l’OM au stade Vélodrome. Alors, quand j’étais ado, j’ai rejoint un petit groupe de ma région qui organisait des déplacements. On était jeunes et fous, et on avait le sandwich triangle d’aire d’autoroute dans le sang. L’idée principale, c’était surtout de m’amuser. Un stade est un exutoire. Dans la société, rares sont les espaces où tu peux crier et chanter à tue-tête. En revanche, il serait urgent de revoir les paroles de certains chants de supporters. Notamment ceux dans lesquels l’homophobie est totalement gerbante et anachronique (sauf peut-être au FC Christine Boutin). Il faut signaler tout de même que la sexualité présumée de l’arbitre n’a certainement rien à voir avec le fait qu’il n’ait pas sifflé penalty.

« J’ai une tendresse pour la poésie de buvette. Amateur, je suis. Amateur, je reste. »

L’ambiance du Vélodrome, c’est quelque chose qui t’a marqué ?
Ça te fout des frissons, c’est sûr. J’ai même amené des amis qui n’aimaient pas forcément le foot et qui ont été saisis aussi. La ferveur d’une foule est quelque chose de très impressionnant et d’un peu flippant en même temps. C’est flippant car plus la foule est nombreuse, plus la responsabilité est diluée. J’aimerais bien voir le mec qui jette une banane des tribunes à un joueur noir, faire la même chose en face à face avec Teddy Riner. Mais ça démontre aussi qu’un collectif est capable de se rassembler derrière une cause, une idée, un projet. Simplement, c’est peut-être un peu dommage que ce dernier soit : « vas-y putain, mets la baballe dans le but ! » .

C’est quoi le dernier match que tu as vu dans un stade ?
Mon dernier match au Vélodrome devait être Marseille-Auxerre en 2002. Ça avait fait 0-0, un match nul au sens propre comme au figuré. Depuis, je suis très peu retourné dans un stade. La dernière fois, c’était au Parc des princes. J’ai emmené mon neveu de huit ans voir un match du PSG. Mais il semblerait que le Qatar réussisse mieux cette saison dans le financement du terrorisme que dans celui du football.


Tu ne profites même pas de ta célébrité pour squatter les loges ?
Non, je suis plutôt ambiance matchs de district. Celle où tu peux entendre un « Rentre ton ventre, t’es hors-jeu ! » à l’adresse de l’avant-centre de ton équipe. Un « T’as le drapeau coincé dans ta chaussette ? » pour apostropher le juge de touche. J’ai une tendresse pour la poésie de buvette. Amateur, je suis. Amateur, je reste.

Bon, malgré tout, j’imagine que tu as quelques souvenirs marquants avec l’OM ?
Il y en a beaucoup. J’ai vu Titi Camara à quatre mètres du but réussir à faire passer le ballon au-dessus du filet de protections de la tribune. J’ai vu Frank Lebœuf se claquer en tirant un coup franc. J’ai vu Bakayoko marquer un but. Si si, je vous jure que c’est vrai. Et, enfin, j’ai vu un légume porter une écharpe tricolore. Après vérification, il s’agirait de Jean-Claude Gaudin.

« Aujourd’hui, les joueurs de foot professionnels ne me fascinent plus du tout. En revanche, je suis admiratif des bénévoles qui se lèvent les dimanches matins pour accompagner des gamins en tournoi. De ce côté là, il y a des ballons d’or qui se perdent. »

Avant l’interview, tu m’as confié que tu avais été gardien. Pourquoi ce poste ?
J’aime ce poste car il est décisif et spectaculaire. Tu peux faire gagner ou perdre ton équipe tout en faisant le con en te roulant dans l’herbe. J’ai joué onze ans en club. J’étais un gardien assez imprévisible, capable de sortir une balle de la lucarne par une détente improbable. Mais capable aussi de me faire lober comme un gland sur ma ligne dans la minute d’après. Je passais du meilleur au pire en peu de temps. J’étais un peu le Renaud Séchan du football.

Il ne faut pas être un peu sado pour être gardien ?
Non, c’est exactement le contraire. C’est le poste où tu cours le moins. Tu attends que le ballon vienne à toi. Et tu peux gueuler sur tes défenseurs juste pour passer le temps. La seule angoisse du gardien est le terrain stabilisé. Je ne suis pas pour la torture en général, mais si je chope celui ou celle qui a inventé cette sorte de terrain mi-gravier mi-papier de verre je l’oblige à vivre une semaine dans l’haleine de Louis Nicollin.

Quand tu as commencé, il y a un gardien qui te fascinait ?
Enfant, j’étais fasciné par les tenues et les arrêts fantasques de Pascal Olmeta. Aujourd’hui, quand je vois qu’il va buter des éléphants en Afrique, je suis toujours autant fasciné. Mais par son incommensurable connerie. En grandissant, j’aurais aimé devenir Chilavert, mais j’ai le physique de Grégory Wimbée. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, c’est comme si tu voulais être Barack Obama et que tu es Jean-François Copé. Aujourd’hui, les joueurs de foot professionnels ne me fascinent plus du tout. En revanche, je suis admiratif des bénévoles qui se lèvent les dimanches matins pour accompagner des gamins en tournoi. De ce côté là, il y a des ballons d’or qui se perdent.

Donc, en gros, aucun joueur actuel ne te passionne plus que ça ?
Les joueurs que j’apprécie le plus sont ceux qui se distinguent par leur propos extra sportifs. Évidemment, Éric Cantona. Certes, il est un mélange entre Raimu et Jean-Claude Van Damme, mais dans le monde du foot, il détonne. J’aime aussi beaucoup un joueur de l’US Orléans qui s’appelle Pierre Bouby et qui me fait bien marrer sur Twitter. Il mériterait le trophée FIFA de l’autodérision. Enfin, mon joueur préféré est François Ruffin. Le fameux milieu droit de l’Olympique Amiénois, également auteur du livre indispensable Comment ils nous ont volé le football, qui explique la confiscation d’un jeu populaire par les néolibéraux - rien à voir avec de quelconque néo Laurent Blanc. Bim ! Jeu de mots de footeux !!

« Les entraîneurs ou les sélectionneurs sont toujours très précautionneux dans la gestion de leur image. Ils ne veulent embêter personne. Donc souvent, ils ennuient tout le monde. »

Tu ne suis plus du tout le foot, si je comprends bien ?
Non, vraiment plus. La dernière fois que j’ai regardé un match en entier, je crois que Joseph Blatter était encore considéré comme quelqu’un d’honnête.


Donc, si je te demande ce que tu penses de la situation de l’OM, tu me dis ?
J’en pense que j’aimerais bien te répondre sincèrement sur la manière dont est géré le club. Mais je ne sais pas si c’est une bonne idée de parler de la mafia...

Le fait qu’un nouvel actionnaire puisse permettre à l’OM de rivaliser avec Paris et Monaco la saison prochaine, tu t’en moques ?
Je m’en fous comme Cristiano Ronaldo de sa première fraude fiscale ou de sa dernière épilation du sillon inter-fessier. Je pense surtout que Monaco n’a rien à faire dans le championnat français et devrait jouer dans le championnat de son pays.

Dans les coulisses de la radio ou de la télé, tu as déjà eu l’occasion de croiser des footballeurs ?
Oui, mais surtout des entraîneurs ou des sélectionneurs. Ils sont toujours très précautionneux dans la gestion de leur image. Ils ne veulent embêter personne. Donc souvent, ils ennuient tout le monde.

À quoi ressemblerait une chronique de Guillaume Meurice sur le foot ?
J’en ai déjà fait une l’année dernière lorsqu’Ibrahimović avait dit que la France était un « pays de merde » . Ce constat n’était d’ailleurs pas dénué de sens. Mais il aurait fallu qu’il développe. C’est effectivement un « pays de merde » quand son gouvernement n’ose pas augmenter les impôts des millionnaires comme lui. Les Footleaks vont peut-être me donner l’opportunité de préparer une autre chronique. Les clauses dans les contrats professionnels sont une source intarissable. J’attends la révélation de celle qui dira qu’une prostituée est promise aux joueurs qui loupent leur match. Ça promet des belles partouzes en équipe de France.



Propos recueillis par Maxime Delcourt
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