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  2. // 15ème journée

Guerre de Trois

Il était une fois, dans une galaxie lointaine, très lointaine, deux équipes, l'Inter et la Roma, qui dominaient le Championnat d'Italie. Pour les autres ? Des miettes, de la frustration et trop d'humiliation. Cette époque est révolue : place au retour du Milan AC, de la Lazio et de la Juve, équipes dans l'ombre depuis trop d'années. Que la force soit avec elles.

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On dit généralement que l'année qui suit la Coupe du Monde a quelque chose de spécial. Elle rompt les hégémonies, les suprématies et les prépotences, car elle restitue des champions souvent fatigués et avec la tête encore dans les étoiles. Or, il fallait bien un Mondial pour briser la domination de l'Inter Milan, quadruple Champion d'Italie en titre. Après quinze journées, et à deux semaines de la trêve, ce championnat d'Italie a déjà livré son premier verdict : le sempiternel duel Inter-Roma n'est plus. Les éternels rivaux ont perdu leur sceptre, laissant les honneurs –ironie du sort– à leurs deux ennemis : le Milan AC et la Lazio. Et ce quinzième épisode de l'exercice 2010-11 a donné lieu à une véritable trilogie, consacrant les équipes en quête de rébellion et les joueurs les plus malchanceux.

Épisode I. Un nouveau Milan AC. Pendant ses dernières saisons de règne nerazzurro, le Président Berlusconi a encaissé les critiques. « Tes joueurs sont des retraités » , « Le Diable est devenu plus doux qu'un agneau » ... Il Cavaliere a donc travaillé en silence à la reconstruction de son équipe et recruté du lourd : Kevin-Prince Boateng, Robinho et surtout Zlatan Ibrahimovic, l'homme qui gagne partout où il va. Comme si le destin voulait invoquer une nouvelle ère, les trois hommes ont marqué ce week-end face à Brescia (3-0). Trois buts en une demi-heure, pour une démonstration de force sans équivoque. Milan aurait pu en mettre dix, mais a eu pitié de son voisin lombard, qui peine dans les profondeurs du classement.

Avec cette victoire, Milan s'envole et compte désormais dix points d'avance sur la Roma et l'Inter. Un gouffre, car les deux anciens poids lourds du Calcio avancent au ralenti. La Roma a jeté deux points à la poubelle face au Chievo. Sur « un terrain de beach soccer » (dixit Claudio Ranieri), les Giallorossi sans Menez, Borriello et Totti ont obtenu le nul, 2-2. Encore faut-il préciser qu'ils menaient 2-0 à la mi-temps. En seconde période, pétage de plomb : De Rossi se fait expulser, la défense romaine implose et la Louve dégringole à la huitième place.

L'Inter a quant à elle été balayée à Rome (3-1, voir le compte-rendu) par une Lazio qui confirme qu'elle est actuellement l'une des deux rivales plausibles des Milanais. L'autre, c'est la Juve. Les Turinois se sont visiblement bien réchauffés après leur voyage polaire en Pologne. Les joueurs de Del Neri ont réussi l'exploit de s'imposer en terre sicilienne face à Catane (3-1), là où personne n'avait encore réussi à prendre plus qu'un point. Milan reste ainsi dans le collimateur, à six longueurs. La bonne opération de la journée est pour la Sampdoria. Toujours privés de Cassano et éliminés ce mercredi de l'Europa League, les Génois se sont vengés sur la lanterne rouge, Bari (3-0). Pazzini a marqué, normal. Guberti aussi, deux fois. Moins normal.

Épisode II. Adrian Mutu contre-attaque. Le Roumain, suspendu en fin de saison dernière, a enfin retrouvé le chemin des filets. Après avoir mis un coup de boule à un serveur, il a mis un coup de teston au ballon pour inscrire le seul but du match face à Cagliari (1-0). Mine de rien, la Fiorentina enchaîne une quatrième victoire consécutive à domicile et se replace dans le milieu de tableau. Dommage qu'elle soit bidon à l'extérieur. Bologne aussi était nul loin de ses bases. Aucune victoire depuis le début de la saison hors du Stadio dall'Ara, le club doit en plus composer avec une crise financière sans précédent. Mais les joueurs ont du caractère et se sont imposés de fort belle manière à Cesena (2-0), grâce à l'inévitable capitaine Di Vaio, qui doit au moins en être à 450 buts sous le maillot rossoblu. En revanche, ça craint pour Cesena, qui a pris cinq points sur les douze dernières journées. Même Arles-Avignon a fait mieux.

Épisode III. Le retour du Crespo. Lorsque l'ancien goleador signe à Parme, en janvier dernier, ça sent la fin de carrière. Révélé chez les Gialloblu à la fin des années 90, le scénario "la boucle est bouclée" est presque trop évident. Oui, sauf que "Valdanito" n'aime pas la simplicité. Après son doublé (inutile) la semaine dernière face à l'Inter, l'avant-centre a récidivé. Ses deux nouvelles réalisations permettent à Parme de battre l'Udinese (2-1) et de se donner un peu d'air. Cinq pions en trois matches : pas trop mal pour un préretraité. Et qui dit préretraité dit forcément Luca Toni. L'ancien buteur en série de la Fiorentina s'est enfin réveillé. Sans lui enlever son mérite, il a scoré contre Lecce, qui a déjà pris 31 buts en 15 journées. Bonne moyenne. Le Genoa de Ballardini (qui nous a régalés avec ses lunettes de soleil sous la pluie) s'impose en terre sudiste (3-1) et recolle à la zone Europe. Ce soir, dénouement de la saga avec Napoli-Palerme (20h45).



Eric Maggiori

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