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Guerra : « J'ai un forfait illimité »

Prénom : Frédéric. Nom : Guerra. Profession : Agent de joueur. En plein mercato, c'est le moment de bigophoner l'un des agents français les plus réputés. Un mec qui compte dans son team Loïc Rémy, Sidney Govou ou Anthony Mounier.

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Combien d'appels recevez-vous en moyenne par jour ?


En comptant ceux que je passe et ceux que je reçois, on ne doit pas être loin des 200.

Vous avez combien de téléphone ?


Un seul. Mais j'ai toujours un chargeur sur moi.

Vous avez quel forfait ?


Je ne sais plus le nom exact, mais c'est illimité. Je suis obligé.

Quels rapports avez-vous avec vos joueurs ?


Il y a de tout. Des relations uniquement professionnelles. Des rapports père-fils, et, parfois, certains liens vont au delà. On est dans l'amitié pure.

Comment se comporte-t-on avec un joueur quand on a des rapports père-fils ?


Il faut rester sur le postulat de la vérité. Tout le temps être dans la franchise. Ce n'est pas tout le temps facile de s'y conformer, mais tout se passe dans la vérité. Quand un club me dit non, il est de mon devoir de le dire au joueur. Je suis là pour les amener au plus haut. Par exemple, un mec comme Loïc Rémy, il a signé l'an dernier dans un grand club français. L'étape suivante, c'est le gratin européen par exemple.

Qui vous contacte en premier ? Les clubs ou les joueurs ?


99% du temps ce sont les clubs. J'enregistre la demande ou le renseignement et j'en réfère à mon joueur. Les seules fois où je me permets de répondre directement, c'est quand l'offre est ridicule ou déplacée. Si un club de seconde division vient me voir pour un joueur international, je rigole, je dis non et basta.

Comment choisissez-vous les joueurs avec lesquels vous collaborez ?


C'est comme un ami. C'est un rapprochement intellectuel qui se fait naturellement. La politesse et la confiance sont également au cœur de nos rapports. On le sent dès les premiers jours si le courant passe.

Quand débute réellement votre mercato ?


Pour ma part, il ne tient absolument pas compte des dates officielles. Il dure 24 heures sur 24 et 365 jours par an. Il y a toujours de quoi débattre, de quoi négocier. Quand ce ne sont pas les transferts, ce sont les contrats à signer, les prolongations. Il y a également beaucoup de travail entre les périodes de transferts. Je regarde comment se comporte le joueur dans son club. Comment il s'acclimate.

"Un métier qui peut faire souffrir les couples"

Vous avez des vacances ?


Jamais. Parfois, quand je vais à Séville ou à Athènes pour l'un de mes joueurs, j'ai 2 ou 3 jours pour visiter, me reposer. Je peux emmener ma femme notamment. Mais quand il s'agit de temps fort, c'est plus difficile. Là, je viens de sortir Sidney Govou du Pana, c'était intense. Le tourisme dans ces moments là, c'est à éviter. C'est un métier qui peut faire souffrir les couples, mais c'est un choix. Toutes les professions ont leurs inconvénients.

Votre plus beau coup ?


Je ne réfléchis pas en terme de coup car je n'ai jamais fait de one shot. La plupart de mes joueurs sont avec moi depuis un certain temps. Je travaille sur le long terme.

Votre rapport au football, vous suivez beaucoup de matches ?

Principalement ceux où mes joueurs jouent. Mais par exemple, la finale de la Ligue des Champions, je l'ai regardé d'un œil. Je suis un amoureux du football artistique, ce n'est plus trop le cas actuellement. On est trop dans la tactique permanente.

Vous avez senti les joueurs évoluer aussi ?


Oui, c'est lié à l'espèce humaine. Il faut faire avec. C'est l'avantage de travailler avec les joueurs sur le long terme, on est moins concerné.

On dit souvent que la profession d'agent de joueur est dénuée de sentiment. Un métier obnubilé par le fric. Qu'en pensez-vous ?


Le football est ma passion. J'aime ce que je fais. Je suis rémunéré pour ça. Mais j'entends les reproches que l'on nous fait. C'est un métier décrié, que certains jugent inutile. Et parfois, certains transferts ne nous aident pas. Quand on voit le transfert d'El-Arabi, on peut comprendre les critiques. Le garçon est né en 1987, il sort d'une très bonne saison avec Caen, il a des propositions de clubs solides, notamment en France, et il signe en Arabie Saoudite alors que sa famille aurait préféré un autre choix. Derrière, on voit clairement qu'un agent a dû faire un one shot. La commission a été au rendez-vous et on se retrouve avec un joueur qui aura du mal à revenir en Europe. Derrière, le métier d'agent est pointé du doigt.

C'est le genre de transfert qui vous agace ?


Ce n'est pas ma manière de travailler en tout cas.

Vous recevez beaucoup d'appels pour des propositions exotiques ?


Énormément. Il faut faire le tri et ça demande du temps. Beaucoup plus qu'avant en tout cas.

Quel regard avez-vous sur l'arrivée des Qataris au Paris-SG ?


Je n'étais pas gêné au départ. Là, il y a un directeur sportif – Leonardo – qui vient d'arriver, et je n'ai pas le sentiment qu'il fera son marché en France. C'est dommage. Mes contacts à Paris, Alain Roche en l'occurrence, ne sont plus au centre du jeu. Il faut s'adapter. Le marché français s'emballera vraiment à partir du 10 août, comme chaque année, et je reste persuadé que les montants seront identiques à ceux des dernières années.

Propos recueillis par Mathieu Faure

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