Gudjohnsen, un tour et puis s'en va ?

C'est l'histoire d'un mec venu de la même ville que Björk, originaire du dernier pays d'Europe à avoir été peuplé par l'Homme. Eidur Gudjohnsen n'était pas fait pour la simplicité. On parle d'un lascar membre du FC Barcelone 2009, du Chelsea de Mourinho et surement l'un des rares à avoir remplacé son propre pater dans une rencontre internationale. Seulement voilà, depuis quelques mois, Gud traine son spleen à Monaco. Ou l'histoire d'un blond perdu sur le Rocher...

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Le football est une science exacte. Une matière où l'arithmétique est cruelle. Par exemple, combien de buts pèsent Javier Saviola, Oliver Bierhoff, Cristian Vieri et Eidur Gudjohnsen ? Réponse : 762. Sur ce total, combien marqués avec le maillot de l'AS Monaco ? Une misère... 25, dont aucun pour Eidur Gudjohnsen. La stat fait mal à la face. Et malheureusement, un attaquant est jugé - en partie - sur ses statistiques. Pourtant lorsqu'il débarque en principauté en août dernier, on se dit que Monaco a touché le jackpot. Gud est encore jeune (31 berges), sort d'une saison dantesque avec le Barça et jouit d'une solide réputation. Pourtant, l'arrivée de l'Islandais est un bide, un fiasco, une Bérézina, bref vous l'aurez compris, un désastre. 9 matches en Ligue 1, aucun but, aucune passe dé', une lenteur digne des premiers modems 56K.

Force est de constater que l'ancienne gloire de Chelsea n'est pas faite pour la Ligue 1. Trop physique, trop tactique, trop dure, trop de "trop" pour un mec habitué au "moins". Quatre mois après son arrivée, Gudi est écarté et placé – officieusement – sur la liste des transferts. Mine de rien, Gudjohnsen influence les finances monégasques avec ses 250 000 euros par mois ! Bizarrement, ce scénario était prévisible. L'attaquant qui valait 80 buts et 60 assists en six années à Chelsea est en méforme depuis trois ans. Au Barça, le grand blond n'était qu'un joker de luxe. Un bouche-trou. Monaco le savait.

La faute à Savidan

En manque d'un attaquant d'expérience pour épauler les Park, Nimani, Gapké ou autre Sagbo, l'ASM de Guy Lacombe cherchait une perle rare. Un joueur capable d'être un point de fixation, de remiser et de claquer, au moins, une dizaine de buts par saison. Le premier blase couché sur le papier est Steve Savidan. Le profil idoine. D'autant que Stevy connaît la Ligue 1, aime le combat et la sueur. Le hic, c'est que l'altesse Savidan découvre qu'il a un cœur en bois. Il siffle sa fin de carrière et Monaco se retrouve à poil.

Marc Keller, le directeur sportif de l'ASM épluche alors les profils qui squattent son bureau : Arouna Koné (dont on reparle pour janvier), Mame Biram Diouf (Molde/ Manchester United), Mickael Pagis... Les noms ne sonnent pas comme des étoiles. La vérité c'est surtout qu'à l'époque Monaco n'a pas un radis en poche. Le club est dans l'impasse. Mais c'était sans compter sur la Providence. Gudjohnsen est proposé à Monaco, gratos. Seul le salaire est à gérer. L'ASM saute sur l'aubaine. Eidur, c'est une gueule, un palmarès, une starlette. Les fidèles de Louis II voient en l'Islandais un nouveau Morientes. On oublie les échecs Bierhoff, Saviola, Vieri, Chevanton et autre Jugovic. Gud, c'est une valeur sure.

Mais très vite les bouts de matches du nouvel avant-centre ne trompent personne. Le blondinet est à la rue. A l'instar des attaquants au CV extra-large qui ont échoué avant lui, le championnat de France est impardonnable. Mais Dieu fait parfois bien les choses. Sam Allardyce, premier coach du nordique à Bolton, se souvient des entrainements pêchus qu'ils ont partagé sous la pluie. Il sent le coup et se renseigne auprès du staff princier pour attirer le joueur à Blackburn. Pour le moment, c'est la seule piste fiable pour le joueur. Une sortie par la petite porte pour ce nouveau vagabond du foot international...

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