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Guardiola : « Nous, on pense aux joueurs, et les joueurs pensent à eux »

Pour la troisième fois, Pep Guardiola était à Buenos Aires, pour donner quelques leçons de philosophie footballistique. C'était au Luna Park, et on y était.

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Le Mondial de la vitesse, de la contre-attaque, du courage et de la frénésie allait être, selon Pep Guardiola, « un Mondial lent et défensif » . Le meilleur entraîneur du monde - du moins pour les Argentins - peut aussi se tromper. Cette erreur d'appréciation, il l'a reconnue au Sud de Buenos Aires, au Luna Park, un théâtre qui change de face selon l'occasion : c'est ici que s'est jouée la première finale d'un Mondial de basket, en 1950, c'est ici qu'ont combattu Carlos Monzón et El Chino Maidana, c'est ici qu'ont joué Charly Garcia et Spinetta, c'est ici que Maradona a participé au Showbol. Et c'est donc ici que s'est laissé interviewer l'entraîneur du Bayern Munich, devant 5000 personnes.

L'interview est réalisée par Juan Pablo Varsky, un des journalistes les plus prestigieux d'Argentine. Sur la scène : trois fauteuils blancs, une table basse, des bouteilles d'eau minérale et trois écrans géants. Le troisième fauteuil sera occupé par deux personnes pendant la soirée : d'abord, Guillermo Francella, un humoriste argentin, fan de Racing, et ensuite, un homme qui a retrouvé le sourire, Gerardo Martino. La discussion s'est vendue sous le titre du « Mondial selon Pep  » , même si Guardiola a finalement peu parlé de la Coupe du monde. « Il est chouette » , a-t-il dit à son sujet au début, avant d'ajouter : « Pourvu que Del Bosque reste, c'est l'entraîneur idéal pour n'importe quel moment de la sélection espagnole. Le football doit beaucoup à cette génération de joueurs. » Plus que la Coupe du monde de l'attaque, dit-il, c'est celle de la contre-attaque et de tous les candidats : Hollande, Brésil, Argentine. « Mais seule l'Allemagne sait gérer les deux styles : le football de contre-attaque et le football de possession. Que ce soit avec de l'espace ou avec huit ou neuf défenseurs qui l'attendent, elle sait comment gagner. »

« Ce Messi est meilleur que celui que j'entraînais »

Guardiola a parlé environ une heure et demie, dont quarante minutes de l'homme qui intéressait le plus le public, en partie des cadres et chefs d'entreprises qui ont payé 150 dollars pour une place au premier rang : Messi. « Il y a cinq ans, quand ici en Argentine vous le siffliez, lui me disait qu'il voulait se sentir comme il se sent aujourd'hui avec la sélection. Il en rêvait. Au fond, on veut tous être aimés. C'était une question de temps. » Pep ne l'a presque jamais appelé Messi au cours de la soirée. Il disait « El Pequeño » . « C'est le genre de cracks qui dépassent notre manière de voir les choses, c'est une erreur de croire que l'entraîneur arrive à son cerveau. C'est lui qui arrive au cerveau de l'entraîneur, il arrivait au mien. El Pequeño n'avait pas besoin de conseils. Je serais proche de l'imbécilité si je pensais que j'ai quelque chose à voir dans ce qu'il a fait. Ça se voit aujourd'hui : ce Messi est meilleur que celui que j'entraînais. Je ne l'ai jamais vu se tromper sur un terrain : la décision qu'il prend est toujours la bonne. »

Les cadres et chefs d'entreprises étaient là pour quelque chose en particulier : ils voulaient écouter Pep parler de gestion de groupe. « La clé, c'est de gérer les égos » , dit-il, utilisant comme exemple le cas le plus célèbre de sa carrière : Messi et Ibrahimović. « C'est le terrain qui décide. Un match de Ligue des champions se présentait, et qui nous qualifiait ? El Pequeño. Chaque joueur a un rôle. Si nous acceptions tous que Messi est Messi, ça serait génial. Mais si un autre veut occuper son rôle, alors on fait tout foirer. » C'est ainsi qu'il conclut sa théorie : « La relation avec le joueur est une négociation, il faut trouver un bénéfice pour les deux parties. Si le joueur n'y trouve pas son compte, ça ne fonctionnera pas sur la durée. Eux, ils veulent bien jouer. L'équipe, oui, aussi, mais ils pensent d'abord à eux. Comme disait Del Bosque : nous, on pense à eux et eux, ils pensent à eux. Les joueurs sont des cons. Et gérer le succès sera toujours le plus difficile. Avec le Bayern, on a gagné deux titres cette saison, mais on dirait que ça n'a servi à rien. »

C'était la troisième visite de Guardiola à Buenos Aires. La nuit précédant la conférence, il a dîné avec César Luis Menotti, comme lorsqu'il a décidé de devenir entraîneur, il y a six ans. « Un collègue m'a dit un jour : il n'y a pas de bons ou de mauvais entraîneurs, il y a des entraîneurs courageux ou peureux. » Un entraîneur courageux, comme lui, qui a vu la majorité des matchs du Mondial comme des millions de supporters : à la télé. « Pourvu qu'un jour un pays me veuille pour emmener l'équipe dans une Coupe du monde. » En attendant, l'entraîneur du Bayern Munich remplit un théâtre de Buenos Aires avec sa polaire philosophale.

Par Ignacio Fusco, à Buenos Aires
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WTF, si Pep nous parle de courage on est pas rendu...
Coach Kévinovitch Niveau : Ligue 1
Zlatan et Samuel Eto'o pourront témoigner de l'immense courage de Pep!
Vous en avez mis du temps pour ce compte-rendu ! Tout cela pour attribuer à Guardiola (dans votre titre) les propos de Del Bosque...
150 dollars pour écouter Guardiola ne dire que des bêtises!

A moins que ce qu'il ait dit d'intéressant ne soit pas dans l'article!

Jack Morris Niveau : DHR
"Ceci est une révolution!"

Pep Jobs
Lessavoyardsvousemmerdent Niveau : Loisir
» Un entraîneur courageux, comme lui, qui a vu la majorité des matchs du Mondial comme des millions de supporters : à la télé. « Pourvu qu'un jour un pays me veuille pour emmener l'équipe dans une Coupe du monde. »

A 17 Millions d'euros/an salaire, son espoir a peu de chance d'aboutir..
Apres pour le challenge sportif il pourrait toujours choisir la selection du Qatar pour la CDM 2022..
Pep est au courage ce que Benzema est au collectif...
Il raconte des choses intéressantes et c'est tout ce que vous trouvez à raconter ?

C'est sûr que vous l'êtes vous, intéressants.

@Coach Kévinovitch: Eto'o et Zlatan peuvent surtout témoigner du fait qu'ils ne pensent qu'à eux.
Message posté par Coach Kévinovitch
Zlatan et Samuel Eto'o pourront témoigner de l'immense courage de Pep!


Ajoute Hleb Toure Henry a ta liste.
C'est vrai qu'il ne faut pas de courage pour foutre dehors Ibrahimovic ou Eto'o. Ce genre de décision je suis sur que personne ne lui en a voulu comme le prouvent encore maintenant ces commentaires...

Pep Guardiola a eu du courage de s'en prendre à certains intouchables. Y a pas que eux, il a bien failli envoyer Piqué dans la réserve et David Villa a pas fait mieux que Ibrahimovic au même poste, et j'en passe. Même Mourinho en a chié pour ne faire que la moitié de ça à Casillas au Real par exemple.

Guardiola gère pas super les joueurs, ça fini généralement pas terrible, mais par contre les couilles de laisser ceux qui ne vont pas sur le banc, il les a. Et ne pas se marave avec Ibrahimovic ou Eto'o, c'est pas un manque de courage mais de l'intelligence quand on est entraineur.

Je crois pas que Guardiola soit un entraineur aussi exceptionnel qu'on le dit, justement à cause du nombre de fois où ça s'est mal passé avec certains joueurs, mais c'est pas demain que je donnerais raison à priori à égo Eto'o ou Ibrahimovic "un club par an" (y a bien une raison hein...) plutôt qu'à un Guardiola.
Guardinho Niveau : CFA2
Contre-attaque et courage ne sont pas incompatibles avec "défensif".
Pour ce qui est de la frénésie, je sais pas exactement ce que vous collez derrière ce terme.

Reste la vitesse... si vous pensez à Robben ou Messi, je veux bien. N'empêche qu'au sortir des 1/8e de finale, force est de constater que la majorité des rencontres se sont conclues après prolongation, sur des scores étriqués. Et je n'ai pas vu des masses de cavalcades héroïques, le climat jouant probablement un rôle dans tout ça, j'admets...

Bref, faut pas non plus faire une fixette sur les matchs de poules, qui par principe vont proposer des rencontres moins couperet, plus ouvertes et aussi plus déséquilibrées.

Après, je note quand même que les supposés gardiens du temple en matière de jeu (vista, vitesse, virtuosité, etc...) sont quasiment tous aux fraises pour diverses raisons : Brésil, Argentine, Espagne, Pays Bas qui sont à des années lumières des génération 98, 2000, 2008 ... l'Italie qu'on attend aussi sur ce registre désormais n'a pas été dingue, loin s'en faut.

Inversement, les "petits" ont su tenir tête à ce beau monde parce qu'ils ne sont plus "naïfs", et surtout parce qu'ils ont gagné en discipline : je pense notamment au Chili ou au Nigeria,.

Restent la Colombie ou l'Allemagne, chacun à un bout du "spectre".
Mais pour le coup, je suis surpris de voir à quel point leurs défenses sont pas franchement secure. Sérieux, Mertesacker/Boateng, c'est la meilleure chance des Français pour les 1/4 (ça, plus le fait qu'Ozil et Götze viennent alimenter la longue liste des N°10 qu'on s'acharne à utiliser n'importe comment parce qu'on est en 2014, bordel).

Ce n'est peut-être pas un mondial lent et défensif, mais je n'irais pas jusqu'à dire non plus que c'est le mondial qui a proposé le plus de choses pour ce qui est d'attaquer.
Un mondial du milieu donc ? Pas si étonnant, quand on sort de 5 ans de règne espagnol.
nasser aimkelesfill
Mouais je suis pas fan ni de mourinho ni de guardiola mais comparer le statut de casillas a madrid et de ibra ou eto'o a barcelone faut le faire.

Mourinho a mis casillas sur le banc l'embleme du madridisme. Tout le monde lui a craché dessus et quand ancelotti fait de même plus personne ne parle. Après ancelotti est politique donc il l'a mit sur les coupes tandis que mou était dans le conflit perso, mais pas que.

Au final on voit que Casillas n'est plus au niveau maintenant que ibra peut jouer dans un collectif si il est la star. Finalement certaines decisions sont les bonnes de la part des deux. Après y'a la maniere de le faire. Mourinho ne parlait pas a casillas et pareil pour guardiola avec eto'o et ibra. Du coup ces deux entraineurs surmediatisé (a tord a mon gout) sont loin d'être des personnes courageuses.
Note : 1
Très bon ce qu'il dit sur Messi.

Grand fan du Barca de Guardiola et Messi, j'ai du mal à comprendre les critiques envers ce coach.

Il a quand même dépassé le statut d'entraineur qui "gagne", avec lui on est plus dans la philosophie de jeu.

Peu d'entraineurs dans l'histoire du football sont rattachés à un style de jeu performant et révolutionnaire.

Le Barca et lui l'ont fait. Et pas qu'une année.
Message posté par eolaslys
Pep est au courage ce que Benzema est au collectif...


Il est très courageux donc ? Ou t'as jamais vu jouer Benzema et tu colportes des clichés sans réfléchir à tes propos.
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