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Guardado, le petit aigle

Le lundi 27 juillet, le Mexique remportait la septième Gold Cup de son histoire dans cette édition 2015 organisée aux States et au Canada. Et en finale,c'est Andrés Guardado, aka « El Principito » , qui a ouvert le score face à de vaillants Jamaïcains. Tout sauf un hasard.

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Au Lincoln Financial Field de Philadelphie qui accueille cette finale de Gold Cup 2015, le numéro 18 de la Tri a, ce soir encore, démontré qu'il portait toute la sélection mexicaine sur son dos. Désigné deuxième meilleur buteur de la compétition avec six réalisations, Andrés a surtout scoré les buts qui comptent. Double. Le Costa Rica a été la première victime de « El Principito » ( « Le petit prince » en V.F) en quart de finale grâce à un penalty victorieux en toute fin de match. Rebelote contre le Panama en demi, toujours grâce à l'aide de Guardado, mais aussi de l'arbitre qui siffle généreusement deux autres penaltys pour les Mexicains. Si Andres les transforme, il ne les célèbre pas. Pourquoi ? Réponse après le second : « Je n'ai pas célébré ce penalty car il me laisse un goût amer. Tout comme je l'ai dit à l'entraîneur du Panama, malheureusement, nous les joueurs, nous ne sommes pas responsables des erreurs d'arbitrage qui peuvent se produire lors d'un match » , expliquera-t-il à ESPN. Un aveu qui en dit long sur la personnalité de ce petit gars d'un mètre soixante-neuf. Une modestie qui détonne face à l'image du footballeur moderne. Avec Guardado, pas de vague, pas de bling-bling, juste du foot.

Le petit gars de Guadalajara


José Andrés Guardado Hernandez grandit à Guadalajara dans l'état du Jalisco. Comme la plupart des gamins de son quartier, le petit dernier de la famille a un ballon de foot à la place du cerveau. L'école en revanche, c'était loin d'être son truc. La plupart du temps, ses potes et lui fuient la salle de classe pour aller se frotter aux meilleurs joueurs du coins. Mais également pour aller trainer autour des rings de Lucha Libre, la version mexicaine du catch. À défaut de devenir le prochain Rey Mysterio Jr, le petit voit sa carrière de footballeur lancée par son paternel, Andrès Manuel, qui lui paye sa première licence au collège Vista Hermosa. Un établissement affilié à l'Atlas Futbol Club, le plus prestigieux du coin. Il y fait ses premières classes et, chose peu commune dans cette région du globe, pose les bases de son jeu sous les ordres d'une femme, Virginia Tovar, accessoirement devenue la première femme à arbitrer en première divison mexicaine. Vif, rapide, technique, Andrés brule les étapes et survole toutes les équipes de jeunes des Rojinegros avec une facilité déconcertante. Son talent impressionne et, à 18 ans, il joue son premier match de Liga MX face au C.F Pachuca en 2005. Une ascension fulgurante qui fera chavirer plus d'une fois l'enceinte de l'Estadio Jalisco entre 2005 et 2007. 64 matchs pour un total de six buts, dont quelques missiles dans les lucarnes, et sept passes décisives. Au delà des chiffres, c'est surtout son impact dans le jeu qui séduit les supporters des Zorros. Des prestations explosives qui le propulseront dans la liste de Ricardo La Volpe pour le Mondial 2006 en Allemagne. Là encore, il se montre régulier, déterminé et généreux dans l'effort. Au point de devenir le nouveau visage de cette sélection mexicaine en pleine renaissance. Le parcours de la Tri s'arrête en quarts de finale, mais Guardado, lui, tape dans l'œil de plusieurs grands d'Europe. Le Real, la Juve, mais aussi la Roma s'intéressent à lui. Sauf qu'à la surprise générale, c'est au Deportivo La Corogne qu'Andrés débarque durant l'été 2007.

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« Speedy » ronge sa laisse


Un transfert aussi opaque que complexe sur lequel Andrès est brièvement revenu dans une interview accordée à ESPN Deportes en 2015 : « Les clubs mexicains disaient que leurs joueurs étaient médiocres, et qu'ils restaient au pays parce qu'ils y étaient bien payés. Au fil des années, je me suis rendu compte que beaucoup de joueurs avaient des offres et voulaient partir, mais que les propriétaires essayaient toujours de vendre leurs joueurs comme s'ils étaient des Messi. » . Peu importe, la nouvelle recrue s'éclate avec le club galicien et régale le Riazor grâce à des chevauchées folles, des passes venues d'ailleurs et des buts de dingues. En tout, « El Principito » affichent pas moins de vingt-cinq pions et trente-quatre passes décisives en 143 matchs joués sous les couleurs du Dépor'. Après quatre saisons dans l'élite, le club blanquiazul descend en Liga Adelante, mais Guardado reste fidèle et sort une énorme saison pour faire remonter l'ascenceur à l'échelon supérieur. «  C'est comme ma deuxième maison en Espagne. On a tout connu ensemble : des montées, des descentes, des blessures, de belles choses, de moins belles » , confiera-t-il plus tard à Marca. Le sentiment du devoir accompli, le numéro 18 décide de franchir un nouveau palier en s'engageant avec le FC Valence pour la saison 2012/2013. D'ailier gauche flamboyant, le gamin de Guadalajara est transformé progressivement en latéral besogneux par son coach, Ernesto Valverde. Après une seconde saison compliquée où il plafonne à seize matchs, El Principito est prêté au Bayer Leverkusen. Un véritable fiasco et une saison presque blanche plus tard, il met le cap vers les Pays-Bas et le PSV Eindhoven. Le bout du tunnel.

Le Guardashow


Avec la puissance offensive des Rood-Witten, menés par le duo Depay-Wijnaldum, Phillip Cocu décide de placer Guardado devant sa défense. Un pari payant. Andrès est étincelant dans l'entrejeu du PSV et, malgré des stats toujours aussi insuffisantes, il brille encore et toujours par son implication, sa grinta, et sa facilité à briser les lignes. Un véritable couteau suisse à la disposition de son coach. Qui le lui rend bien. « Je me sens très à l'aise dans cette position que le coach a occupée pendant longtemps. On parle beaucoup avec Phillip Cocu, c'était un grand joueur à ce poste, alors qui de mieux que lui pour m'aider à m'améliorer ? » , s'interrogeait-il toujours dans Marca. Champion des Pays-Bas lors de sa première saison, le capitaine de la Tri est surtout devenu le chouchou du Phillip Station, qui ne manque pas de lui rappeler tout l'amour qu'il lui porte. Comme lors de ce PSV-Groningen l'année dernière, où ses supporters ont déployé un superbe tifo aux couleurs du Mexique accompagné d'une banderole en espagnol : « Nuestra Águila de Oro es Mexicana. Tiene que estar en el PSV Eindhoven. Nuestra casa es tu casa, Andrés » . » Soit en VF : « Notre aigle d'or est mexicain. Sa place est au PSV Eindhoven. Notre maison est ta maison, Andrès. » . Le petit aigle a enfin trouvé son aire.

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Par Gad Messika
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