Grougi : « La chance d'être inconnu »

Reconnaissable entre tous par sa nuque longue tressée, le Brestois Bruno Grougi a donné le coup d'envoi de sa saison en inscrivant son premier but le week-end dernier à Monaco (1-0). Confortablement installé à la 5ème place du championnat, le milieu offensif originaire du Calvados refait le début de championnat.

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Qu'est-ce qu'on profite de faire durant la trêve internationale ?


Étant donné qu'on a plus de temps, on en profite pour être avec la famille, avec les petits. C'est toujours agréable. A l'entraînement, on a plus mis en avant le jeu, la récupération physique car les entraînements sont plus courts. Pas mal d'oppositions notamment. Niveau supporters et médias, il y a moins de monde aux entraînements. On sent qu'il n'y a pas d'échéance.

On suit l'actualité de l'équipe de France ?


On reste supporter avant d'être joueur donc oui on suit les événements. Moi perso je suis très confiant. J'aime beaucoup Laurent Blanc et la philosophie qu'il essaye de mettre en place : essayer d'intégrer le maximum de membres de la Ligue 1 et de mettre des joueurs méritants sur la forme actuelle. Il faut attendre quelques matchs car les résultats ne vont pas tomber direct.

Vous restez sur trois victoires d'affilée à l'extérieur. Comment expliquez-vous cette statistique ?


Notre force, c'est la récupération de balle et la solidité collective. Le fait de ne pas prendre de buts, ça nous permet d'avoir des résultats. Puis on réussit à marquer de par nos contres. Peut-être qu'à l'extérieur on a un jeu plus adéquat, car on se projette vite de l'avant et défensivement on est costauds. Pour être bon à l'extérieur, en toute modestie, on a ce qu'il faut.

Alors qu'à domicile vous êtes obligés de faire le jeu....


À domicile on doit pratiquer le football qu'on pratiquait l'année dernière. On se doit de créer le décalage et de produire beaucoup de jeu. On a vu sur les premiers matchs que ce n'était pas forcément payant. On a changé notre fusil d'épaule mais je reste persuadé que malgré tout on va y arriver à domicile. C'est juste une question de détails. Je suis peut-être un peu trop confiant mais il y a pas grand-chose à révolutionner dans notre jeu à domicile pour y arriver.

Qu'est-ce qui fait la différence entre la Ligue 2 et la Ligue 1 pour que vous n'arriviez plus à produire votre jeu fleuri de la saison dernière ?


Techniquement les équipes nous posent plus de difficultés. L'année dernière, on avait un jeu vachement basé sur le harcèlement et le pressing offensif. On avait la possibilité de récupérer beaucoup de ballons dans le camp adverse, ce qui facilitait l'attaque derrière parce qu'elle partait de moins loin. Cette année, on tombe sur des équipes qui sont très à l'aise. Donc malgré le pressing, ils arrivent à s'en sortir et à nous mettre en danger. On récupère les ballons moins haut donc on est obligé de repartir de derrière. On s'appuie plus sur de l'attaque-défense. On laisse l'équipe adverse attaquer et dès qu'on a la possibilité, on essaye de contrer. C'est un autre football que l'année dernière mais ça nécessite beaucoup de capacités physiques.

Ce type de jeu vous profite-t-il plus ou moins ?


Perso je suis pas persuadé que ce schéma me désavantage. Défensivement, ça demande plus d'efforts que l'année dernière mais il faut que je travaille là-dessus pour répéter plus d'efforts. Montrer au coach qu'il a besoin de moi dans le jeu.

« Malgré la défaite, on est sorti sous les applaudissements »

Lors du match contre Monaco, vous avez marqué votre premier but de la saison. Après le match, vous avez déclaré avoir parlé la semaine précédant la rencontre avec Alex Dupont. Qu'est-ce que vous vous êtes dit ?


Dans ma tête, je m'étais dit que soit le coach joue avec deux attaquants -Nolan et un deuxième vrai à côté de lui- soit il joue avec moi. Je pensais à tort qu'il fallait que je me comporte comme un deuxième attaquant et que j'essaye de prendre les profondeurs. Alors que pas du tout. C'est pas ce qu'il me demande. Il me demande de rester comme je suis et d'être derrière Nolan et pas devant lui. Laisser Nolan prendre la profondeur et moi être à l'affût sur les deuxièmes ballons pour éventuellement envoyer quelques frappes. Maintenant je sais sur quel point il faut que je travaille.

En juin, vous vous attendiez à quoi en ce début de saison ?


Quand le calendrier est sorti, on n'aurait pas pu se dire qu'à cette période là nous serions cinquièmes. En toute sincérité, on ne pense qu'au maintien. Un parcours à la lensoise l'année dernière, ça nous irait très bien (maintien assuré à trois journées de la fin ndlr).

Comment vous expliquez cette 5ème place ?


Quelque part, les équipes adverses nous connaissent très peu. On débarque. Autant Caen, qui a tout écrasé l'année dernière, les équipes se méfient. Mais nous, on a cette chance que les équipes ne nous connaissent pas. Peut-être que certains nous ont pas pris au sérieux. On a la chance d'être inconnus. Sur les matchs aller, on va peut-être en surprendre plus d'un. Aux matchs retour, en revanche, ça sera une autre donne.

Est-ce aussi le calme qu'il peut y avoir autour d'une ville comme Brest qui joue en votre faveur ?


Aussi oui, ça participe de notre modestie. On n'est pas les rois du monde. Tout va passer par la sueur et le travail. Ici les gens sont foot et supportent leur équipe avant tout. Même si on passe à côté du match et qu'on n'est pas en forme, du moment qu'on se vide, les gens te soutiendront toujours. Je viens de Clermont qui n'est pas une ville foot. Quand je suis arrivé là, ça m'a vraiment choqué. L'année dernière, il y a un match où on est passés à travers contre Sedan. On est sortis sous les applaudissements. Malgré la défaite à domicile qui a été lourde ce jour-là, les gens sont tolérants. On n'a pas été bons mais on s'est donné à fond. Les gens ont retenu cela.

Que vous inspire le fait que ça soit les petits ou moyen qui squattent la tête de la Ligue 1 ?


Sans être méchant, ça va à l'encontre de la politique des gros clubs de recruter du lourd et d'aller chercher des stars. On voit qu'avec des équipes de joueurs modestes et au budget serré, on peut arriver à de belles choses grâce à la solidité d'un groupe. Après, c'est bien pour un joueur comme moi car on n'est pas des stars et être en haut de l'affiche, ça fait plaisir. Au fond de nous-mêmes, nous sommes fiers d'avoir de la reconnaissance.

D'autant plus dans une ville comme Brest que les gens ont tendance à oublier car perdue au bout du monde. Pour preuve, la présentatrice météo se met à chaque fois devant...


Depuis que je suis là, j'ai toujours été très bien accueilli par les Bretons. Quand je rentre en Normandie et qu'on se fout de la Bretagne, tu défens naturellement la région. A part les gens qui y vivent et les gens comme moi qui viennent y vivre, les gens ne peuvent se rendre compte à quel point on est bien ici. C'est un peu irritant que les gens se moquent des habitants et de cette ville.

Même vous, avouez que vous avez dû avoir des réticences avant de venir à Brest...


Avant même que Brest me contacte. Quand Steve Elana m'a dit ‘Je vais jouer sur Brest', je lui ai répondu : “Waouh t'es fou cousin. Tu viens de Marseille ! Qu'est-ce que tu vas faire là-bas ? En Martinique il fait chaud et toi tu vas là-bas”. Dans un premier temps, tu as cette réaction. Mais après quand ils m'ont contacté, franchement j'étais passé par Cherbourg et je savais que ça a été dur. Et Steve m'a dit que des bonnes choses sur Brest donc j'ai pas hésité.

Enfin les objectifs, quels sont-ils ? Et ne me répondez pas le maintien...


En Coupe, comme nous allons rentrer en 32ème de par le fait que nous soyons en Ligue 1, j'aimerais bien atteindre les 8èmes, car mon dernier parcours s'est arrêté à ce stade-là. Mais tout dépendra du tirage. Et en championnat...(Rires)...Ouais c'est le maintien. Je me ferais couper la gorge si je disais qu'on jouait la 5ème place.

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