1. //
  2. //
  3. // Grenade-Leganés

Grenade risque d'imploser

L'arrivée d'investisseurs chinois et de Paco Jémez devait signifier le début d'une nouvelle ère à Grenade. Après six journées, le coach au crâne luisant a été débarqué, faute de résultats et de cohérence. C'est déjà l'alerte rouge chez les Nazarís.

Modififié
916 1
Pendant sept ans, de 2009 à 2016, Grenade a été considéré comme l’extrémité sud du triangle des Bermudes footballistique dessiné par l'homme d'affaires Giampaolo Pozzo. Watford en Angleterre, l'Udinese en Italie, Grenade en Espagne, et des échanges réguliers de joueurs entre les trois entités. En mai dernier, quelques semaines après que Radio Barcelona a révélé que le groupe Pozzo était soupçonné de fraudes fiscales à hauteur de douze millions d'euros, le « Grana » est vendu au groupe chinois Desport pour une somme avoisinant les 37 millions d'euros.


La fin des petites magouilles, se disent les supporters. Surtout que ce nouveau propriétaire offre un beau cadeau d'arrivée : Paco Jémez. Même s'il n'a pu empêcher la descente du Rayo Vallecano, son style de jeu est une référence, une garantie de spectacle. Ce n'est pas pour rien s'il a été longtemps pressenti pour prendre la suite de Vicente del Bosque avec la Roja. Et même s'il a réalisé des miracles avec le club de la banlieue de Madrid, Jémez a besoin d'une équipe en adéquation avec les ambitions nazarís. Ça n'a pas été le cas.

L'été en pente douce


La lune de miel n'a pas duré bien longtemps, l'espace d'un match contre Villarreal (1-1). Dès la deuxième journée de Liga, Grenade prend une rouste à Las Palmas (5-1). « On était très optimiste avec Jémez, explique Adrien Rodríguez, fondateur de la Peña Granada CF Francia basée à Narbonne. C'était le genre de coach qu'il nous fallait. Or, dès le début, on a vu que ça coinçait. Je pense qu'il a été déçu par les nouveaux dirigeants et qu'il s'attendait à un autre mercato. » Le changement de gouvernance a plongé l'institution dans une certaine léthargie : « On a l'impression que le club s'est arrêté de vivre, lâche Kevin, éminent membre de la peña Francia et manifestement exaspéré. Un exemple : la seule recrue, c'est Matthieu Saunier. Il est arrivé pour faire le nombre, sans l'aval du sportif et seulement car il était d'accord pour venir en janvier. Donc depuis janvier, rien n'a été fait ! Desport n'a rien anticipé. Et cette fois, tu n'as plus l'Udinese pour te lâcher deux, trois remplaçants. Du coup, tu te tapes du prêt de seconde zone, car les joueurs libres sont partis vite. Grana paye cet été de transition. »

Des joueurs majeurs ont quitté l'Andalousie. Adalberto Peñaranda a rejoint l'Udinese via Watford (mouvement conclu en janvier), Isaac Success a rejoint... Watford (un départ bouclé officiellement en juin, mais initié et validé bien plus tôt). Pas bêtes, les Pozzo. Youssef El Arabi, meilleur buteur de l'histoire du club en Liga, a signé à Lekhwiya (Qatar), Rúben Rochina a rallié le Rubin Kazan contre 10 millions d'euros et Fran Rico a été prêté deux ans à Éibar. Jémez s'est quasiment retrouvé devant une feuille blanche. Ce qui n'a pas empêché le sosie espagnol de Lagaf de pratiquer son football kamikaze.

Fuite en avant


Difficile de bâtir un projet de jeu ambitieux quand la communication entre l'entraîneur et le vestiaire laisse à désirer. « Personne ne se comprenait, affirme Adrien. On connaît le caractère de Jémez. Il est resté sur ses principes et il n'y a jamais eu de cohésion, peu d'automatismes. Ses choix étaient très bizarres, les groupes jamais les mêmes, sans parler des compositions. On a eu l'impression qu'il se sentait trahi par les dirigeants et qu'il cherchait à se faire dégager. »


Pêle-mêle, en l'espace de six matchs, Jémez a donné le brassard de capitaine à trois joueurs, s'est brouillé avec Isaac Cuenca et pour son ultime match contre Alavés (défaite 3-1), il a retenu trois gardiens et à peine quatre défenseurs avant de sortir Omer Atzili au bout de 25 minutes, alors qu'il était entré à la pause. « Le recrutement en attaque avait l'air bon, mais la défense, c'est catastrophique, se désespère-t-il. On a déjà encaissé 15 buts, et même si Memo Ochoa est souvent héroïque, il ne peut pas tout faire seul. Franchement, je ne vois pas comment la dynamique aurait pu s'inverser. » Manque d'équilibre, prises de risques inconsidérées compte tenu de l'effectif : Jémez s'est fait hara-kiri pour reprendre les termes de Marca lundi dernier.

L'énergie et le désespoir


Toujours en quête d'un premier succès cette saison, Grenade reçoit Leganés, un promu qui réussit un beau début d'exercice. Selon toute vraisemblance, c'est l'entraîneur de la B, Lluís Planagumà, qui sera sur le banc. Pour le moment, l'identité du nouveau coach n'est pas encore connue, mais Pepe Mel a déjà fait acte de candidature en postant sur Instagram une photo lors de son passage à Grenade en tant que joueur.

#me #instamoment #instaphoto #onceuponatime #granada

Une photo publiée par Pepe Mel (@pepe__mel) le


Sans poste depuis sa démission d'Elche une semaine après son arrivée en juillet, Lucas Alcaraz pourrait revenir, deux ans après son départ. « C'est du déjà-vu, se lamente Adrien. C'est une roue de secours parce que c'est un gars du pays. Il est abonné au club, il adore sa ville, mais niveau tactique, ça reste faible et on s'ennuie.  »

Vu sa dernière expérience à Levante avec un pourcentage de victoires inférieur à 25%, son profil ne rassure pas des masses. Et Joaquín Caparros, en quête effrénée d'un banc depuis son limogeage de... Grenade ? « Lui, il est banni ! Il est resté cinq mois, jusqu'en janvier 2015. Il a été scandaleux. Il s'est fait virer et a ruiné le club en prenant un chèque de trois millions d'euros ! » Même si l'heure est aux doutes, les supporters continuent de croire en leur bonne étoile. La saison dernière, le club s'est sauvé in extremis, et c'est reparti pour un tour de manège. « Les Granadistas sont tristes, mais ils ne lâchent pas leur équipe, conclut Adrien. On a vu beaucoup de tweets et de commentaires sur Facebook via le hashtag #NosotrosNuncaFallamos. Il y aura de nombreuses animations samedi, parce que c'est un match vraiment important. » L'occasion d'enflammer Los Cármenes et de croire à un nouveau sauvetage. On est à peine en octobre et le temps est déjà compté pour Grenade.

Par FM Boudet
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Dans cet article

saddam_usain_bolt Niveau : DHR
Le Sunderland espagnol. Ça fait des années que ces cons méritent de descendre, et qu'ils s'en sortent miraculeusement lors des dernières journées.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
Article suivant
Mammana split
916 1