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Grégory Paisley : « J’ai surtout refait ma garde-robe à Strasbourg »

Troyes-PSG, au vrai, c’est le Paisley-ico. Formé dans la capitale, Grégory Paisley aura traîné son bagout et sa bonne humeur un peu partout (Sochaux, Rennes, Nice, Guingamp, Metz, Strasbourg), mais surtout à Troyes où il a croisé Jean-Marc Furlan, Benjamin Nivet et Blaise Matuidi. Dans l’Aube, pas loin des usines qui vendent des fringues à moitié prix, le gaucher n’a pas tellement fait chauffer sa carte bancaire, mais a pris plaisir avec un ballon. Entre deux tentatives d’initiation au golf, Grégory Paisley raconte le football des années 2000.

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Grégory, sois honnête, quand tu signes à Troyes, c’est pour refaire ta garde-robe avec les usines de fringues dégriffées.
Même pas puisque j’ai découvert cette spécificité une fois sur place. C’est plus à Strasbourg que je me suis fait plaisir avec les fringues, t’es pas loin de l’Allemagne où les usines BOSS te permettent de te saper moitié prix. Et puis à Troyes, les usines dégriffaient avec deux ans de retard donc tu te retrouvais à porter du FILA au milieu des années 2000 et tu ne ressemblais à rien.

Pourquoi Troyes, alors ?
Au départ, j’étais à Sochaux où sportivement tout se passait bien. On jouait l’Europe, l’équipe avait de la gueule mais au bout de deux saisons, j’avais envie de me pendre. Je suis un mec de Paname, alors Sochaux c’est vraiment très petit pour moi. Il faut survivre. Je voulais absolument retrouver une ville, quelque chose de plus grand. À ce moment, Jean-Marc Furlan me contacte mais Troyes est seulement promu en Ligue 1 et je n’ose pas y aller. Alors je fais le choix de Metz. Une erreur. Pendant six mois, ça se passe très mal et au mercato d’hiver Furlan me retend la main. Je dis banco. Ça s’est tellement bien passé que je l’ai suivi à Strasbourg après nos 18 mois en commun à Troyes.


Difficile de dissocier l’ESTAC de Jean-Marc Furlan, pourquoi ?
C’est un personnage du club, il est connu comme le loup blanc. Au quotidien, c’est du plaisir de bosser avec lui. Son credo est simple : jouer au football. En tant que joueur, tu peux difficilement faire mieux comme fil rouge.


Pourtant ça ne marche pas souvent comme idée de jeu, il est souvent dans l’ascenseur…
C’est tout à son honneur de vouloir jouer au football avec un effectif réduit, promu et sur une saison entière. À Strasbourg, on a failli le faire. Mais il y a beaucoup de paramètres qui rentrent en compte quand tu montes de Ligue 2 en Ligue 1 pour te maintenir : les blessures, les victoires rapidement, être solide à la maison, etc. En général, sur les trois promus, t’en as souvent deux qui redescendent illico. C’est une mission compliquée. Jean-Marc ne sait pas bétonner, c’est contre sa nature. Et aller contre son instinct, c’est contre-productif. Il n’a jamais voulu céder à cette facilité.

« Après c’est simple, en France, quand tu ne peux pas jouer dans le top 5, tu fais très vite une croix sur les grosses villes alors tu réfléchis autrement. » Grégory Paisley

Quand on vient de Paris et qu’on débarque à Troyes, on est forcément dépaysé non ?
C’est une petite ville à taille humaine, tu as très rapidement une bonne qualité de vie. Et puis tu es à 1h30 de Paris, donc tu peux rentrer voir ta famille et tes potes dès que tu as des jours de repos. Après c’est simple, en France, quand tu ne peux pas jouer dans le top 5, tu fais très vite une croix sur les grosses villes alors tu réfléchis autrement. Troyes, c’était un coach qui voulait jouer au football, un bon groupe, un coin sympa et proche de ma famille.


On écoute ses proches quand on choisit un club. Par exemple ta femme, tu lui vends comment l’idée d’aller à Troyes ?
Oui, ça compte dans ta réflexion quand t’es dans un couple équilibré. À ce moment, on n’avait pas encore d’enfants, donc c’est entre elle et moi. À Sochaux, avec la Coupe d’Europe, on jouait tous les trois jours et j’étais souvent absent. Elle passait donc de longs moments seule à la maison. Alors quand je lui ai proposé d’aller dans une plus grande ville, proche de sa famille, tu as vite la réponse.


Pas besoin de sortir la carte des magasins de fringues alors ?
Ahah, non, pas du tout. Ma femme est comme moi, plutôt à l’ancienne, simple. Les sacs Louis Vuitton, ce n’est pas son truc. On est casanier alors les boutiques, elle s’en fout un peu. On voulait surtout être proches des nôtres.

« À Troyes, Blaise Matuidi me faisait peur quand il courrait car j’avais l’impression qu’il allait se péter au moindre contact à force de placer son corps bizarrement. » Grégory Paisley

À Troyes, tu as connu Benjamin Nivet qui joue encore à l’ESTAC à 39 ans.
C’est l’ADN de Troyes. C’est le joueur-club par excellence et ça se perd de nos jours. C’est un mec fidèle, même s’il a joué 5 ans à Caen, qui représente le jeu troyen. C’est un milieu offensif et il est encore dans le rythme à plus de 35 ans, c’est génial. Il n’a plus son coup de rein mais il voit tout avant les autres.


Dans l’Aube, tu as également joué avec un jeune milieu de terrain de 18 ans, un certain Blaise Matuidi.
Le potentiel était déjà là. On jouait avec un milieu en losange et il était tout seul en pointe basse. Il courrait partout, même moi il me fatiguait car il allait chasser les attaquants dont je m’occupais. Je lui disais d’arrêter, de s’économiser. Il avait un abattage de cinglé, le gamin allait chasser dans les pieds de tout le monde. Il avait déjà cette force, cette faculté à faire des courses. Et puis c’est un bosseur avec un mental en acier. Je ne vais pas te mentir, je ne l’imaginais pas à ce niveau, à savoir un titulaire indiscutable en équipe de France.

Il était déjà aussi peu académique visuellement ?
Il était désarticulé, rarement coordonné. Il me faisait peur quand il courrait car j’avais l’impression qu’il allait se péter au moindre contact à force de placer son corps bizarrement. C’est pour ça qu’on l’appelait la pieuvre, il mettait ses jambes partout. C’est un mec qui n’a pas toujours des positions de footballeurs très catholiques mais il récupérait tous les ballons. À seulement 18 ans, il était déjà incroyable.


Mathématiquement, Troyes n’est pas encore condamné mais tu y crois encore ?
Ils sont condamnés depuis la trêve. Quand tu ne gagnes pas un match sur la phase aller, comment tu peux espérer en gagner dix sur les matchs retours. Bien entendu, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, mais au fond de toi, tu le sais. J’ai connu des descentes, des séries noires, tu le sais très vite quand ça pue.

« Après ma blessure au genou, je me suis adapté à mon corps, à mes nouvelles sensations. Je vais être franc, par rapport à ce que j’avais envisagé, j’ai pris un itinéraire bis. » Grégory Paisley

Comment tu peux rester concentrés quand t’es dans le dur depuis six mois ?

Deux choses te maintiennent en vie. L’amour propre, déjà. Tu ne veux pas être ridicule. Et en tant qu’homme, c’est un peu la honte alors tu veux relever la tête. Et puis t’es en Ligue 1, tu t’es cassé la pipe en Ligue 2, un championnat galère, donc tu as envie de profiter jusqu’au bout. Tu veux te montrer au final, c’est le sport collectif le plus individuel. À un moment donné, tu veux jouer ta carte.

Le PSG c’est bien pour se montrer ?
Comme tout le monde te voit perdre, tu veux montrer quelque chose d’autre. Après tout, t’es dans l’élite du football français, tu n’es pas là par hasard et t’as envie de le montrer aux autres.

Tu as connu combien de relégation ?
Trois. Avec trois clubs promus : Le Havre, Strasbourg et Troyes. Mais je le savais en début de saison. En rejoignant un promu, tu sais que tu dois te préparer à souffrir.


Toi qui a été formé au PSG, difficile de ne pas te parler de ton club de cœur. Tu as des remords de ne pas avoir réussi à percer là-bas ?
Des regrets, plutôt. Je regrette de ne pas avoir eu la chance sur la durée. À 21 ans, je commençais à m’installer dans le couloir gauche, je me montrais et j’enchaînais les titularisations et puis je me suis pété le genou. Je me suis détruit sur un match de Coupe de France qui avait été reporté. La fatigue, le terrain, bref, je me suis pété comme il fallait : ménisque, ligaments internes, tout. J’ai enchaîné avec une saison blanche derrière. Quand je suis revenu, à 22 ans, j’étais un autre joueur. Je n’avais plus le même peps, ni le même ressenti. Je me suis adapté à mon corps, à mes nouvelles sensations. Je vais être franc, par rapport à ce que j’avais envisagé, j’ai pris un itinéraire bis. Je ne défendais plus de la même manière, et comme je n’avais pas de pied droit ni de jeu de tête, j’ai compensé avec la tête.


Tu as pourtant tiré jusqu’à 35 ans. Tu étais prêt à arrêter ?
Oui, car quand tu te pètes à 21 ans et qu’on ne sait pas si tu vas pouvoir reprendre, tu envisages déjà l’arrêt rapidement. Après, j’étais un survivant. Chaque année était une victoire. Dès le départ, j’étais préparé à arrêter du jour au lendemain. Et à Guingamp, j’ai arrêté de moi-même alors qu’on me proposait de prolonger. Mais j’étais usé, je ne pouvais plus tricher.

Tu es heureux aujourd’hui ? Certains footballeurs tombent en déprime une fois les crampons raccrochés. L’anonymat, l’absence d’adrénaline, le rythme de vie qui change.
Tu sais, j’ai ma vie personnelle qui est parfaite. Je suis avec la même femme depuis plus de 20 ans, je l’ai rencontrée quand j’étais stagiaire au PSG. On a trois enfants, on habite près de Paris, à Saint-Germain en Laye, on est prêt de nos deux familles, de nos amis. Je suis consultant à beIN Sports depuis 4 ans, je suis dans mon élément alors je me régale. Je n’ai jamais eu des envies très prétentieuses quand j’étais joueur, ce n’est pas à bientôt 40 piges que je vais commencer.



Propos recueillis par Mathieu Faure
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