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Grégoire Defrel, Cendrillon des Hauts-de-Seine

Footballeur de quartier à Châtillon (92) il y a encore quelques années, Grégoire Defrel n'était pas préparé à devenir footballeur professionnel. Ignoré des radars de la détection française, celui-ci évolue pourtant aujourd'hui à Sassuolo en Serie A. Récit d'un conte de fées qui laisse perplexe.

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C'est un problème bien connu des pratiquants du ballon rond : le footballeur est raide. Pourtant, depuis son département des Hauts-de-Seine où il a tapé dans ses premiers ballons à Sassuolo, avec lequel il affronte la Lazio ce lundi soir, Grégoire Defrel a réussi a faire le grand écart. Bon petit joueur des Hauts-de-Seine, il est passé du jour au lendemain des vestiaires exigus du SCM Châtillonnais en 10e division française au centre d'entraînement de Parme avec sa pléiade de stars (Crespo, Giovinco, Candreva…) en Serie A. Mais alors, son aventure doit-elle donner l'idée à tous les footeux de se jeter les yeux fermés vers les sentiers du professionnalisme hors des frontières hexagonales ? Pas vraiment. Car si son histoire a tout du conte de fées, c'est aussi et surtout parce qu'elle est, par définition, extraordinaire.

De la citrouille au carrosse


Avant de commencer à y croire, il faut déjà une bonne dose de talent. Ce dont Grégoire était incontestablement doté, à en croire les entraîneurs qui l'ont suivi durant ses nombreuses années passées sur les terrains du 92. « C'est sûr que déjà chez les jeunes, Grégoire présentait des qualités au-dessus de la normale » , explique Philippe Ramillon, ancien responsable de l'équipe de football du SCMC. Une tendance confirmée par un autre de ses coachs à Châtillon, Séraphin Pucetti, qui relativise cependant : « C'est vrai qu'il sortait un peu du lot. Il avait une accélération terrible, sur les deux ou trois premiers mètres il faisait systématiquement la différence. Mais c'était plus compliqué sur le plan physique. En fait, il prenait la balle et commençait à dribbler, mais quand il était fatigué, il lâchait le ballon (rires) ! » Comme une flopée de bons joueurs de club amateur, le jeune Defrel ne force pas son talent pour prendre le dessus sur les défenses adverses. Quitte à en oublier de la jouer collectif ? « Un peu, oui, lâche Séraphin Pucetti avec un accent qui sent bon l'Italie. Il se disait qu'à lui tout seul, il pouvait régler le problème. Du coup, il dribblait, il dribblait, il dribblait, et quand il perdait le ballon... voilà quoi. Des fois ça passait, des fois non. Mais moi, en tant qu'entraîneur, j'étais obligé de lui crier "Mais donne ta balle !" »

Si le gamin surnage clairement dans ce championnat amateur, il lui manque encore beaucoup - du coffre notamment - pour espérer aller plus haut. Séraphin décortique : « Quand il est arrivé avec nous en U19, j'ai tout de suite vu qu'il était bon, mais il se fatiguait trop vite. Un jour, je l'ai pris à part et je lui ai dit "Ce que tu fais ne me suffit pas, si tu ne peux pas faire deux mi-temps, je peux me passer de toi." Ça ne lui a pas plu, et il est allé voir le président pour se plaindre. Mais celui-ci n'a pas voulu s'en mêler et lui a demandé de régler ça directement avec moi. Comme il n'est pas venu me voir, je l'ai sanctionné en le sortant du groupe. Ça l'a complètement troublé et on ne l'a plus revu pendant trois semaines. Finalement, il est venu s'excuser et c'est à partir de là qu'il a commencé à bosser dur. Et ça s'est vu sur le terrain. » Un déclic, un vrai. « Je me souviens d'un match contre Fontenay où il m'a vraiment impressionné. On est menés 2-0, et là, il vient me voir sur le banc de touche pour me dire "Ne t'inquiète pas coach, ce match on va le gagner." Et sur son premier ballon, il fait un double contact, il accélère et dribble quatre, cinq, six joueurs plus le gardien et il met le but. Là, je me suis dit "Ok, celui-là, il va être bon, c'est sûr." »

Ventoline, fiesta et bande de potes


Mais en football, il ne suffit pas de savoir casser des reins pour entrer dans la cour des grands. Encore faut-il avoir le coffre qui va avec. C'est en partie là que le bât blesse pour Grégoire. Mais si coach Séraphin se souvient d'un joueur aux capacités physiques limitées, il a cependant oublié de signaler un élément déterminant que n'omettra pas de mettre en avant Philippe Ramillon : « Comme tous les gamins doués, il rechignait un peu face aux efforts physiques. Mais cela s'explique par le fait qu'il faisait de l'asthme et il avait toujours sa petite Ventoline avec lui. Et c'est vrai que de temps en temps, ça l'handicapait. » CQFD. Au-delà de ça, Grégoire Defrel souffre du syndrome qui touche un paquet de footballeurs : la « bringuite » aiguë de la fin de semaine. « À certains moments, j'ai trouvé qu'il faisait trop la fête, rembobine Pucetti. Parfois, il venait au match et on se demandait ce qu'il avait fabriqué toute la nuit. À notre niveau, ça arrive de voir ça. Certains joueurs arrivent sur le terrain alors qu'ils ne sont même pas en état de s'échauffer et qu'ils vomissent. »


Surtout, si le mec ne perce pas immédiatement dans le football, c'est parce qu'il ne semble pas franchement emballé à l'idée d'aller voir si l'herbe est plus verte au niveau supérieur. « Grégoire avait une vraie bande de copains, ils venaient tous de la cité Vauban et c'est vrai qu'il s'est toujours plu dans cette ambiance familiale. Nous, on est un petit club, il faut dire les choses comme elles sont et il aurait pu jouer sans problème à Montrouge ou à l'ACBB (Boulogne-Billancourt, ndlr), ne serait-ce que pour donner un peu plus d'envergure à son potentiel, mais il n'a jamais cherché à aller voir plus haut. » Un point de vue que partage à 100% Séraphin Pucetti : « Une fois, je lui ai proposé d'aller passer des tests, mais ça ne l'intéressait pas. Il n'y croyait pas vraiment, il savait que c'était un bon joueur, mais sans plus. » Quant à sa famille, celle-ci non plus ne voit pas en Grégoire un futur champion du ballon, lui préférant le sérieux des études à l'incertitude d'un monde du foot qui en a digéré plus d'un. Pourtant, alors que son avenir semble tout tracé (le joueur préparait un bac pro vente), l'attaquant décide sur les conseils d'un pote d'entrer en contact avec un agent qui a ses entrées en Italie. La suite est aussi soudaine qu'inespérée : après plusieurs tests concluants de l'autre côté des Alpes, Parme décide de le garder dans ses rangs et lui apprendre les rudiments du métier. Finalement, après avoir travaillé sa nouvelle condition physique avec Parme, Defrel part faire ses gammes du côté de Foggia (Série C) puis de Cesena (Serie B et Serie A).

Les oubliés de la détection


L'histoire, aussi belle qu'incroyable, pose tout de même des questions. Comment un joueur amateur peut-il du jour au lendemain passer des terrains de district aux pelouses de Serie A ? Et surtout, comment se fait-il qu'aucun club français n'ai jamais entendu parler du bonhomme ? Aux premières loges pour assister à l'éclosion du poulain, Philippe Ramillon a encore du mal à trouver une explication rationnelle. « J'avoue que je n'arrive pas à comprendre. On a forcément dû rater quelque chose... Je vais souvent voir des matchs de DH, et rien que là, on peut voir le fossé, surtout sur le plan physique, qu'il existe avec le niveau Excellence. Alors là... Entre l'Excellence en France et la Serie A... C'est incroyable ! » De son côté, il signore Pucetti a bien une petite idée : « Les clubs ne s'intéressent pas aux divisions inférieures. En-dessous de la DH, ils n'envoient pas d'émissaires, et pourtant, il y a de très bons joueurs qui y jouent. Je pense même qu'il y en a beaucoup qui passent à travers les mailles du filet. Du coup, ce rôle-là revient aux "petits agents", qui, eux, peuvent se permettre d'aller les voir jouer et de tenter des coups en se disant : "Ça ne me coûte rien d'essayer de le prendre avec moi." Et parfois, quand ça marche, c'est jackpot pour l'agent ! » Ignoré des radars français, Grégoire Defrel a su forcer le destin pour se tailler une place à la table des grands, loin de ses Hauts-de-Seine natals. À qui le tour désormais ?

Par Aymeric Le Gall
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