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Govou : « Dans les trente derniers mètres, percute ! »

Qu’est-ce qu’un ailier ? Quel est son rôle ? Pourquoi cette omniprésence des « faux pieds » ? Ancien international français (49 sélections, 10 buts) et septuple champion de France avec l’Olympique lyonnais, Sidney Govou parle d’un poste qu’il a occupé durant de nombreuses années. Et il en parle bien.

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Quel est le rôle d’un ailier ?
Ça dépend. Ça évolue depuis des années. Ce sont essentiellement des joueurs de débordement et depuis un peu plus d’une dizaine d'années, pas mal jouent pied opposé. Que ce soit un droitier à gauche ou un gaucher à droite. Aujourd’hui, je pense qu’il y a plus de joueurs qui jouent dans ce style. Ça devient moins des joueurs de débordement, ils sont plus dans le cœur du jeu, ils créent du jeu.

Même si on t'a déjà vu dans l’axe, tu jouais essentiellement sur le côté. Tu appréciais ce poste ?
À la base, je suis un joueur d’axe. Je me suis surtout adapté au 4-3-3 à la lyonnaise comme on pouvait le dire à un moment. On avait des numéros 6 d’exception, donc ils nous mettaient dans de bonnes conditions. J’avais des aptitudes physiques qui me permettaient d’évoluer sur le côté, donc j’ai évolué à ce poste-là quasiment tout le temps.

Lorsqu’on passe du poste d’avant-centre à ailier, que faut-il changer dans son jeu ?
Déjà, on est moins buteur lorsqu’on est sur le côté, c’est indéniable. C’est pour ça que les joueurs d’aujourd’hui veulent jouer pied opposé. Finalement, ça permet d’occuper un couloir, et de rentrer souvent dans l’axe pour pouvoir frapper. Mais naturellement lorsqu’on évolue sur un côté, à moins qu’on ait un pied droit ou gauche exceptionnel, en faux pied, on marque moins de buts. C’est surtout ça la différence. Après, physiquement, il faut vraiment être un joueur de couloir comme moi je l’entends. Car beaucoup se disent joueurs de couloir, mais ce n’est pas le cas. Pour être un vrai joueur de couloir, il faut un gros volume de jeu et accepter de travailler sur tout le couloir.

« En équipe de France, j’avais à mes côtés un joueur comme Makelele qui me disait souvent : "Fais ton action, va jusqu’au bout, ne t’occupe pas de revenir. Ne t’inquiète pas, on fera les compensations." »

Le plus difficile pour un ailier, ce sont donc les tâches défensives ?
Oui, ce n’est pas naturel lorsqu’on est attaquant. Après, c’est un état d’esprit. Ce qui est étonnant, c’est que mes stats étaient meilleures en équipe de France qu’à Lyon alors qu’on jouait en 4-4-2. Lorsqu'on joue en 4-3-3, le joueur de couloir est considéré comme un ailier faisant partie du trident offensif, donc on est amenés à être plus décisif. En équipe de France, j’avais à mes côtés un joueur comme Makelele qui me disait souvent : « Fais ton action, va jusqu’au bout, ne t’occupe pas de revenir. Ne t’inquiète pas, on fera les compensations. » C’était un peu différent avec Lyon où on me disait : « Va jusqu’au bout, mais n’oublie pas de revenir. » (Rires)

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Pourtant, certains entraîneurs choisissent d’épargner aux joueurs de couloir des tâches défensives.
Oui, après, c’est un équilibre d’équipe. Certaines ont des 8 qui défendent beaucoup, donc les ailiers n’ont pas trop de travail, mais lorsque vous avez un 8 comme Juninho qui se projette énormément vers l’avant comme pouvait le faire aussi Michael Essien, Malouda et moi étions obligés de défendre, sinon le latéral se retrouvait en un contre un.

Que penses-tu de l’omniprésence des faux pieds ?
C’est un problème d’équilibre, il faut que le coach le trouve. S’il a besoin d’un ailier qui marque des buts parce que l’avant-centre marque moins, parce qu’il n’est pas présent dans la surface, il peut avoir recours aux faux pieds. Mais s’il a un attaquant de surface et des numéros 8 qui se projettent vers l’avant, je pense qu’il n’en a pas besoin. Il peut prendre deux joueurs de couloir qui vont déborder, centrer, amener le ballon dans la surface, amener le danger. Maintenant, si l’équipe joue un peu plus bas, et que les trois attaquants sont souvent livrés à eux-mêmes lorsqu’ils attaquent, là le pied opposé peut être une arme. Je trouve ça un peu facile que tous les mecs, maintenant, lorsqu’on leur dit : « Tu veux jouer où, le côté gauche ? Pourquoi ? » ils répondent « Pour marquer plus de buts. » Ça devient égoïste. Le mec ne pense pas à l’équipe, il se dit : « Si je ne marque pas beaucoup de buts, je vais me faire critiquer. » Donc le plus facile, c’est de jouer faux pied, comme ça je peux entrer et marquer.

Qu’est-ce qui a changé dans le rôle de ce poste entre ton époque, pas si lointaine, et aujourd’hui ?
Déjà, la majorité des mecs jouent opposés, ça change beaucoup de choses. Et puis, on est passé d’attaques un peu plus rapides à mon époque, à un mode de jeu à la barcelonaise où les attaques sont, à mon sens, un peu plus lentes. Aujourd’hui, les joueurs veulent le ballon dans les pieds, ordre du coach de ne plus le perdre. Alors que moi, on m’a toujours dit : « Dans les trente derniers mètres, percute ! Peut-être que tu vas perdre le ballon, mais quelqu’un derrière va peut-être le récupérer. » On prépare l’action, mais on enclenche beaucoup par le côté, alors qu’aujourd’hui, c’est beaucoup plus dans l’axe ou sur les côtés, par l’intermédiaire des latéraux. Ah, et puis, il y a aussi un truc, les mecs ne veulent plus courir. Moins on en fait, mieux on se porte. (Rires)

On pense tout de suite à Eden Hazard. Il joue souvent arrêté.
Il joue arrêté, mais est-ce que c’est un vrai ailier ? Je ne le pense pas. Je le vois plus comme un numéro 10.

« Le football est un sport d’anticipation. Si on anticipe face à son adversaire, même si on est un peu plus lent, on peut s’en sortir. »

Justement, pourquoi certains numéros 10 ont autant de mal à jouer au poste d’ailier ? Prenons l’exemple de Javier Pastore.
Je pense que c’est un des postes les plus compliqués. Il y a cette ligne derrière, ça laisse moins d’ouvertures, c’est plus difficile de provoquer. Quand on est axial, ce n’est pas que c’est plus facile, mais on est au cœur du jeu, on peut toucher le ballon plus facilement. Lorsqu’on est ailier, si on n’arrive pas à faire les efforts, à se démarquer, etc. on passe complètement à travers. C’est pour ça que c’est un poste pas forcément recherché parce qu’il est un peu compliqué, un peu ingrat.

D’accord. Mais lorsqu’on mettait un joueur sur un côté, ce n’était pas pour qu’il ait un peu plus de liberté et puisse justement mettre en avant ses qualités de dribbles en un contre un ?
Non, je pense même le contraire. Jouer sur le côté, c’est plus compliqué. Il vaut mieux être au cœur du jeu. L’anticipation va jouer, le but va être de se retrouver tout le temps face à l’adversaire, faire des appels qui permettent de se retrouver face à lui. Sur le côté généralement, lorsqu’on te donne le ballon, tu as l’adversaire dans ton dos. Tu as beau être le joueur le plus technique du monde, si le défenseur te colle au cul, tu ne vas pas y arriver. En jouant dans l’axe, on peut se déplacer de trois quarts pour pouvoir, avec un bon contrôle, enchaîner dans le sens du jeu. Ça fait beaucoup de différences.

Qui est la référence du poste selon toi ?
Robben et Ribéry sont de vrais ailiers, mais après, ils jouent pied opposé, donc ça change un peu de ce que je pensais à la base. Un mec comme Robben est un vrai ailier même s’il est amené à beaucoup, beaucoup rentrer. C’est aussi pour ça qu’il marque des buts. Mais peut-être que Franck est un peu plus ailier. Il a cette capacité à déborder sur le pied gauche aussi. Après, je n’ai pas énormément de noms qui me viennent à l’esprit.

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Aujourd’hui, la vitesse et le coup de rein semblent deux qualités indispensables pour évoluer à ce poste…
Il vaut mieux être rapide. Parce que le problème de ce poste-là, surtout quand vous jouez sur votre vrai pied, c’est que vous avez la ligne pas loin. Si vous demandez à un défenseur, il aura plus de facilité à défendre face à un joueur droitier côté droit ou un gaucher à gauche. Il n’a plus l’axe du but à défendre. C’est quand même plus facile que si un joueur arrive plein axe. Il peut aller à droite, à gauche. Il vaut mieux être plus rapide que son vis-à-vis, mais c’est d’abord une affaire d’anticipation. Le football est un sport d’anticipation. Si on anticipe face à son adversaire, même si on est un peu plus lent, on peut s’en sortir.


Avec la présence des faux pieds et des latéraux offensifs, la qualité de centre ne semble plus indispensable pour un ailier.
Moi, je pense qu’un ailier doit savoir centrer. Aujourd’hui, ils ne savent plus centrer et c’est un gros problème. Ils savent dribbler, mais pas centrer. Un joueur comme Jérôme Rothen n’était pas rapide ni vif, c’est le moins qu’on puisse dire, mais il avait une patte gauche qui lui permettait de faire des centres extraordinaires. Il faut jouer avec ses qualités. Il faut varier, il faut savoir dribbler, rentrer intérieur, centrer de loin, déborder, rentrer pour aller marquer, il faut être assez complet.

N’y a-t’il pas une distinction à faire entre le milieu latéral, style Rothen, et l’ailier ?
Oui, ce n’est pas la même chose. J’ai joué aux deux postes. Ça ne demande pas la même concentration. Ça dépend aussi surtout des personnes avec qui on joue : du profil des milieux de terrain et des latéraux, s’ils aiment monter ou se contentent de rester derrière. Mais ce n’est pas le même poste. Peut-être que le 4-3-3 demande plus de percussion, de provocation pour le joueur de couloir. Alors que dans le 4-4-2, il y a plus de variété dans le jeu, on peut être un peu plus arrêté, plus au cœur du jeu.

« Si un latéral fait un sprint de quarante mètres pour dédoubler, il s'agit d'un appel prioritaire. Tu lui donnes au moins deux fois sur trois parce que si tu ne lui donnes qu’une fois, il ne va plus le faire. »

Dans un 4-3-3, quelle relation entretient l’ailier avec son latéral ?
Dans le foot, avec la relation entre les deux défenseurs axiaux, c’est l'une des plus importantes. Le latéral doit être en confiance. On a tendance à dire que si un latéral fait un sprint de quarante mètres pour dédoubler, il s'agit d'un appel prioritaire. Tu lui donnes au moins deux fois sur trois parce que si tu ne lui donnes qu’une fois, il ne va plus le faire. Il ne va pas s’amuser à faire des appels de 50 mètres pour faire plaisir et ne pas avoir le ballon. C’est un appel prioritaire. Le mec sait que, s’il y va, je vais faire la compensation. C’est une relation de confiance, savoir quand tu veux le ballon, quand tu ne le veux pas. Parce que des fois, on fait un appel, mais on ne veut pas le ballon, mais il sert à quelqu’un d’autre. Il faut se connaître.

Et quelle relation entretient l’ailier avec l’avant-centre ?
C’est encore plus compliqué. C’est peut-être le joueur de champ qui touche le moins le ballon. Si à chaque fois qu’il y a une offensive, l’ailier rentre et frappe, il ne va pas apprécier, le mec va en avoir marre. Mais il y a différents types de numéro 9. L’un va être un vrai joueur de surface, il ne va jamais jouer en appui pour solliciter le une-deux. D’autres sont un peu plus joueurs, viennent en appui. Tu as aussi le numéro 9 qui peut jouer ailier et qui de temps en temps va faire des appels dans le couloir, qui vont te permettre à toi l'ailier de rentrer dans l’axe. Il y a des numéros 9 qui sont incapables de passer sur un côté et se replacer lorsqu’on perd le ballon, mais d’autres savent le faire. Quand tu sais que ton coéquipier sait le faire, tu vas avoir tendance à aller au bout de ton action, à faire un une-deux intérieur avec lui en te disant que même si tu te retrouves côté gauche, l’un aura pris l’axe et l’autre aura pris l’autre côté. Mais ça s’apprend. C’est de la tactique pure et dure. Mais il y a des mecs qui ne veulent pas le faire.

Jouer avec un Zlatan Ibrahimović qui décroche beaucoup, est-ce que c’est une aide pour ailier ? Ou est-ce qu’il risque d’empiéter sur tes plates-bandes ?
Si vous avez deux 8 plus Zlatan qui descend et se retrouve au niveau du 6, il va manquer quelqu’un devant. À Paris, ça pouvait fonctionner parce que Cavani jouait sur un côté, mais il fait trop d’efforts pour moi. Avec un joueur comme Ibrahimović, ça peut permettre aux joueurs de couloir de prendre la profondeur, mais faut-il encore en avoir qui prennent la profondeur.

Comment le poste d’ailier va-t-il évoluer ?
Je pense qu’on va revenir de plus en plus à des mecs qui prennent le couloir, font des efforts, arrivent à attaquer et défendre. Plus percutant et moins dans la possession de balle.

Propos recueillis par Flavien Bories
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