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Gourcuff, y a comme un doute

Le meilleur joueur de Ligue 1 l'an passé tourne à l'ordinaire depuis de nombreuses semaines. Évidemment, on songe avant tout à un simple passage à vide. A moins que cette défaillance ne soit plus profonde en réalité...

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L'air de rien, sous couvert de protéger son joueur vedette, Laurent Blanc a peut-être vendu un peu la mèche. « Le coup de moins bien de Yoann ? Je ne suis pas du tout préoccupé, surtout en voyant ce que l'on est capables de faire sans qu'il soit revenu à son meilleur niveau » . On voit bien ce que cherche à faire passer Blanc comme message, concernant la solidité de l'ensemble en attendant des jours meilleurs pour son meneur de jeu. Il n'empêche, l'autre message implicite qui se dégage de cela, c'est que le Breton, en fait, ne serait pas si influent que cela sur la bonne marche des Girondins, longtemps taxés de Gourcuff-dépendants. Et le fait est là : alors qu'il marchait sur l'eau en début de saison (5 buts, 6 passes décisives), dans la foulée de sa fin d'exercice canon l'an passé, l'international français est à l'arrêt complet depuis la reprise. Pas le moindre pion inscrit (enfin si, un seul en Coupe de la Ligue mais est-ce vraiment sérieux ?), aucune trace d'assist à se mettre sous la dent, rien. La zone quoi. Mais bon dieu, Yoann, qu'est-ce qui se passe ?

Zidane aussi souffrait en hiver

Ben déjà... il fait froid. Non, non, on ne déconne pas. Déjà la saison passée, Gourcuff avait connu un vrai trou noir à cette période de l'année, même s'il avait fallu attendre fin janvier pour constater la chute de niveau. A tel point que Laurent Blanc l'avait sorti du groupe pour lui permettre de souffler, lui octroyant même quelques jours de break pour aller se ressourcer dans sa Bretagne natale. Son retour fracassant en L1, son nouveau statut d'international, sa notoriété soudaine, tout allait dans le sens d'un surmenage et d'un besoin très légitime de couper un peu. Cette fois, l'idée d'une décompression ne tient plus, le garçon étant désormais rompu à sa condition et à sa nouvelle vie bordelaise. En revanche, ce qui est certain, c'est que les conditions ne le favorisent guère. Sur des terrains plus difficiles, son gros gabarit pas très explosif est un handicap certain. D'ailleurs, on se souvient que Zinedine Zidane, aux caractéristiques physiologiques assez voisines, était très coutumier des hivers difficiles et cela n'était pas que dû à son goût méditerranéen pour le soleil. Enfin, il faut bien reconnaître aussi que c'est tout Bordeaux qui avance au ralenti. Et Gourcuff l'a toujours clamé : pour être bien, il a besoin de la disponibilité des autres. Ce que confirme Blanc : « Si notre jeu ne se déroule pas comme il se doit, on le met en difficulté. Si Yo ne reçoit pas le ballon au bon moment, cela complique les choses pour lui. Et notre jeu se trouve à son tour en difficulté » . Et finalement, à la lecture de ce constat, on finit par se demander : et si Gourcuff n'était pas si fort que cela ?

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Zappé par Henry et Anelka

Pour Jacques Crevoisier, dans France Football, la question se pose clairement. « On se rend bien compte combien la comparaison avec Zidane était inappropriée, prématurée » . C'est juste. Orpheline de ZZ, la France du ballon rond cherche, renifle son successeur comme elle avait cherché le futur Platini à la fin des 80's. Et parmi tous les prétendants (Nasri, Ben Arfa, Meriem...), Gourcuff est sans doute celui qui se rapproche le plus du Maître. De par son physique, on l'a dit, mais aussi dans sa gestuelle (le travail avec la semelle notamment) et cette volonté de faire jouer les partenaires. Cela est entendu et, sur ces points, le Bordelais est bien dans la lignée du Ballon d'Or 1998. Mais est-ce suffisant ? Évidemment non. L'émancipation girondine de son influence en est le premier signe tangible. Mais pas autant que sa perte d'influence chez les Bleus. On ne parle pas ici de ses performances transparentes depuis plusieurs sorties internationales mais de cette façon qu'on eu Thierry Henry et Nicolas Anelka de squeezer leur meneur, le Barcelonais poussant même le bouchon jusqu'à lui chourer tous les coups de pied arrêtés. Même dans ses périodes les plus médiocres (l'Euro 96 par exemple), Zidane n'avait jamais connu pareil affront, le Marseillais s'imposant à chaque fois comme une évidence naturelle, indiscutable. Indépassable. Une différence d'aura renforcée par cette ultra-dépendance de Gourcuff au bon fonctionnement du collectif quand Zidane savait si bien sauver les siens même quand ceux-ci jouaient comme des traine-savates. Ancelotti avait peut-être vu juste en estimant, au plus fort de la réussite de son ancien joueur à Milan, que le Girondin n'était « pas un fuoriclasse, comme peut l'être Kaka » .

Et Crevoisier de conclure, sans pitié : « Désormais, la question qui se pose est : quelle est sa valeur ? Un grand club étranger doit-il le prendre sur ce qu'il voit en ce moment ? On connaît des joueurs qui n'ont flambé qu'une saison. Est-il indiscutable chez les Bleus ? Il ne faut pas avoir peur de ce type de questions pour avancer » . Et peut-être reculer. Car, au regard de son aura mise à mal, de son influence offensive finalement assez relative, la solution passe peut-être par un repositionnement au poste de relayeur, un peu plus bas. Une hypothèse séduisante vu son volume de jeu conséquent et sa technique de haut vol, qui apporteraient sans doute davantage de jeu que l'association de purs milieux def'. Peut-être la meilleure chance aussi pour Gourcuff se délester de l'héritage de Zidane dont on a compris qu'il serait toujours trop lourd, trop grand. Et ainsi mieux écrire sa propre histoire.

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Bon article.
Juste un bémol, Zidane n'est pas arrivé comme le messie (le nouveau Platini) en 96, on avait arrêté de chercher. Alors que Gourcuff doit assumer cette filiation encombrante et prématurée. C'est vrai qu'il y a bcp de similitudes. et ZZ avait aussi des pbs de rythme, de vivacité, bref de physique avant son passage à la Juve.

Bémol aussi sur Kaka qui doit confirmer qu'il n'est pas lui aussi l'homme d'une saison. car on est loin du kaka de 2007 actuellement.
En conclusion, Gourcuff n'est pas régulier au top niveau et espérons qu'il sera ménagé en vue de la coupe du monde... car on aura quand même besoin de lui, même comme simple pion dans l'équipe.
Comme d'hab... un joueur qui brille on l'élève plus haut que de raison et ensuite, on émet des doutes, on s'étonne...
C'est comme les rasoirs : la première lame qui soulève le poil et la seconde qui le coupe.
Gourcuff ne fait pas exception, Ancelloti a raison. Gourcuff ne sera pas Zidane. Malgré toutes les éloges de l'année passée, son niveau ne méritait pas l'intérêt des plus grands clubs. C'était juste un joueurs de très bon niveau qui "grandissait" et qu'on a stoppé dans son élan avec la double lame propre aux médias. Ca ne l'empêchera peut-être pas de continuer à grandir, probablement pas même, mais peut-être que si...
Ce qui est sûr, c'est que ça ne l'a pas aidé.
Bon je range soigneusement cet article et je me prépare à le resortir dans quelques mois lorsque Gourcuff sera meilleur ... je ne regrette qu'une chose, ne pa voir sous la main les articles de SOFoot, de France Football etc. qui contredisaient point par point ce que je viens de lire ...
Avec la presse, il faut savoir lire, mais surtout pas retenir ... la mémoire et l'ennemie du chroniqueur.
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