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Gourcuff : « La passion du jeu doit l’emporter »

Arrivé sur le banc des Merlus à seulement 27 ans en tant qu’entraîneur joueur, Christian Gourcuff s’apprête à entamer une nouvelle saison avec le FC Lorient. Après 24 ans passés à la tête du club breton, celui qui déclarait que « la recherche du résultat à tout prix est la mort du football » n’a pas changé ses idées d’un iota. Entretien avec un sage à la tête dure.

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Christian Gourcuff, qu’avez-vous pensé de la préparation du FC Lorient ?
Bon… le discours traditionnel serait de dire que tout s’est bien passé. Mais bon, derrière, les résultats des matchs amicaux n’ont pas été géniaux, même si finalement cela n’a pas beaucoup d’importance. Maintenant, objectivement, il y a beaucoup d’incertitudes… On a connu trois phases dans la préparation. La première s’est très bien passée avec le stage en Autriche. Il n’y a pas eu de blessés, on a fait une reprise qui était assez intéressante. Lors de la deuxième phase, celle des matchs amicaux, ça a été un peu plus difficile. Il y avait un mélange de lassitude et de fatigue, et quelques pépins physiques se sont ajoutés à tout cela, notamment celui d’Alain Traoré, de Mathieu Coutadeur.

C’est vrai que vous n’avez pas été épargnés par les blessures…
Oui même si ce ne sont pas des trucs très graves. Mais cela perturbe malgré tout le travail du groupe. On a aussi eu des matchs amicaux en dents de scie. Au-delà des scores qui ne reflètent pas grand-chose parce que l’on fait beaucoup tourner, ça n’a pas été simple. Puis la troisième phase, beaucoup plus encourageante, durant laquelle on a fait un ultime stage. On a vu beaucoup plus d’intensité, ça s’est traduit par un match bien meilleur face à Sochaux, avec notamment le retour de Mario Lemina qui n’est certainement pas étranger à ce dynamisme nouveau.

Dans quel état d’esprit est Jérémie Aliadière aujourd’hui, maintenant que la question contractuelle est réglée ?
Comme je l’ai dit, je n’ai jamais eu de situation conflictuelle avec Jérémy. Il aspirait à partir, c’était clair avec le club dès le départ. À ce que je sache, il n’y a pas eu de proposition. Sinon, pour ce qui est du problème contractuel, cela n’a pas été réglé formellement, même si oralement, les choses étaient claires. Mais bon, cela l’a amené à bouder pendant un certain temps. En début de saison, c’est vrai qu’il a traîné un peu les pieds, sans que cela ne prenne des proportions démesurées non plus. Je n’ai pas de problème particulier avec ça, je sais que son intérêt à lui aussi, pour partir, c’est d’être bon avec Lorient.

Vous pourriez nous dire un mot à propos de Raphaël Guerreiro pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore très bien ?
Ah ben ils vont vite le connaître ! C’est un garçon qui a un grand avenir devant lui. Il a toutes les qualités pour percer, enfin du moins telles que je les conçois. Techniquement, il est très à l’aise, beaucoup de dynamisme, beaucoup d’intelligence, une concentration permanente dans le jeu. En plus, c’est un garçon très simple, qui aime le foot. Ça fait maintenant 5 semaines qu’il est là mais on a l’impression qu’il a fait toute sa formation ici à Lorient.

Son association sur le flanc gauche avec Maxime Barthelmé se met elle en place ?
Oui, je pense qu’on aura un flanc gauche très… saignant, très dynamique, très perforant dans les relances. Oui, ça va vraiment être intéressant de les voir évoluer ensemble cette saison.

Ça y’est le FC Lorient est enfin doté d’un centre d’entraînement flambant neuf. Ça doit être une énorme satisfaction ?
Oui, évidemment. C’était un souhait de quinze ans, alors c’est vrai que quand ça arrive c’est (sourires)… vraiment agréable. J’ai envie de dire que c’était indispensable, ça ne garantit pas les résultats sportifs mais c’était primordial dans le développement du club. D’autant que c’est une réussite sur le plan fonctionnel, ça permet d’avoir un cadre de travail qui amène la qualité. C’est vraiment un outil fantastique et je pense qu’il doit dynamiser le club dans sa globalité, mais avant tout sur le plan de la formation, qui reste pour nous l’objectif prioritaire. Un club comme Lorient, pour survivre, a besoin de sortir des joueurs. On commence à en percevoir les fruits, notamment avec Mario Lemina. C’est intéressant.

« Les apports financiers des Russes et des Qataris sont des dangers pour l’économie du football »

Vous parliez de la formation, quelle est la politique du FCL dans ce domaine ?
La formation doit être en adéquation avec les valeurs que l’on développe, c’est-à-dire un recrutement régional pour que le gamin ne soit pas déraciné. Il ne s’agit pas du tout de faire du « bretonnisme » . Mais il faut surtout, pour que le gamin soit épanoui, qu’il ne soit pas coupé du lien familial. Après, la formation c’est aussi une question d’éducation donc on ne rentre pas du tout dans un jeu avec les agents. On refuse de parler d’argent avec les agents. Il y a un projet vraiment éducatif. Là on est complètement en décalage avec les autres clubs, dans lesquels il peut y avoir une surenchère financière pour les jeunes. On refuse tout simplement de participer à ce genre de pratiques. Au risque de rater parfois de belles opportunités…

Justement, à ce sujet, les nouvelles générations vous semblent-elles si différentes de celles que vous avez pu côtoyer tout au long de votre carrière ?
Oui parce que, encore une fois, c’est une question d’éducation. Il faut remettre les valeurs au goût du jour. Alors maintenant est-ce que c’est possible ? Le problème de ce milieu, c’est justement que ça dépasse le cadre du foot en lui-même, c’est vraiment un problème de société dans sa globalité. C’est un problème d’éducation, au sens large. Il y a des valeurs qui ont disparues et c’est vrai que l’argent est présent partout, pas que dans le foot. Mais dans le football, on le retrouve dans des proportions incroyables et l’on s’est complètement détaché des valeurs du sport.

Vous disiez à propos de Guerreiro, que c’est quelqu’un qui aime le foot. Ça paraît presque incroyable de devoir le préciser. Donc tous n’aime pas ce sport ?

Non, non. Ça s’apprend. Je parle souvent de valeur, mais le football c’est ça. C’est une façon de voir la vie, de partager avec les autres. Certains jeunes sont tellement déconnectés des valeurs fondamentales de la vie qu’ils ne peuvent pas apprécier le football en tant que tel. Mais la passion du jeu finira par l’emporter, c’est elle qui doit primer dans leur tête.

La faute ne revient-elle pas en partie au système des centres de formation ?
Oui, même si ça dépasse ce cadre-là. Le projet éducatif, il existe dans beaucoup de clubs. Notamment depuis la Coupe du monde 2010, beaucoup de choses ont été dites sur l’éducation que doivent avoir les joueurs. Après dans les faits, il y a encore un gros décalage, parce que tout le monde est soumis à la pression du résultat, de la réussite, de l’économie. Voilà, tout le monde subit un peu ces choses-là. Derrière tout dépend de la capacité à se démarquer d’une idéologie générale. C’est cela qui permet d’évoluer différemment.

La marche-arrière est-elle possible, quand on pense à l’évolution des salaires par exemple ?
Ah ben de toute façon, il y a une réalité économique qui finira par remettre les choses en place. C’est pour cela qu’il est dommage que des capitaux extérieurs au football bénéficient au foot… Le danger il est là, évidemment. Les apports financiers des Russes et des Qataris sont des dangers pour l’économie du football et c’est pareil partout. Il n’y a que l’Allemagne qui, à mon sens, possède une économie solide et concrète, où il y a un équilibre entre les recettes et les dépenses. À l’inverse, quand une économie est artificielle... Je ne comprends pas qu’en France les pouvoirs n’aient pas de réflexion à ce sujet-là.

Vous semblez bien seul à tenir ce discours aujourd’hui. Tout le monde semble dire que ces apports financiers sont positifs pour le foot français…
Sur le court terme, évidemment que ça donne un attrait supplémentaire à notre Ligue 1, mais ça déséquilibre forcément notre économie. Il faudrait avoir une réflexion beaucoup plus approfondie que… qu’une réflexion de supporter moyen qui voit des noms et s’en émerveille. On verra les dégâts dans quelque temps.

Pour terminer, quels seront les objectifs des Merlus cette saison ?
Améliorer la qualité de notre jeu, la constance et la force collective. On sait qu’on est encore très inconstant ces dernières années avec des périodes très, très difficiles qui traduisent forcément une fragilité. On ne peut rien construire si l’on n’a pas cette solidité à laquelle on aspire. À Lorient, les choses sont encore très fragiles, on n’est jamais à la merci d’une relégation. Un club ne grandit que lorsque ce genre de contre-performances n’arrivent plus, et on n’y est pas encore. L’objectif c’est toujours de gagner le match qui vient. Fixer des objectifs chiffrés, pour un technicien, ça n’a pas de sens.

Propos recueillis par Aymeric Le Gall
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