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Götze, partout, tout le temps

Recrue-phare du mercato estival du Bayern, le Golden Boy 2011 a connu un début de saison compliqué, entre pression, blessures et concurrence exacerbée. D’autant plus que Pep n’a pas hésité à le balader de poste en poste. Qu’importe, depuis quelques matchs, Mario flambe.

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La polyvalence. Une qualité recherchée par les entraîneurs, bien souvent doublée d’un funeste adage, le fameux « bon partout et indispensable nulle part » . C’est longtemps ce qu’on s’est dit de Mario Götze au Bayern, bloqué par une concurrence monstrueuse. En effet, à la vue du XI munichois de l’année dernière, difficile de trouver un joueur strictement moins fort que lui. Sur les ailes, où il a débuté au BVB, le duo Robbery est intouchable. En 10, son poste lors de sa dernière saison jaune et noire, Müller et Kroos, formés au club, tiennent la baraque. À la relance, là où il a parfois dépanné, impossible de toucher à l’icône Bastian Schweinsteiger. Ne reste alors que la pointe de l’attaque, occupée par le « bien mais pas top  » Mario Mandžukić. Une hypothèse qui a du sens, surtout si l'on pense que Joachim Löw, quand il est privé de Klose et Gómez, l’aligne en faux 9, et que Pep Guardiola est l’homme derrière le repositionnement de Messi. De toute façon, le Catalan doit bien avoir un plan, autre que celui d’affaiblir la concurrence. Au moment de la présentation du joueur, Matthias Sammer avait d’ailleurs déclaré qu’ « il était très clair quel genre de joueur Guardiola voulait et le nom de Mario est venu très vite. Il pensait que c’était impossible de s’offrir un tel joueur. Quand nous lui avons expliqué que c’était une possibilité, il était très excité.  »

Les entrées de l’artiste

Sauf que Götze a déconné : il s’est blessé. De fait, il faut attendre la 3e journée de Bundesliga pour le voir évoluer sous ses nouvelles couleurs, face à la modeste équipe de Nuremberg. Aligné aux côtés de l’autre recrue Thiago dans l’axe du nouveau 4-1-4-1, il livre une prestation quelconque, et est remplacé à la 68e. La semaine suivante, rebelote contre Fribourg. Dans la foulée, re-blessure. La résurrection interviendra le 19 octobre, lors de la 9e journée. À la mi-temps, le Bayern est mené 1-0 par une équipe de Mayence dont le plan « on bétonne derrière et on prie pour marquer en contre » fonctionne à merveille. Alors Pep fait ce qu’il sait faire de mieux : oser. Il sort Rafinha et lance Götze. Un choix payant. Cinq minutes plus tard, le nouvel entrant met Robben en orbite pour l’égalisation. Plus tard, il permet à Mandžukić de faire le break. Au final, une victoire 4-1 et un match référence pour Götze. Enfin, est-on tenté de dire. Mais Guardiola a d’autres idées en tête, plus ou moins judicieuses, et doit faire avec les blessures. En trois matchs, Mario joue milieu, faux 9, ailier droit. Pas facile pour les repères. Il recommence à bafouiller son football, à faire les mauvais choix. Pour le choc contre Dortmund, son Dortmund, la sanction tombe : il est remplaçant. Et encore une fois, tel un phœnix, Mario va entrer et faire basculer le cours de la rencontre. Un but pour son premier ballon, pas de célébration, une confiance retrouvée. Il ne quittera plus jamais le onze de départ.

Bien sous tous rapports


Et pour cause. Depuis, sur ses six derniers matchs de Bundesliga, Mario a marqué quatre fois et fait trois passes décisives, auxquels il faut encore ajouter deux pions en championnat du monde des clubs et en Ligue des champions. Personne ne peut en dire autant. Des prouesses réalisées alors que son tour du monde des postes continue. Ce qui ne qui semble pas gêner le principal intéressé. Aligné en pointe contre Gladbach il y a deux semaines, il s’est confié sur le sujet à Spox : « Je me sens bien devant. Il n’y a pas vraiment de différence avec les autres postes où j’ai joué. Le coach m’aligne où il pense que c’est le mieux. Je me sens bien en tant qu’attaquant, mais aussi sur les ailes. Ce n’est pas vraiment un souci pour moi.  » En revanche, c’en est un pour Beckenbauer, pour qui « cela n’a aucun sens de faire de Götze un buteur » . Dans l’émission Sky90, le Kaiser a expliqué son point de vue : « Le Bayern gaspille son potentiel à ce poste. Bien sûr, il peut y jouer, mais vous n’obtenez pas le meilleur de lui-même. Je pense qu’il est meilleur derrière un buteur. Il est bien plus dangereux ainsi. » Comme la semaine dernière contre Francfort. Comme aujourd’hui à Nuremberg.

Par Charles Alf Lafon
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