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  1. // Euro 2016

Giresse : « En 84, la France nous attendait »

La France accueillera donc l'Euro 2016, comme en 1984. A l'époque membre du fabuleux Carré Magique des Bleus, l'ancien Girondin Alain Giresse mène la France au sommet de l'Europe. Et partage cette victoire avec tout un pays. Sensations...

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La France vient de décrocher l'organisation de l'Euro 2016. Qu'en pensez-vous ?

Je sais que le dossier a été bien présenté. En 2016, ça fera 32 ans que l'Euro n'aura pas été organisé en France, et on ne peut pas dire que nos candidatures aient toujours été récompensées. Je pense que ça va faire du bien de rénover les stades, et c'est aussi une très bonne chose pour la ferveur sportive.

Justement, quel souvenir gardez-vous de cet Euro 1984 joué à domicile ?

Avant tout, il y a eu l'annonce de la destination. On le savait déjà en 82, mais sur le plan sportif, on était obnubilés par la Coupe du Monde. Derrière, il y avait donc cet Euro, le rendez-vous attendu de tous, aussi bien par les joueurs que par la population. Depuis 1960, c'était le premier grand événement footballistique en France. On sentait que la ferveur montait.

Et une fois la compétition commencée, comment vous sentiez-vous ?

Il y avait deux choses qui faisaient que l'on avait une vraie responsabilité : notre parcours en Coupe du Monde et le fait que l'on soit à domicile. Nous étions plongés dans notre objectif, et du coup, on s'est coupés de la ferveur populaire, car on avait besoin de concentration et d'une préparation. Malgré tout, on a vécu cet Euro dans un vrai soutien.

Qu'est-ce que cela changeait pour vous de jouer en France ?

Dans un autre pays, on se sent forcément plus comme un étranger, détaché de l'ambiance. Là, la France du football attendait quelque chose de nous, et nous soutenait.

82, c'était l'époque du Carré Magique que vous formiez avec Tigana, Platini et Fernandez...

C'était une période de plénitude. On a gagné tous nos matchs, et c'était un bel accomplissement. On avait déjà vécu de belles émotions en 82, mais là, c'était l'apothéose.

Diriez-vous que cette Equipe de France était l'équipe la plus forte dans laquelle vous avez joué dans votre carrière ?

Oui, l'équipe que nous avons eue de 82 à 86, c'est certainement l'une des plus fortes avec lesquelles j'ai joué. On était à l'aise dans le jeu. Nous avions nos repères, nous avions confiance et aucun doute quand on jouait ensemble.

Vous voyez cette osmose dans l'Equipe de France d'aujourd'hui ?

Je ne peux pas le savoir, car je ne suis pas dedans. A notre époque, il y avait un dévouement total et entier à la cause collective, chacun respectant les uns et les autres.

Quel souvenir gardez-vous de la finale contre l'Espagne ?


Avant la finale, il y a surtout eu la délivrance à Marseille d'être qualifiés pour la finale. On avait jusque-là toujours buté en demi-finales, comme en 82. On y était, même si tout restait à faire. Le jour de la finale, il y avait une grosse tension, surtout lors du moment de repos et de l'avant-match. Le match en lui-même était plutôt âpre, ce n'était pas le plus enlevé qu'on ait eu à faire dans l'Euro. On aurait espéré que ce soit plus fluide, mais c'est comme ça les finales, on a moins de libération.

Quel sentiment avez-vous ressenti après cette victoire ?

Le problème, c'est qu'on ne prépare rien. Un succès vient, on l'apprécie, on le vit comme ça. On a vu la liesse que ça a donné, mais après, chacun est reparti dans sa région. On avait rien prévu, en fait.

Le moment que vous retiendrez ?

Sans aucun doute, la prise de la coupe. Tout est fini, on l'a. Ce n'était pas une revanche, mais une concrétisation. On avait eu trop d'éléments contradictoires avant, des choses pour lesquelles on ne pouvait rien, comme en 82. Pour cet Euro, on ne voulait pas de regrets sur le plan personnel.


Propos recueillis par Virginie Bachelier

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