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Gervinho, l’arme fatale de Rudi Garcia

Depuis le début de la saison, Gervinho est tout simplement étincelant sous le maillot de la Roma. Double buteur mercredi soir en demi-finale aller de la Coupe d’Italie, l’ancien Lillois veut aujourd’hui être le grand protagoniste du match de l’année : le derby.

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Cet été, beaucoup avaient bien rigolé, au moment de l’annonce du transfert de Gervinho d’Arsenal à la Roma. Ceux de la Lazio, d’abord, qui avaient considéré que leur rivale avait encore recruté un joueur bidon. Et ceux de la Roma, ensuite, qui ont ri jaune, à peu près pour les mêmes raisons. Il n’a pas fallu bien longtemps pour que ces rires se transforment. Ceux des supporters romanisti sont devenus des rires de joie, tandis que ceux des tifosi lazali ont été troqués contre des soupes à la grimace. Car Gervinho, c’est clairement l’un des atouts de la Roma de Rudi Garcia. Un atout que le coach a su sublimer, après les errances du joueur à Arsenal. Oui, Rudi Garcia a réussi là où Arsène Wenger a échoué : redonner vie à un attaquant qui s’était imposé comme l’un des tout meilleurs lorsqu’il évoluait déjà sous sa houlette, à Lille. À Arsenal, Gervais pensait faire le grand saut. Tu parles. Un saut dans le vide, oui. Jamais, à Londres, il n’a retrouvé le niveau connu en Ligue 1. Critiqué, il a perdu le moral et la confiance. Deux choses essentielles que seul Rudi Garcia a été en mesure de lui redonner. À Rome, Gervinho est redevenu Gervinho. Il veut désormais s’accomplir encore plus en tant que joueur décisif de cette Roma. Le derby lui est servi sur un plateau pour exécuter cette tâche.

Soit le laisser passer, soit faire faute

« Il est comme ça. Surtout lorsqu’il est en forme et qu’il est en confiance, il est incroyable. Nous devons le laisser tranquille, il travaille toujours pour son équipe, jamais pour son égo. Son jeu, c’est de provoquer en un contre un et d’aller dans la profondeur. Il doit continuer comme ça. Pour moi, ce n’est pas une surprise, je le connais bien. Et je sais qu’il peut encore s’améliorer.  » Les mots sont signés Rudi Garcia, lors de la conférence d’avant-derby. Et ils sont évidemment destinés à Gervinho, détonateur de la Roma lors des dernières semaines. L’attaquant a d’abord inscrit le but décisif contre la Juventus en quarts de finale de la Coupe d’Italie (1-0). Quelques jours plus tard, il a été le grand artisan de la victoire des siens sur la pelouse du Hellas Vérone, avec un but et une passe décisive. Enfin, mercredi soir, il a à nouveau été étincelant en demi-finale aller de la Coupe d’Italie face au Napoli, avec un doublé qui a offert la victoire à la Louve (3-2). C’est sur ces bases que l’Ivoirien attaque le derby. Une rencontre au cours de laquelle il rêve évidemment de briller, après un match aller où il avait été bien muselé par la défense laziale.

La vraie question que l’on est amené à se poser, c’est pourquoi Gervinho réussit-il à Rome alors qu’il a échoué à Londres ? Plusieurs éléments de réponse. Déjà, il existe tout simplement des profils de joueurs qui correspondent mieux à un championnat qu’à un autre. Regardez donc Erik Lamela ou Stevan Jovetić, des phénomènes dans le championnat d’Italie, et désormais remplaçants en Angleterre. On a longtemps parlé de catenaccio en Italie, mais le fait est qu’aujourd’hui, beaucoup d’équipes laissent des espaces sur le terrain, ce qui favorise le jeu de Gervinho, qui adore partir en vitesse vers la surface adverse. C’est d’ailleurs cela qui fait sa force : lorsqu’il est lancé, l’ancien du LOSC est pratiquement inarrêtable. Soit il faut le laisser passer, soit il faut faire faute. Finalement, la seule équipe qui a réellement trouvé la parade, c’est la Juventus. Lors du choc du Juventus Stadium, Antonio Conte avait ordonné à ses joueurs de ne jamais laisser plus de 2-3 mètres d’espace devant Gervinho. Résultat : le joueur a été inexistant pendant 90 minutes. Un match qu’Edy Reja, le coach de la Lazio, a certainement dû visionner en boucle pour préparer son derby.

La meilleure moyenne de sa carrière

Les autres éléments de réponse de cette forme retrouvée se trouvent également dans le travail en amont de Rudi Garcia. Gervinho n’est en effet pas le seul à avoir retrouver le moral et la confiance à Rome. Lorsqu’il est arrivé dans la capitale italienne, le coach a trouvé une équipe déprimée, qui sortait de deux saisons très compliquées. Avec un gros travail psychologique, l’ancien champion de France a su remobiliser les troupes. Des joueurs comme De Rossi, Leandro Castán ou Balzaretti ont fait un véritable bond vers le haut, alors qu’ils se trouvaient au fond du précipice à la fin de la saison dernière. Le même discours vaut pour Gervinho. Si lui n’avait pas vécu les deux saisons compliquées de la Roma, il en avait vécu deux tout aussi difficiles du côté de Londres. Son bilan là-bas ne restera pas dans les annales : 11 buts en 63 apparitions, soit une moyenne de 0,17 but par match, ce qui n’est pas franchement terrible pour un attaquant.

À l’inverse, cette saison, le natif d’Anyama en est déjà à 8 buts en 20 matchs toutes compétitions confondues, pour une moyenne de 0,4 but par match, ce qui se rapproche déjà beaucoup plus de sa moyenne lilloise, qui était de 0,33 but par match (2008-2011). Et les tifosi de la Roma l’ont forcément remarqué : le seul moment, cette année, où leur équipe a légèrement ralenti, c’est au moment où Gervinho s’est blessé (en même temps que Totti), au mois de novembre (quatre matchs nuls consécutifs). Parce que sa présence sur le terrain change totalement la façon de jouer de l’équipe qui, privée de sa flèche ivoirienne, a un jeu beaucoup plus arrêté. Gervinho apporte la fougue, la vitesse, la rapidité, et c’est un bonheur pour un type comme Totti de pouvoir lui balancer caviar sur caviar, comme mercredi soir face à Naples. La défense de la Lazio est prévenue : l’homme à l’implantation capillaire la plus improbable du football mondial a déjà allumé son moteur en vue du derby. Et s’il marque lors de ce match si important et permet aux Giallorossi de s’imposer, qui sait jusqu’où il pourrait emmener la Roma ?

Par Eric Maggiori
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5 millions un joueur qui en vaut 20 cette saison...
Luis75
Le meilleur joueur du Lille champion!
Et y'avait pas que des peintres.
C'est sûr! Le joueur le plus dur à remplacer assurément!
Il a beau nous avoir amené Kalou...
2yemklubapanam Niveau : Ballon d'or
la différence tactique entre le championnat anglais et le championnat italien?
http://www.lequipe.fr/Football/RES_C1.html
elle est là, 4 equipes anglaises, une italienne(qui n'est meme pas favorite contre le 3eme de la liga).
après, on peut écrire ce qu'on veut.
" qui sait jusqu’où il pourrait emmener la Roma ?"
j'usqu'au Scudetto! enfin je l'espère! le rêve est permis non?!
Il Ragno Nero Niveau : CFA2
Oui, enfin, l'attaque n'était pas le problème principal de la Roma l'an dernier, hein.

Rudi Garcia a surtout permis à l'équipe de retrouver une assise défensive (pas un hasard si ce sont des défenseurs et le milieu défensif qui sont cités comme les joueurs ayant retrouvé leur niveau avec Garcia...).

Et ça, c'est grâce à 2 recrues pour lesquelles Garcia n'a pas eu son mot à dire : De Sanctis, qui, sans être extraordinaire est plutôt fiable (ça faisait combien de temps que la Roma n'avait pas eu un titulaire indiscutable dans les bois) et Benatia, LE taulier de la défense et un des 2-3 meilleurs stoppeurs du championnat depuis 3 ans et demi.
Message posté par Elji haz14
" qui sait jusqu’où il pourrait emmener la Roma ?"
j'usqu'au Scudetto! enfin je l'espère! le rêve est permis non?!


Rêver est toujours permis à Rome...
Moi je voudrais saluer la performance de Maggiori. C'est presque ému que j'annonce que c'est le premier article depuis le 26 mai dernier qui est consacré à la Roma où il ne mentionne pas "la terrible défaite", "l'humiliation", "la gifle", "le drame" ... Et ça, c'est bien.
cardinaltisserant Niveau : DHR
Message posté par Il Ragno Nero
Oui, enfin, l'attaque n'était pas le problème principal de la Roma l'an dernier, hein.Rudi Garcia a surtout permis à l'équipe de retrouver une assise défensive (pas un hasard si ce sont des défenseurs et le milieu défensif qui sont cités comme les joueurs ayant retrouvé leur niveau avec Garcia...).Et ça, c'est grâce à 2 recrues pour lesquelles Garcia n'a pas eu son mot à dire : De Sanctis, qui, sans être extraordinaire est plutôt fiable (ça faisait combien de temps que la Roma n'avait pas eu un titulaire indiscutable dans les bois) et Benatia, LE taulier de la défense et un des 2-3 meilleurs stoppeurs du championnat depuis 3 ans et demi.



D'accord avec toi pour Benatia, c'est un monstre. Il défend debout, anticipe, relance proprement et plante. c'est clair qu'on a gagné au change en vendant Marquinhos.
Par contre, De Sanctis c'est plus un joueur de foot. Il multiplie les cagades, il aura 37 balais dans un mois et il rassure pas du tout les défenseurs. Ok, il est sympa et pro mais bon, y a largement mieux.
Ensuite, l'attaque plante plus et joue mieux que l'an dernier parce que le milieux à 3 est super équilibré. Garcia a installé durablement Pjanic, il a redonné confiance à De Rossi et surtout Strootman est arrivé pour dynamiter le tout. Alors si en plus tu mets un Gervinho en feu, hyper dangereux sur chaque dribble t'as une équipe de dingue.
Le problème de l'an dernier n'était pas que la défense mais le bloc-équipe qui se délitait sur chaque action.
Il Ragno Nero Niveau : CFA2
Message posté par cardinaltisserant



D'accord avec toi pour Benatia, c'est un monstre. Il défend debout, anticipe, relance proprement et plante. c'est clair qu'on a gagné au change en vendant Marquinhos.
Par contre, De Sanctis c'est plus un joueur de foot. Il multiplie les cagades, il aura 37 balais dans un mois et il rassure pas du tout les défenseurs. Ok, il est sympa et pro mais bon, y a largement mieux.
Ensuite, l'attaque plante plus et joue mieux que l'an dernier parce que le milieux à 3 est super équilibré. Garcia a installé durablement Pjanic, il a redonné confiance à De Rossi et surtout Strootman est arrivé pour dynamiter le tout. Alors si en plus tu mets un Gervinho en feu, hyper dangereux sur chaque dribble t'as une équipe de dingue.
Le problème de l'an dernier n'était pas que la défense mais le bloc-équipe qui se délitait sur chaque action.


Oui, j'oubliais Strootman qui vient bien renforcer le milieu et apporter ce liant attaque-défense.

Pour moi, ces arrivées sont plus décisives que celle de Gervinho, Lamela n'étant pas un des maillons faibles de l'effectif.

Quant à De Sanctis, oui, j'ai lu qu'il était contesté en ce moment. Je ne regarde que les matches de l'Udinese et contre nous il avait fait le taf sans problème. Après, c'est pas une solution d'avenir ni un top player (contrairement à Stekelenburg quand il arrive à Rome...), mais par rapport au foutoir que c'était à ce poste, c'est une garantie, au moins par son expérience de la Serie A. Un "stop gap" qui tient la route en attendant de trouver mieux l'an prochain ou dans 2 ans.
@ 2yemklubapanam; dixit "après, on peut écrire ce qu'on veut." Tu as parfaitement raison, c'est ce que tu as fait en te basant uniquement sur des résultats annuels que tu peux interpréter comme tu le veux! Surtout si tu penses qu'arsenal et naples qui étaient dans la même poule qualificative ont terminé avec le même nombre de points...Quelle conclusion aurait-tu tirée si naples s'était qualifié aux dépens des gunners, ce qui aurait amené les deux nations avec deux qualifiés chacune? Et quand tu soulignes que milan n'est pas favori devant l'atletico, ce qui est vrai, tiendras-tu un discours similaire en analysant le choc manchester city-barcelone? Si tu analyses les faits avec un certain recul, tu en retireras que le football anglais est supérieur à l'italien, du point de vue des structures, des moyens financiers et de la préparation physique. Les points de vue tactique et technique étant, malgré l'exode massif de grands joueurs ces dernières années, hors de la botte, encore à l'avantage de la serie A. Mais comme pour gagner des trophées, à notre époque, ce sont surtout les avantages que j'ai cité appartenant au football anglais qui semblent les plus décisifs; celui-ci a logiquement plus de possibilités de glaner des titres que son homologue italien.
2yemklubapanam Niveau : Ballon d'or
je pense comme toi que la différence est économique, elle permet d'acheter des joueurs a des tarifs que peu de clubs se permettent de nos jours en dehors de la PL(paris, madrid, bayern, clubs russes). ce qui permet quelques soient les schémas tactiques et les innovations d'entrainements d'avoir une densité de matches de haut niveau que les autres championnats n'ont pas. il y a 10 ans, les clubs italiens passaient toujours le 1er tour de LdC. et jamais un club italien n'aurait vécu ce qu'ont vécu la juve et naples cette année, cad une élimination lors de la dernière journée des poules. on trouvait toujours scandaleux la manière de passer entre les gouttes. tu proposes que l'élimination de naples est un hasard, pas moi. arsenal avait les cartes en main. il est vrai que c'est passé tout près mais ça impliquait un hypothétique résultat de marseille.
et la juve chute dans un groupe peu relevé quand même.
donc si on en revient a notre cas gervinho, j'ai émis un commentaire sur la news d'hier donc je ne vais pas rabâcher mais je continue a penser que sa résurrection vient plus du niveau des défenses que d'un schéma tactique.
maicon, essien, rami, mexes(moins) sont des joueurs qui sont virés des grands clubs où ils évoluaient. il semble que leur niveau, notamment physique, satisfait pleinement dans le calcio.
et le meme phénomène existe en liguain avec des carvalho, alex, zebina ou abidal, je ne fais pas du tout une fixette sur l'Italie.
2yemklubapanam Niveau : Ballon d'or
et sinon naples qualifiée a la place d'arsenal ça ne faisait toujours pas 2 qualifiés chacune comme tu l'écris mais 3 pour la PL: city, chelsea, Mud et arsenal sont en 8eme.
Message posté par Mortacci
Moi je voudrais saluer la performance de Maggiori. C'est presque ému que j'annonce que c'est le premier article depuis le 26 mai dernier qui est consacré à la Roma où il ne mentionne pas "la terrible défaite", "l'humiliation", "la gifle", "le drame" ... Et ça, c'est bien.


Faut pas lui en vouloir...

On peut difficilement se rendre compte de ce que représente cette victoire pour les laziali... gagner à ROME un derby en finale de coppa Italia qui te qualifie pour la coupe d'Europe et qui anéanti la curva opposée...jouissif pour une équipe et ses tifosi qui ne peut (ou ne pouvait) prétendre beaucoup plus.

Tu te ballades à Rome, tu vois des inscriptions " LULIC 71'" "26/05/2013" un peu partout sur les murs de la capitale.
Il Ragno Nero Niveau : CFA2
Message posté par 2yemklubapanam
maicon, essien, rami, mexes(moins) sont des joueurs qui sont virés des grands clubs où ils évoluaient. il semble que leur niveau, notamment physique, satisfait pleinement dans le calcio.


Euh, non. Pour Essien et Rami, tout le monde s'est dit WTF quand le Milan les a recrutés. Tout en applaudissant les rumeurs, malheureusement non concrétisés, d'un départ de Mexès.

Mais, au cas où ça t'aurait échappé, le Milan est un joyeux bordel en pleine déconfiture depuis la vente aux qataris des derniers joyaux de la couronne (ou des bijoux de famille, je ne sais plus). Ils ont pris Valter Birsa quand même !

Maicon, par contre, tient la route à la Roma. Bien que tout le monde ait constaté que ce n'est plus le Maicon de l'époque de Mourinho à l'Inter. D'ailleurs, c'est parce qu'il avait déjà commencé à sérieusement décliner que l'Inter l'a bazardé... Et en revenant en Italie, il a signé dans un club non qualifié pour la Coupe d'Europe et qui venait de se faire gifler par son grand rival en finale de Coupe nationale...

Un club qui a recruté malin, entre des paris de retour à un meilleur niveau réussis (Maicon, Gervinho), des vrais talents recrutés à prix d'or (Benatia, Strootman, Ljajic, bien que je sois plus réservé sur le Serbe) et un vieux revanchard (De Sanctis, le pari le moins réussi...).
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