Culture - Cinéma
Par Grégory Blasco & Jules Rouhling
Gérard Depardieu, une vie de foot
On l’a vu récemment au Qatar avec Nenê et Cissé ou en Suisse lors de de la cérémonie du Ballon d’Or, avec son pote Sepp Blatter. Gérard Depardieu est un homme de ballon, et pas que de rouge. Une passion qui ne date pas d’hier. Les plus vieux se souviennent du gardien “voyou” de Châteauroux. Les autres n’ont pas oublié 1996 et le titre auxerrois. Un titre que, quelque part, l’AJA doit aussi à « Gégé ».
Quand t'es dans le désert...
C’est un doigt d’honneur à tous les détracteurs de ce qu’il nomme la « démocratie russe ». Gérard Depardieu habitera au 1 rue de la Démocratie, à Saransk, en Mordovie. Un coup de tête de plus dans la vie mouvementée de l’acteur. Depardieu est un homme qui vit ses passions sans réfléchir. Et le football en est une. A 17 piges, Gégé tape le cuir avec les juniors de Châteauroux. Obélix se réfugie dans le foot... quand il n’est pas trafiquant de cigarettes ou garde du corps de prostituées. « C’était un petit voyou, un semeur de merde, un provocateur. [...] Mais ce qu'il faisait à l'époque, c’est rien par rapport aux jeunes d'aujourd'hui » raconte sur Lamontagne.fr Jean-Pierre Bégin, un agent immobilier de Châteauroux qui a traîné dans les mêmes bars que Depardieu. Gérard, qui mesure déjà 1,80 m à 12 ans, joue gardien de but durant la saison 1965-1966. Pour déstabiliser les adversaires, il a même sa petite astuce : « Je poussais des cris tellement forts que les petits attaquants en face n’osaient même plus tirer au but » expliquait-il au site de la FIFA, en octobre dernier. Sur les conseils de son ami, le comédien Michel Pilorgé, il plaque tout et rejoint Paris. Bien qu’originaires de la même ville, c’est dans la capitale que Gérard rencontre Michel Denisot. Les deux hommes se fréquentent au bar de la rue Mouffetard, dans le Ve. A Châteauroux, Gérard « traînait avec Jacky Merveille, un garçon encore plus baraqué et jusqu'au-boutiste que lui. Quand on les voyait arriver, on changeait de trottoir. Et s'ils demandaient l'heure, on leur donnait la montre avec » se souvenait avec sourire Michel Denisot dans les colonnes du Figaro en 2009.
« Il était là pour le foot et... le chablis !»
Président de la Berrichonne entre 1989 et 1991, Michel Denisot prend les rênes du PSG dans la foulée. Avec le président castelroussin à la tête du club de la capitale, tout semble réuni pour que Depardieu supporte Paris. Mais l’acteur va surprendre son monde et jeter son dévolu sur l’AJ Auxerre, coachée par ce « paysan lettré » de Guy Roux. Un choix sportif, mais pas que. Car, si l’année 1996 est celle du doublé Coupe-Championnat pour Auxerre, c’est aussi celle d’un millésime exceptionnel pour le vin local, le chablis. Coïncidence ? Pas vraiment. « Il était là pour le foot et... le chablis (rires) ! Il est viticulteur et il s’intéresse aux vins réputés » explique Patrick Bonnot, journaliste à L’Yonne Républicaine et déjà présent en 1996.
En plus de descendre des litres de pinard, Gégé devient la mascotte d’Auxerre. Pourquoi ? Comment ? Gérard Bourgoin, actuel président du club et ami de longue date, est peut-être celui qui explique le mieux les circonstances de cette rencontre un peu particulière. En plus de lui présenter Fidel Castro, le roi de la volaille lui fait découvrir l’AJA. « Je l’ai connu grâce à Jean Carmet. C’est devenu un proche. Il m’accompagnait durant les rassemblements de l’équipe. Il se sentait très bien dans le groupe ». Emmenés par les Charbonnier, Diomède, Laslandes et autres Guivarc’h, les Bourguignons cartonnent et ne semblent pas perturbés par la présence du mythe Depardieu. Que ce soit sur le banc, aux côtés de Guy Roux, dans les gradins avec Bourgoin ou dans les vestiaires avec les joueurs, Gégé se fond dans le moule. « C’est un garçon qui se met toujours à la portée des gens avec qui il vit, souligne Bourgoin. Il n’avait pas de position précise à l’intérieur du groupe mais il parlait beaucoup aux joueurs, il aimait bien rire avec eux. Il a contribué à créer une bonne ambiance. » Difficile pour autant de penser qu’une telle star n’ait pas bouleversé la vie de l’effectif. Le buzz autour de la présence de Depardieu en Bourgogne est énorme. Pas l’idéal pour maintenir l’équipe éloignée de la pression. Une équipe reléguée à 10 points du PSG à la trêve mais qui finira devant les Parisiens (dont le président est pote, Michel Denisot) à la fin de la saison. « C’est sûr que la présence de Depardieu a donné une autre dimension à la saison d'Auxerre mais, contrairement à ce que l’on peut penser, ce n’était pas un élément perturbateur. Disons que c’était un élément catalyseur pour les joueurs, qui devaient sans doute s'amuser de sa présence et de ses conseils. Peut-être que certains étaient même tout contents de côtoyer une star comme lui » analyse Patrick Bonnot.
L’humaniste Blatter et la Corée du Nord
Depardieu prend son rôle à cœur et n'hésite pas à s’impliquer dans la vie du vestiaire. Bourgoin se rappelle, avec sourire, de la demi-finale de Coupe de France face à l’OM. « Gérard Depardieu était avec nous pendant la préparation, durant deux jours. Il avait participé à sa manière au match qu’on avait gagné aux tirs au but. Il ne connaissait pas vraiment le règlement et je me souviens que durant la séance des pénos, il a voulu entrer sur le terrain avec les joueurs (rires). » Très vite, Gégé devient un porte-bonheur pour les hommes de Guy Roux. « Après le match, on lui a demandé de rester avec nous jusqu’au bout. Il est resté jusqu’à la finale qu’on a gagnée (contre Nîmes (2-1), ndlr). Il était fou de joie, ça venait du cœur, comme un vrai supporter ».
Et Guy Roux alors ? Connu pour protéger son groupe à l'extrême, l’homme au bonnet a, semble-t-il, accepté la compagnie de Cyrano. « Il n'était pas contre la présence de Depardieu parce qu’il était tellement sympa et débonnaire que ça l'amusait. Je pense que ça attirait les médias et que ça protégeait son groupe » souligne Bonnot. Gégé était donc du pain béni pour Roux.
Depuis, Depardieu a rangé les crampons et chacune de ses frasques est ultra-médiatisée. L’acteur russe est partout : le 7 janvier dernier, il assiste à la cérémonie de remise du Ballon d’Or aux côtés de son pote Sepp Blatter, en Suisse. Le 6 février, la photo de son son visage bouffi calé entre Djibril Cissé et Nenê, dans le désert du Qatar, fait le tour du monde. Lundi, il s’affichait avec Kadyrov, président de la République de Tchétchénie, plus connu pour trancher des têtes, offrir des montres aux stars du foot, que pour promouvoir l’emploi dans son pays. « Vous savez, il faut pas chercher très loin. Avec lui, il suffit d'être là le bon jour. Il aime bien toutes les opérations populaires. C'est pas quelque chose qui est calculé d'avance, avec préméditation. Il fonctionne aux coups de cœur » explique Bourgoin.
C’est sans doute sur un nouveau « coup de cœur » qu’il est devenu l’ami de Sepp Blatter, « un homme extraordinaire et un humaniste profond ». Et c’est donc, encore « sur un coup de cœur » que l’acteur s’est découvert une nouvelle passion : « J’adore le foot féminin. Les filles sont aussi efficaces que les hommes et elles sont moins douillettes. [...] Ça peut adoucir les tribunes, certains mouvements racistes, dont on a eu la preuve encore il n’y a pas longtemps, en Italie. Comme par hasard » a-t-il avoué à L’Equipe TV, début janvier. Depardieu affirme également être impressionné par l’équipe féminine de Corée du Nord, «vice-championne du monde en 2011». Et qu’importe, au fond, si ce sont les Japonaises qui ont gagné et que les Coréennes n’ont même pas passé le cap des phases de poules. Car Gégé est un homme qui suit le football comme il vit : avec les tripes. A moins qu’il ne s’agisse des restes du chablis…
« Il était là pour le foot et... le chablis !»
Président de la Berrichonne entre 1989 et 1991, Michel Denisot prend les rênes du PSG dans la foulée. Avec le président castelroussin à la tête du club de la capitale, tout semble réuni pour que Depardieu supporte Paris. Mais l’acteur va surprendre son monde et jeter son dévolu sur l’AJ Auxerre, coachée par ce « paysan lettré » de Guy Roux. Un choix sportif, mais pas que. Car, si l’année 1996 est celle du doublé Coupe-Championnat pour Auxerre, c’est aussi celle d’un millésime exceptionnel pour le vin local, le chablis. Coïncidence ? Pas vraiment. « Il était là pour le foot et... le chablis (rires) ! Il est viticulteur et il s’intéresse aux vins réputés » explique Patrick Bonnot, journaliste à L’Yonne Républicaine et déjà présent en 1996.
En plus de descendre des litres de pinard, Gégé devient la mascotte d’Auxerre. Pourquoi ? Comment ? Gérard Bourgoin, actuel président du club et ami de longue date, est peut-être celui qui explique le mieux les circonstances de cette rencontre un peu particulière. En plus de lui présenter Fidel Castro, le roi de la volaille lui fait découvrir l’AJA. « Je l’ai connu grâce à Jean Carmet. C’est devenu un proche. Il m’accompagnait durant les rassemblements de l’équipe. Il se sentait très bien dans le groupe ». Emmenés par les Charbonnier, Diomède, Laslandes et autres Guivarc’h, les Bourguignons cartonnent et ne semblent pas perturbés par la présence du mythe Depardieu. Que ce soit sur le banc, aux côtés de Guy Roux, dans les gradins avec Bourgoin ou dans les vestiaires avec les joueurs, Gégé se fond dans le moule. « C’est un garçon qui se met toujours à la portée des gens avec qui il vit, souligne Bourgoin. Il n’avait pas de position précise à l’intérieur du groupe mais il parlait beaucoup aux joueurs, il aimait bien rire avec eux. Il a contribué à créer une bonne ambiance. » Difficile pour autant de penser qu’une telle star n’ait pas bouleversé la vie de l’effectif. Le buzz autour de la présence de Depardieu en Bourgogne est énorme. Pas l’idéal pour maintenir l’équipe éloignée de la pression. Une équipe reléguée à 10 points du PSG à la trêve mais qui finira devant les Parisiens (dont le président est pote, Michel Denisot) à la fin de la saison. « C’est sûr que la présence de Depardieu a donné une autre dimension à la saison d'Auxerre mais, contrairement à ce que l’on peut penser, ce n’était pas un élément perturbateur. Disons que c’était un élément catalyseur pour les joueurs, qui devaient sans doute s'amuser de sa présence et de ses conseils. Peut-être que certains étaient même tout contents de côtoyer une star comme lui » analyse Patrick Bonnot.
L’humaniste Blatter et la Corée du Nord
Depardieu prend son rôle à cœur et n'hésite pas à s’impliquer dans la vie du vestiaire. Bourgoin se rappelle, avec sourire, de la demi-finale de Coupe de France face à l’OM. « Gérard Depardieu était avec nous pendant la préparation, durant deux jours. Il avait participé à sa manière au match qu’on avait gagné aux tirs au but. Il ne connaissait pas vraiment le règlement et je me souviens que durant la séance des pénos, il a voulu entrer sur le terrain avec les joueurs (rires). » Très vite, Gégé devient un porte-bonheur pour les hommes de Guy Roux. « Après le match, on lui a demandé de rester avec nous jusqu’au bout. Il est resté jusqu’à la finale qu’on a gagnée (contre Nîmes (2-1), ndlr). Il était fou de joie, ça venait du cœur, comme un vrai supporter ».
Et Guy Roux alors ? Connu pour protéger son groupe à l'extrême, l’homme au bonnet a, semble-t-il, accepté la compagnie de Cyrano. « Il n'était pas contre la présence de Depardieu parce qu’il était tellement sympa et débonnaire que ça l'amusait. Je pense que ça attirait les médias et que ça protégeait son groupe » souligne Bonnot. Gégé était donc du pain béni pour Roux.
Depuis, Depardieu a rangé les crampons et chacune de ses frasques est ultra-médiatisée. L’acteur russe est partout : le 7 janvier dernier, il assiste à la cérémonie de remise du Ballon d’Or aux côtés de son pote Sepp Blatter, en Suisse. Le 6 février, la photo de son son visage bouffi calé entre Djibril Cissé et Nenê, dans le désert du Qatar, fait le tour du monde. Lundi, il s’affichait avec Kadyrov, président de la République de Tchétchénie, plus connu pour trancher des têtes, offrir des montres aux stars du foot, que pour promouvoir l’emploi dans son pays. « Vous savez, il faut pas chercher très loin. Avec lui, il suffit d'être là le bon jour. Il aime bien toutes les opérations populaires. C'est pas quelque chose qui est calculé d'avance, avec préméditation. Il fonctionne aux coups de cœur » explique Bourgoin.
C’est sans doute sur un nouveau « coup de cœur » qu’il est devenu l’ami de Sepp Blatter, « un homme extraordinaire et un humaniste profond ». Et c’est donc, encore « sur un coup de cœur » que l’acteur s’est découvert une nouvelle passion : « J’adore le foot féminin. Les filles sont aussi efficaces que les hommes et elles sont moins douillettes. [...] Ça peut adoucir les tribunes, certains mouvements racistes, dont on a eu la preuve encore il n’y a pas longtemps, en Italie. Comme par hasard » a-t-il avoué à L’Equipe TV, début janvier. Depardieu affirme également être impressionné par l’équipe féminine de Corée du Nord, «vice-championne du monde en 2011». Et qu’importe, au fond, si ce sont les Japonaises qui ont gagné et que les Coréennes n’ont même pas passé le cap des phases de poules. Car Gégé est un homme qui suit le football comme il vit : avec les tripes. A moins qu’il ne s’agisse des restes du chablis…
Par Grégory Blasco & Jules Rouhling
Mais qu'est-ce que fout le FC Gueugnon ?

















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"Avant et...bien avant".
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Alors oui la Russie n'est pas une démocratie libérale, dans le genre où nous sommes habitués en France ou aux États Unis( qui part ailleurs est une démocratie des plus étranges en terme d'élections par exemple ); mais ce n'est pas pour autant un régime autoritaire. Donc Gégé n'avait pas complétement tort lorsqu'il parlait de la démocratie russe.
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Je vais demander à ma femme de valider tiens....
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Je ne dis pas que ces actes aux USA font que ce n'est pas une démocratie. Je dis que ce ne sont pas ces actes qui peuvent en faire un régime non démocratique.
Euh, Ron Harris, tous ce que je vois, ce sont tes propres autocongratulations. Les réponses de ton détracteur sont bien mieux argumentées que ce torchon de réponse auquel je suis en train de répondre, non?
En quoi ses réponses sont plus bancales que cet hymne à toi-même bourré de suffisance?
De quelle bonne foi parles-tu?
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Tu te contredits toi même dans ta réponse... mais ce n'est pas très grave on a l'habitude avec toi... "encadrement de la population, répression..." c'est exactement ce qui a cours en Russie et si pour toi autoriser l'opposition c'est mettre en prison les opposants et se refiler le pouvoir avec son pote Medvedev tous les 4 ans... je préfère de loin notre conception bien française de la démocratie...et les assassinats de journalistes qui fouinent un peu trop(Politkovskaia entre autre) ce n'est pas de l'encadrement de la population ça? 300 journalistes assassinés en Russie depuis 93 quand même...
les interventions en Georgie ou en Tchétchénie ne sont-elles pas des preuves d'autoritarisme? Les russes veulent imposer leurs propres règles dans ces régions pourtant...
Bref j'arrêterais là pour le débat politique qui n'a pas lieu d'être sur un site de foot, mais qu'on ne vienne pas me dire que la Russie n'est pas un régime autoritaire... Bientôt Depardieu va venir nous dire que Blatter est un humaniste... (ah pardon j'oubliais c'est déjà fait...)
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Et les arguments de Ron Harris sont intéressantes et méritent du répondant, plutôt qu'ironie et contradiction sommaire.
C'est assez regrettable, (le lendemain de la mort de Stéphane Hessel notamment), de penser que France ou Italie ou... Sont des modèles de fonctionnement démocratique.
Je peux au moins dire qu'une démocratie est un concept vivant et évolutif, il ne dépend pas de règles ou de principes, et est pétri de contradictions.
Donc les raisonnement directs façon "je connais la liberté, je suis le nombril du monde" en sont pas nécessaires.
J'ai mis des +1 tant que je pouvais.
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