1. //
  2. // Cinéma

On l'a vu récemment au Qatar avec Nenê et Cissé ou en Suisse lors de de la cérémonie du Ballon d'Or, avec son pote Sepp Blatter. Gérard Depardieu est un homme de ballon, et pas que de rouge. Une passion qui ne date pas d'hier. Les plus vieux se souviennent du gardien « voyou » de Châteauroux. Les autres n'ont pas oublié 1996 et le titre auxerrois. Un titre que, quelque part, l'AJA doit aussi à « Gégé » .

Modififié
16 54
C'est un doigt d'honneur à tous les détracteurs de ce qu'il nomme la « démocratie russe » . Gérard Depardieu habitera au 1 rue de la Démocratie, à Saransk, en Mordovie. Un coup de tête de plus dans la vie mouvementée de l'acteur. Depardieu est un homme qui vit ses passions sans réfléchir. Et le football en est une. A 17 piges, Gégé tape le cuir avec les juniors de Châteauroux. Obélix se réfugie dans le foot... quand il n'est pas trafiquant de cigarettes ou garde du corps de prostituées. « C'était un petit voyou, un semeur de merde, un provocateur. [...] Mais ce qu'il faisait à l'époque, c'est rien par rapport aux jeunes d'aujourd'hui » raconte sur Lamontagne.fr Jean-Pierre Bégin, un agent immobilier de Châteauroux qui a traîné dans les mêmes bars que Depardieu. Gérard, qui mesure déjà 1,80 m à 12 ans, joue gardien de but durant la saison 1965-1966. Pour déstabiliser les adversaires, il a même sa petite astuce : « Je poussais des cris tellement forts que les petits attaquants en face n'osaient même plus tirer au but » expliquait-il au site de la FIFA, en octobre dernier. Sur les conseils de son ami, le comédien Michel Pilorgé, il plaque tout et rejoint Paris. Bien qu'originaires de la même ville, c'est dans la capitale que Gérard rencontre Michel Denisot. Les deux hommes se fréquentent au bar de la rue Mouffetard, dans le Ve. A Châteauroux, Gérard « traînait avec Jacky Merveille, un garçon encore plus baraqué et jusqu'au-boutiste que lui. Quand on les voyait arriver, on changeait de trottoir. Et s'ils demandaient l'heure, on leur donnait la montre avec » se souvenait avec sourire Michel Denisot dans les colonnes du Figaro en 2009.

« Il était là pour le foot et... le chablis ! »

Président de la Berrichonne entre 1989 et 1991, Michel Denisot prend les rênes du PSG dans la foulée. Avec le président castelroussin à la tête du club de la capitale, tout semble réuni pour que Depardieu supporte Paris. Mais l'acteur va surprendre son monde et jeter son dévolu sur l'AJ Auxerre, coachée par ce « paysan lettré » de Guy Roux. Un choix sportif, mais pas que. Car, si l'année 1996 est celle du doublé Coupe-Championnat pour Auxerre, c'est aussi celle d'un millésime exceptionnel pour le vin local, le chablis. Coïncidence ? Pas vraiment. « Il était là pour le foot et... le chablis (rires) ! Il est viticulteur et il s'intéresse aux vins réputés » explique Patrick Bonnot, journaliste à L'Yonne Républicaine et déjà présent en 1996.

En plus de descendre des litres de pinard, Gégé devient la mascotte d'Auxerre. Pourquoi ? Comment ? Gérard Bourgoin, actuel président du club et ami de longue date, est peut-être celui qui explique le mieux les circonstances de cette rencontre un peu particulière. En plus de lui présenter Fidel Castro, le roi de la volaille lui fait découvrir l'AJA. « Je l'ai connu grâce à Jean Carmet. C'est devenu un proche. Il m'accompagnait durant les rassemblements de l'équipe. Il se sentait très bien dans le groupe » . Emmenés par les Charbonnier, Diomède, Laslandes et autres Guivarc'h, les Bourguignons cartonnent et ne semblent pas perturbés par la présence du mythe Depardieu. Que ce soit sur le banc, aux côtés de Guy Roux, dans les gradins avec Bourgoin ou dans les vestiaires avec les joueurs, Gégé se fond dans le moule. « C'est un garçon qui se met toujours à la portée des gens avec qui il vit, souligne Bourgoin. Il n'avait pas de position précise à l'intérieur du groupe mais il parlait beaucoup aux joueurs, il aimait bien rire avec eux. Il a contribué à créer une bonne ambiance. » Difficile pour autant de penser qu'une telle star n'ait pas bouleversé la vie de l'effectif. Le buzz autour de la présence de Depardieu en Bourgogne est énorme. Pas l'idéal pour maintenir l'équipe éloignée de la pression. Une équipe reléguée à 10 points du PSG à la trêve mais qui finira devant les Parisiens (dont le président est pote, Michel Denisot) à la fin de la saison. « C'est sûr que la présence de Depardieu a donné une autre dimension à la saison d'Auxerre mais, contrairement à ce que l'on peut penser, ce n'était pas un élément perturbateur. Disons que c'était un élément catalyseur pour les joueurs, qui devaient sans doute s'amuser de sa présence et de ses conseils. Peut-être que certains étaient même tout contents de côtoyer une star comme lui  » analyse Patrick Bonnot.

L'humaniste Blatter et la Corée du Nord

Depardieu prend son rôle à cœur et n'hésite pas à s'impliquer dans la vie du vestiaire. Bourgoin se rappelle, avec sourire, de la demi-finale de Coupe de France face à l'OM. « Gérard Depardieu était avec nous pendant la préparation, durant deux jours. Il avait participé à sa manière au match qu'on avait gagné aux tirs au but. Il ne connaissait pas vraiment le règlement et je me souviens que durant la séance des pénos, il a voulu entrer sur le terrain avec les joueurs (rires). » Très vite, Gégé devient un porte-bonheur pour les hommes de Guy Roux. « Après le match, on lui a demandé de rester avec nous jusqu'au bout. Il est resté jusqu'à la finale qu'on a gagnée (contre Nîmes (2-1), ndlr). Il était fou de joie, ça venait du cœur, comme un vrai supporter  » .

Youtube

Et Guy Roux alors ? Connu pour protéger son groupe à l'extrême, l'homme au bonnet a, semble-t-il, accepté la compagnie de Cyrano. « Il n'était pas contre la présence de Depardieu parce qu'il était tellement sympa et débonnaire que ça l'amusait. Je pense que ça attirait les médias et que ça protégeait son groupe » souligne Bonnot. Gégé était donc du pain béni pour Roux.

Depuis, Depardieu a rangé les crampons et chacune de ses frasques est ultra-médiatisée. L'acteur russe est partout : le 7 janvier dernier, il assiste à la cérémonie de remise du Ballon d'Or aux côtés de son pote Sepp Blatter, en Suisse. Le 6 février, la photo de son son visage bouffi calé entre Djibril Cissé et Nenê, dans le désert du Qatar, fait le tour du monde. Lundi, il s'affichait avec Kadyrov, président de la République de Tchétchénie, plus connu pour trancher des têtes, offrir des montres aux stars du foot, que pour promouvoir l'emploi dans son pays. « Vous savez, il faut pas chercher très loin. Avec lui, il suffit d'être là le bon jour. Il aime bien toutes les opérations populaires. C'est pas quelque chose qui est calculé d'avance, avec préméditation. Il fonctionne aux coups de cœur » explique Bourgoin.

C'est sans doute sur un nouveau « coup de cœur » qu'il est devenu l'ami de Sepp Blatter, « un homme extraordinaire et un humaniste profond  » . Et c'est donc, encore « sur un coup de cœur » que l'acteur s'est découvert une nouvelle passion : « J'adore le foot féminin. Les filles sont aussi efficaces que les hommes et elles sont moins douillettes. [...] Ça peut adoucir les tribunes, certains mouvements racistes, dont on a eu la preuve encore il n'y a pas longtemps, en Italie. Comme par hasard » a-t-il avoué à L'Equipe TV, début janvier. Depardieu affirme également être impressionné par l'équipe féminine de Corée du Nord, « vice-championne du monde en 2011 » . Et qu'importe, au fond, si ce sont les Japonaises qui ont gagné et que les Coréennes n'ont même pas passé le cap des phases de poules. Car Gégé est un homme qui suit le football comme il vit : avec les tripes. A moins qu'il ne s'agisse des restes du chablis…

Par Grégory Blasco & Jules Rouhling
Modifié

benbecker
Note : 2
Blatter et l'humanisme? "C'est comme Marc Dutroux qui rencontrerait Candy"!
Spartakist Niveau : CFA2
Note : 1
La photo avec Blatter et Depardieu, on dirait une pub pour un régime.

"Avant et...bien avant".
PPPff on est déjà gavés dans les medias généralistes de "Gégé part en Russie", "Gégé habite rue de la démocratie", "Gégé a mangé des moules avec le président russe", etc etc...
Etes vous vraiment obligé d'en remettre une couche ?
*somagic* Niveau : CFA
Note : 1
Et dire que vous vous êtes mis à deux pour pondre cet article... oO
Je vais demander à ma femme de valider tiens....
franky4fingers Niveau : DHR
Note : 2
c'est quand même le type le plus influençable du monde le Gégé. Il te glorifie n'importe quel dictateur du moment qu'il l'aurait invité à une soirée, voir un match, ou déguster un bon verre de vin.
Spartakist Niveau : CFA2
Note : -4
Message posté par RonHarris
N'en déplaise aux experts auto proclamés de la politique et de la géopolitique, la Russie est bien une démocratie. Une démocratie que l'on qualifie de non libérale dans la littérature qui est consacré à son étude dans les milieux universitaires. Il y a des élections en Russie, plus ou moins libres et plus ou moins truquées, au contraire de la Chine qui est un régime autoritaire dans lequel les seules élections concernent le niveau le plus bas de gouvernance qu'est le gouvernement local. Il y a une certaine liberté de la presse et d'expression, bien que cette liberté soit souvent bafouée. Il n'y a pas de place pour les opposants ou dissidents en Chine, en tout cas les cas de censure y sont bien plus nombreux qu'en Russie.

Alors oui la Russie n'est pas une démocratie libérale, dans le genre où nous sommes habitués en France ou aux États Unis( qui part ailleurs est une démocratie des plus étranges en terme d'élections par exemple ); mais ce n'est pas pour autant un régime autoritaire. Donc Gégé n'avait pas complétement tort lorsqu'il parlait de la démocratie russe.


Merci, j'allais m'y coller mais je ne l'aurais pas mieux dit.
Partenaires
Trash Talk basket Vietnam Label Le kit du supporter
16 54