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Georgio : « Pour le clip, je ne voulais personne d'autre que mon frère »

Ce mardi, Georgio a balancé son nouveau clip, Rêveur, un morceau dédié à son jeune frère, Anatole, qui essaie de percer dans le foot. À quelques jours de la sortie de son album Bleu Noir, Georgio nous en dit un peu plus sur ce nouveau morceau.

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Ton nouveau titre, Rêveur, parle de ton petit frère qui est en centre de formation. Peux-tu nous expliquer comment cela t'est venu ?
En fait, il jouait l'année dernière à Virton, en Ligue 2 belge, et en fin de saison, il se trouve que j'avais un festival en Belgique, donc j'en ai profité pour aller voir un de ses matchs, étant donné que je ne l'avais encore jamais vu jouer. Et quelques jours avant le match, il m'apprend qu'il ne jouera pas et qu'il ne sera même pas sur la feuille de match. Il était vraiment dégoûté, d'autant qu'ils étaient 13es, et qu'à deux journées de la fin, il n'y avait plus rien à jouer. J'étais vraiment frustré et en colère pour lui et c'est comme ça que j'ai écrit Rêveur dans la foulée.

Et du coup, il est resté jouer là-bas ?
Non, pour se relancer après cette saison belge, il a décidé de venir jouer à Luzenac en DH. Il espère faire une saison pleine pour se relancer.

Ça fait longtemps qu'il joue au foot ?
Non, pas tant que ça, il a commencé vers 12-13 ans, je crois. À la base, moi, j'étais en sport-étude basket, et donc, il a commencé à jouer au basket pour suivre un peu son grand frère. Surtout que mes parents ne voulaient pas trop qu'il joue au foot, ils avaient une image un peu beauf de ce sport. Mais dès qu'il a été un peu plus grand, il a dit « merde » à tout le monde et il s'est inscrit dans un club de quartier. Il a donc commencé à jouer plus tard que la moyenne.

Et comment s'est fait son départ en Belgique, via un agent ?
Non, mais en revanche, s'il ne perce pas dans le foot, je pense qu'il peut devenir agent. Sans déconner, hein. Quand il cherchait un club, il avait fait une liste de tous les clubs qui pouvaient l'intéresser, que ce soit en Belgique, en Suisse ou même ailleurs. Il a fait ça tout seul, avec l'aide de mon père qui l'a épaulé pour faire son CV en français et en anglais, et derrière, il a appelé les clubs, il s'est démerdé tout seul et c'est comme ça qu'il a trouvé le club de Virton.

Et aujourd'hui, à Luzenac, il est dans quel état d'esprit, toujours celui de percer en pro ?
Forcément, il n'est pas dans un délire d'aller à la Coupe du monde dans trois ans, mais s'il parvient à bien se relancer à Luzenac, il espère bien viser des équipes réserves ou quelque chose comme ça. À l'heure actuelle, il ne vit pas du foot, il suit encore des études.

Et quand vous étiez gamins, que vous jouiez au foot, il était déjà super fort ?
Je pense que c'est vraiment en club qu'il a progressé. Physiquement, il a toujours été assez costaud, mais il n'était pas forcément la pépite du quartier. Ce n'est pas un Neymar. Déjà, il joue milieu défensif, il est plus dans la vision du jeu, sans faire de fioritures. Ce n'est pas le plus technique, mais il est très bon physiquement et dans la vista.

Et alors, il est meilleur au foot que tu ne l'étais au basket ?
Bah oui, clairement ! Surtout que j'ai arrêté le basket vers 15-16 ans, à un âge où les mecs étaient des montagnes physiques, alors que moi, j'étais tout mince. À 19 ans, je n'aurais jamais pu suivre le rythme, alors que lui, au même âge, il a réellement un physique de footballeur. Cet été, je suis allé courir avec lui autour d'un stade, et rapidement, il m'a mis deux tours d'avance. En même temps, c'est normal, il a une hygiène de vie irréprochable, il ne boit pas, il ne fume pas et il fait attention à ce qu'il mange, donc à partir de là, ça aide à rester en forme. Surtout que ce qui fait décoller les jeunes du sport, ce sont les premières sorties, les cigarettes et tout ça. C'est un âge où il faut être fort dans sa tête.

Toi dans le rap et lui dans le foot, les deux frangins ont choisi des voies où il y a beaucoup d'appelés pour peu d'élus…
Ouais, c'est clair. Après, on est déterminés tous les deux, c'est quelque chose que nos parents nous ont transmis, ne jamais lâcher, toujours faire ce que tu as vraiment envie de faire. Peu importent les efforts et les sacrifices que ça demande, il faut y aller. Et puis si ça ne marche pas pour nous, on retournera mettre les mains dans la merde, on n'a pas peur de ça.

Pour en revenir à la chanson, comment il a réagi quand tu lui as dit que tu avais écrit un morceau qui parlait de lui ?
J'ai écrit la chanson dès qu'il m'a appris qu'il ne jouerait pas ce match-là. Le jour du match, je suis quand même allé le voir et en entrant chez lui, je lui ai dit que j'avais écrit un truc sur lui. Je lui ai fait écouter sur mon iPhone. Il n'y avait même pas encore de refrain. C'était un moment assez émouvant, car il était vraiment touché, j'avais l'impression de lui faire câlin pour lui dire : « Vas-y, lâche rien, on va y arriver. »

C'est bien ton frère que l'on voit dans le clip. Quand est arrivé le moment de cliper, c'était une évidence de le mettre dedans ?
Ouais, je ne voulais pas quelqu'un d'autre. Avec ma musique, je ne triche pas, je parle toujours de personnes qui existent vraiment, et à chaque fois, ce sont les vrais prénoms. Si on change le moindre truc, j'ai l'impression que ça sonne faux, ce n'est plus la même histoire. La chanson est pour Anatole, et il était hors de question que ce soit un acteur, je voulais que mon frère soit dedans à tout prix.

Et lui, il a été d'accord tout de suite ?
Ouais, direct. Il m'a même envoyé des mythos, genre : « Ouais mec, tu peux m'envoyer le morceau pour que je m'imprègne du truc. » (rires) Pour la petite histoire, mon père a dû négocier avec ma mère pour qu'il puisse sécher une matinée de cours pour pouvoir venir tourner. Mes parents étaient super contents de voir leurs deux enfants dans le même clip, surtout avec une chanson qui est dédiée au petit frère.

Vous avez tourné dans le stade de Champigny, c'est parce qu'il a une histoire particulière, ou juste comme ça ?
Non, c'est juste une histoire de simplicité. Quand tu veux tourner un clip de rap, au niveau des autorisations de la mairie et tout ça, ce n'est pas facile. Et puis, en plus, on aimait bien la gueule de ce stade avec les tribunes, la piste autour.

Peut-être que ce clip va donner de la visibilité à ton frère au niveau des clubs ?
Qui sait ? Ce serait fou. Mais on ne l'a vraiment pas fait dans ce délire. Ce n'est pas une démo de footballeur, ce clip, c'est juste un truc entre nous, finalement.

Youtube


Propos recueillis par Gaspard Manet Sortie du nouvel album de Georgio, Bleu Noir, le 16 octobre prochain
En concert à Paris - La Cigale, le 22 janvier 2016
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J'aime bien sa manière de dire les choses.
Pis j'aime bien les Clash.
Pis j'aime bien le foot.

Alors j'aime bien cette interview.
J'aime bcp Georgio, je le suis depuis Homme de l'ombre mais depuis quelques temps il me déçoit.. Son EP "A l'abri" m'a très vite lassé. Après en freestyle ça reste chaud. J'espère que Bleu Noir sera à la hauteur
Cette piste est très moyenne, gros manque de rimes intelligentes. Refrain et instru bien cheaps aussi.
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