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Géopolitique du tirage au sort…

Remise à niveau pour les nuls qui bachottent. Révision express pour les bons qui préparent Sciences-Po. Sofoot.com fait plus fort que l’IRIS, Wikipedia et le Trivial Pursuit réunis. Voici quelques contextes politiques particuliers qui risquent d’enflammer certains matchs…

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USA vs le reste du monde…

Atouts seigneurs, tout honore : les USA et l’Allemagne cristallisent globalement encore l’aversion plus ou moins prononcée du reste du monde. Pour leur « impérialisme » culturel politique et militaire, les États-Unis ligueront contre eux un anti-américanisme de bon aloi, une répulsion plus vive, voire davantage. Et ce, malgré l’éternelle fascination que le phare du Nouveau Monde exerce plus que jamais auprès de toutes les populations de la planète. Iran compris ! Alors, citons d’abord toute l’Amérique latine (Amsud et Centrale), toujours rancunière envers los americanos, los gringos, los yankis… Le grand voisin méprisé d’abord : le Mexique, ses territoires perdus (le Texas, Fort Alamo, Davy Croquettes) et ses chicanos stigmatisés dans les États US du sud bordant le Rio grande. Idem pour le Costa Rica et le Honduras, formant l’arrière-cour du pays de l’Oncle Sam. Les peuples du Chili, d’Argentine, du Brésil ou d’Uruguay gardent en mémoire le souvenir des coups d’États militaires téléguidés par l’Amérique et de l’Opération Condor (répression tous azimuts pilotée aussi par la CIA). On connaît la haine légendaire chronique de Maradona pour les USA. Un rejet largement partagé dans cette partie du monde. Enfin, à l’instar, donc, de toutes les autres nations d’Amérique latine, la Colombie et l’Équateur afficheront plutôt fréquemment leur soutien à n’importe quelle équipe qui affrontera les États-Unis…

Avec les USA, d’autres rencontres potentiellement explosives peuvent valoir leur pesant de sensations politiques fortes. Un match des USA contre la Russie de Poutine réveillera bien un peu les fantômes de la Guerre Froide, déjà convoqués à l’occasion de la récente crise syrienne. Idem pour l’Iran : des tensions dans l’air à prévoir malgré la récente politique d’apaisement initiée conjointement par Barack Obama et l’ayatollah Rohani. Ceci dit, le Iran-USA à Gerland de France 1998 (2-1) s’était plutôt pas mal passé, grâce d’ailleurs à la même diplomatie de rapprochement voulue par l’ayatollah Khatami et l’ex-Grand Satan américain gouverné par Bill Clinton… En Asie et en Afrique, le sentiment anti-américain affleure sans doute aussi un peu, mais sans cette aversion plus palpable en Amérique latine. Au Mondial 2010, le match entre USA et Algérie (1-0), acteur diplomatique et pétrolier sourcilleux, n’avait rien généré d’excessif. Et puis, en foot, les États-Unis ne sont pas dominateurs : on peut les battre et prendre ainsi à bon compte de petites victoires symboliques…

Une autre Allemagne

Autre gros morceau, l’Allemagne. Pas besoin de ressasser le poids du nazisme et de la seconde Guerre Mondiale (1939-1945)… Le monde entier, et l’Europe d’abord, entretient donc un contentieux moral plus ou moins fort avec ce pays qui a marqué - en mal- l’Histoire contemporaine. Le dernier Euro 2012 a bien mis en évidence le ressentiment grec envers la Germanie. Les manifs d’Athènes fleurissent encore de slogans tels que « Merkel = SS » . Et pourtant le match des quarts (4-2 pour la Mannschaft) s’est parfaitement déroulé, entre joueurs et supporters. Car il faut dire que le temps qui passe a fait en partie son œuvre réparatrice et que l’Allemagne s’est dissoute dans l’Union Européenne (en affirmant toutefois un hégémonisme économique
jugé outrancier par ses partenaires). Et puis le visage de la sélection allemande a changé favorablement : la Mannschaft est jeune, sexy, métissée, souriante, humble et surtout, elle joue bien ! Du coup, comment en vouloir à ce pays lorsque l’on a été battu à la régulière par une équipe si talentueuse ? Pourquoi ressasser le passé, la guerre, « les Boches » ?

Autrefois, l’Allemagne hideuse (la RFA, en fait), soi-disant moins technique mais toujours victorieuse, inspirait la crainte et un certain militarisme. « Ils sont costauds, efficaces et cruellement réalistes » : un jugement sans appel envers ce foot prussien hérité d’une nation forte. Très forte. Trop forte… Séville 1982 : l’ogre Hrubesch et le sadique Schumacher avaient ravivé Blitzkrieg, Panzers et Kommandantur dans les esprits français. Battiston aurait sûrement été inhumé au Mont Valérien s’il n’avait survécu à l’agression de Harald-le-Terrible… On n’en est plus là, aujourd’hui. Même les Néerlandais ont enterré la hache de guerre depuis leur victoire contre la RFA en demies d’Euro 88 à Hambourg (2-1). Le géant russe Gazprom inonde économie et sports allemands (Schalke 04 notamment), du coup Stalingrad paraît bien loin. Aujourd’hui, en Europe, les matchs contre l’Allemagne proposent d’abord l’affiche de beaux « derbys » continentaux (contre France, Pays-Bas,Angleterre, Italie, Espagne, Russie, Portugal) plutôt que d’affrontements anciennement guerriers. Et puis plus globalement l’arrêt Bosman a fait transiter les meilleurs joueurs (et entraîneurs) européens à travers tous le Vieux Continent. Un Gernot Rohr est même devenu « un Français comme un autre » . Enfin Scorpion, Tokyo Hotel, l’inspecteur Derrick ou même Claudia Schiffer ont aussi rendu leur pays plus « aimable » . Alors pourquoi détester une Mannschaft qui, en plus, ne gagne plus ? On verra bien si de nouveaux sentiments anti-germaniques ne se manifesteraient de nouveau pas si l’Allemagne redevenait ce monstre froid qui « gagne toujours à la fin  » …

Et des Clásico !

Autres contextes sensibles… Le Japon et la Corée du Sud, d’abord. On avait beaucoup glosé sur un clash plein de périls si les deux Corée s’étaient rencontrées lors du dernier Mondial 2010. Tout faux, les bonobos ! Les deux jumelles coréennes nourrissent bien plus de haine envers les Nippons qu’entre elles mêmes. Avant la terrible occupation japonaise de la péninsule coréenne de 1910 à 1945, il y eut la grande invasion à la fin du 16e Siècle, puis pendant plusieurs siècles les pirates nippons razziaient les côtes de Corée… Des « excuses » officielles jamais présentées par les dignitaires japonais blessent toujours à vif les deux peuples coréens. Pyongyang soutiendra Séoul comme un seul homme contre Tokyo… L’Empire du Soleil levant, lui, a une dent contre la Russie : il revendique toujours sa souveraineté sur les îles Kouriles, selon lui injustement confisquées au profit de la Russie (l’URSS de Staline, en fait) à la fin de la deuxième Guerre Mondiale, en 1945. Et comme la Russie n’est pas disposée à les rendre aux Japonais, vous aurez une idée de l’animosité entourant un Japon-Russie lors de Brésil 2014…

Un classique plus connu, le très couru Argentine-Angleterre. Guerre des Malouines en 1982 et Main de Dieu plus But du Siècle maradonesques en 1986… Voilà pour le décor bien planté. Les choses s’étaient un peu tassées par la suite, sans violence réelle. Lors de France 98, l’Albiceleste l’avait emporté en 8es (2-2, 4 tab à 3), mais au Mondial asiatique de 2002, Beckham avait répondu sur péno (1-0) pour une égalisation symbolique. Et aujourd’hui ? Eh, bien ça risque d’être chaud car l’Argentine s’est fait rouler par la perfide Albion : cette dernière a fait fi des accords d’exploitation pétrolière off-shore conjointe avec l’Argentine. Le Royaume Uni pompe ce pétrole tout seul, laissant la patrie de Diego de côté. Résultat : l’Argentine est vénère comme Lucifer!

Et la France ?

Son passé colonial pourrait lui valoir un contexte tendu contre certaines ex-colonies d’Afrique. Mais avec l’Afrique Noire (Cameroun et Côte d’Ivoire), il n’y a pas vraiment de problèmes. Un peu à l’image du France-Sénégal du Mondial 2002 (0-1) où les vainqueurs avaient plus chambré qu’autre chose. Qui plus est beaucoup de Sénégalais, comme aujourd’hui les Camerounais et Ivoiriens, jouaient en France et étaient drivés par un coach français, le regretté Bruno Metsu. Un France-Algérie (ou Algérie-France) serait carrément plus explosif. Pas forcément en terme de violences mais en termes de fièvre passionnelle, surtout du côté algérien. Par réflexe d’affirmation identitaire de l’émancipé… Ça risque d’être chaud sur l’Avenue des Champs-Élysées en cas de victoire des Fennecs. En tout cas, on espère que ça sera plus festif que le France-Algérie d’octobre 2001 (4-1). Et puis Benzema et Nasri (s’il est dans les 23) devront assumer la destinée pas évidente des binationaux… On parle d’un Algérie-France, en mai-juin 2014, à Alger, si les deux pays ne tombent pas ensemble en poule. À suivre…

Enfin, un France-Portugal émoustille toujours les Portugais de France. Avec souvent chez eux le petit plus qui penche pour le pays des parents… Un France-Iran peut allumer quelques sentiments anti-français à Téhéran, du fait de la politique de « fermeté » du Quai d’Orsay dans la crise iranienne très récente. L’Australie doit bien encore conserver un reste de récriminations contre la France du fait des essais nucléaires dans le Pacifique. Même si la Nouvelle-Zélande serait plus rancunière, du fait de ces mêmes essais mais aussi depuis l’affaire du Rainbow Warrior (1983). Mais les All White ne se sont pas qualifiés : « les absents ont toujours tort » (dixit Winston Churchill, sifflant le verre de gin que Lord Mountbatten avait oublié de finir – 23 juin 1947)

Par Chérif Ghemmour

PS : appel aux internautes… C’est quoi exactement aujourd’hui le contexte politique entre Croatie et Bosnie ? À vos claviers ! Merci.

Enfin, lisez Terrain miné (quand la politique s’immisce dans le sport) – Éditions Hugo Sport, 2013. Bon bouquin, lu et approuvé par Zemmour & Naulleau.

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