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Gayà, de haut en bas

Fini les Jordi Alba et Juan Bernat. La nouvelle star du couloir gauche du FC Valence se nomme José Luis Gayà et affiche seulement 19 printemps. Plus qu'une reproduction de ses illustres prédécesseurs, le natif de Pedreguer a un passif très offensif et un présent plus défensif. Attention, crack en puissance.

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« Paterna est l'un des meilleurs centres de formation d'Espagne, il a sorti de grands joueurs. Aujourd'hui, il se trouve que ce sont de bons latéraux gauches qui en sortent, comme Jordi, ou un de mes amis, Gayà. » Juan Bernat, 21 ans en octobre dernier, ne savait pas trop où se mettre pour sa première conférence de presse avec le survêtement de la Roja. De même, il ne savait pas comment expliquer l'incroyable profusion d'arrières gauches de la Cantera de Valence. En revanche, en évoquant son dit ami, José Luis Gayà, le désormais Bavarois a vu juste : le petit dernier est un diamant brut. Une pépite qui n'avait connu qu'une seule apparition en Liga avant cet exercice, mais qui a accaparé le couloir gauche avec une précocité rare. Pour son coach, Nuno Espirito Santo, « Gayà est le joueur qui m'a le plus surpris en bien, tant par sa jeunesse que pour son envie de travailler » . De fait, il a déjà disputé 19 des 20 journées de championnat, et figure parmi les quatre éléments les plus utilisés par son entraîneur. Portrait d'un enfant pressé.

100 kilomètres à pied, ça use...


Après avoir vu le jour sur les bords de la Méditerranée au printemps 1995, José Luis Gayà délaisse rapidement le sable pour les prés. Sur le rectangle vert, il ne tarde pas à taper dans l'œil des scouts du FC Valence. Son surnom de « pêcheur de buts » n'y est pas étranger, lui, le petit attaquant Speedy Gonzalez. Entre son Pedreguer natal et la capitale de la communauté valencienne, il y a une côte en commun, mais tout de même 100 bornes d'écart. Un kilométrage qu'il va donc effectuer chaque jour, aller-retour, à partir de ses onze ans. Son passage chez les Chés se fait sans encombre. Il continue à empiler les buts, sur demi-terrain puis sur grand, avec une facilité déconcertante propre aux gauchers. Pourtant, malgré une première saison à 60 buts et un exercice suivant du même acabit, « je passe au fur et à mesure au poste d'ailier, puis de latéral » , relate l'intéressé dans les colonnes de Marca. À 16 ans, une fois installé en réserve, il ne cesse d'alterner entre ces deux positions. Avant que la direction sportive du club ne décide, le 1er février 2014, de le propulser en équipe première.

Pour son ancien entraîneur, Vicente Castro, la mue du gaillard s'est décidée « lors d'un match face à Elche, lorsqu'il avait 12, 13 ans » : « À cet âge-là, il a été un peu surpris. C'est normal. Mais il n'a jamais protesté et s'est adapté très rapidement. Nous pensions que si on lui laissait plus d'espaces, il ferait plus de différence. Et avec la qualité innée qu'il a à l'intérieur de la surface, on se disait que c'était une bonne arme pour surprendre l'adversaire. » Bingo, les envies de son coach de moins de 13 ans deviennent réalité. Plus que sa pointe de vitesse ravageuse, ses centres sur mesure ou son activité incessante, c'est sa faculté à absorber les consignes et à s'adapter au haut niveau qui interpellent. Tant et si bien qu'en décembre 2013, à seulement 18 piges, il devient le plus jeune joueur du FC Valence à entrer en jeu en compétition européenne lors d'une rencontre face au Kuban Krasnodar. Mieux, un an avant, Mauricio Pellegrino lui offre son baptême du feu en Coupe du Roi face à Llagostera. Malgré un statut de grand espoir du football espagnol, il poursuit toujours aujourd'hui son cursus pour disposer du bac local. Le tout avant d'intégrer une université.

Gayà : « Nous devons défendre »


Lors de cette pré-saison, il bluffe un Nuno Espirito Santo qui fait de lui un titulaire presque inamovible de son onze. Au sein du club, les arcanes murmurent qu'il serait même le plus doué de la lignée de Jordi Alba et Juan Bernat. Pour une raison qu'il évoque lui-même : « Les latéraux doivent avoir de la profondeur, mais il ne faut pas oublier que la première chose que nous devons faire, c'est défendre. » Ses qualités, aussi bien offensives que défensives, lui ont ainsi permis d'être dorloté par Vicente del Bosque himself. Florentino Pérez y est également allé de son commentaire. En lâchant face caméra « Il faut acheter ce garçon » , le président du Real Madrid met la direction du FC Valence face à ses ambitions. Avec une clause libératoire à « seulement » 18 millions d'euros, Peter Lim va devoir sortir le carnet de chèques pour prolonger son poulain. Rufete, directeur sportif des Chés, en a fait une affaire personnelle et a promis qu'il « allait prolonger » . L'été dernier, il avait choisi de virer Guardado et Cissokho pour faire de la place à Gayà. Une place qui, de haut en bas, d'attaque en défense, vaut déjà son pesant de kilomètres.


Par Robin Delorme, à Madrid
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You'll never walk without gerrard Niveau : CFA2
Je confirme, je trouve que Gaya, en comparaison des Alba, Guardado et Bernat, est tellement plus doué!! Même si Bernat reste énorme, je m'attendais pas à ce qu'il soit aussi fort mais Gaya a toujours été à l'écoute, travailleur et confiant
Hilltop Hoods Niveau : CFA2
C'est vrai que le centre de formation de Valence a sorti des pépites et puis il y a quand même une philosophie de jeu dans ce club qui est vraiment intéressante. Je me suis jamais emmerdé devant un match des Ché.
Très belle équipe de Valence, avec un moyenne d'age très faible, beaucoup de talent et de fraicheur!

Ce Gayà me rappelle un certain Guerreiro que j'aurais bien vu au passage évoluer dans cette équipe de Valence. Tous les deux initialement ailiers, ils font de supers latéraux.

Je mets une belle pièce sur ces deux jeunes pour les années à venir!
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