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Gastien : « Pourquoi pas nous ? »

Cinquième de Ligue 2, invaincu en 2018, Clermont reçoit vendredi soir le Stade de Reims dans la peau d'un chasseur à une montée en première division qui serait historique. À sa tête, un revanchard : Pascal Gastien, 54 ans dont vingt de coaching dans les pattes, qui déguste avec plaisir son retour sur un banc professionnel après un échec brutal à Châteauroux. Entretien avec un cérébral.

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Il paraît que lorsque vous êtes en poste, votre rythme de travail est le suivant : coucher autour de trois heures du matin, lever vers sept heures. Vous arrivez ensuite au club très tôt, pourquoi ?
Je pense que tous les entraîneurs sont comme ça. Moi, c’est vers 7h15. Ce n’est pas le meilleur moment de la journée, mais c’est un bon moment parce que ça me permet de mettre en place ce qu’on va faire dans la semaine, de discuter un peu avec les femmes de ménage. En fait, c’est un moment agréable, où il n’y a pas trop de monde, qui permet de se poser un petit peu.

Vendredi soir, vous allez affronter Reims, dont le retour en Ligue 1 la saison prochaine est quasiment plié. C’est une rencontre que l’on prépare différemment ?
Honnêtement, non. Là, tu vois, je suis en train de mettre la séance sur papier et, dans la préparation, c’est une rencontre comme les autres.

Après le nul contre Châteauroux (1-1), le 16 février dernier, vous avez pourtant tenu à calmer l’engouement naissant autour de Clermont : vous êtes actuellement cinquièmes de Ligue 2, vous avez la deuxième meilleure défense du championat... Vous n’êtes plus vraiment une équipe comme les autres depuis quelques semaines.
Certaines personnes, notamment les journalistes, ne comprenaient pas qu’on n'attaquait pas plus, qu’on ne soit pas plus efficaces (Clermont est actuellement la onzième défense de Ligue 2, ndlr), donc c’était juste bon de rappeler qu’on essayait de jouer, de pratiquer un bon football. Il me semblait important de rappeler aussi qu’aujourd’hui, Clermont est incapable de maîtriser entièrement une rencontre comme peuvent le faire les grosses équipes du championnat. Il faut savoir rester à sa place, faire preuve d’humilité. Depuis le début de saison, on essaye de maîtriser le plus de choses possibles, mais ce n’est pas quelque chose de simple.

« Il faut savoir rester à sa place, faire preuve d’humilité. Depuis le début de saison, on essaye de maîtriser le plus de choses possibles, mais ce n’est pas quelque chose de simple. »

Bourillon : « J’aime trop le foot pour rester sur un banc »

Parce que la Ligue 2, que vous avez retrouvée en septembre dernier à la suite de la nomination de Corinne Diacre à la tête des Bleues et après plus de deux ans d’absence, a changé ?
Pas forcément... Il y a toujours de grosses cylindrées, des effectifs solides. Après, c’est vrai qu’au niveau du jeu, j’ai l’impression que tous les entraîneurs essayent de plus en plus de proposer du jeu au sol, d’envoyer du spectacle.

Alors, pourquoi avoir replongé dans le monde pro ?
C’est un peu une surprise, en fait. Un jour, le président Michy m’a convoqué pour parler de l’état des terrains du centre de formation. Corinne était là et nous a reçus dans son bureau. Ils avaient discuté avant et c’est comme ça qu’on m’a proposé de prendre l’équipe première. On m’a donné un peu de temps pour réfléchir, j’en ai pris sûrement un peu plus que ce que le président espérait parce que j’étais très bien à la formation, où il y avait un projet très innovant partagé avec les rugbymen de l’AS Montferrand qui me tenait à cœur... Il m’a fallu un temps de réflexion pour accepter de reprendre la barre d’une équipe première, d’autant que j’avais été un peu échaudé par mes dernières expériences.


Au point d’imaginer ne plus jamais recommencer ?
Je ne me suis jamais dit ça. Quand j’ai été viré de Châteauroux en février 2015, j’avais surtout envie de retravailler, et vite. Quand Clermont m’a appelé pour reprendre le centre, par l’intermédiaire de Corinne, je n’ai pas hésité, tout en ne me mettant aucun frein. Surtout que finalement, c’est elle qui a appuyé ma candidature en septembre.

Qu’avez-vous appris à son contact ?
Ce qu’on apprend d’un entraîneur de haut niveau. On parlait du matin tout à l’heure, c’est le moment où l’on échangeait tous les deux le plus, on arrivait souvent ensemble. On a passé le BEPF tous les deux, donc ça rapproche, surtout que nos visions sur le jeu se ressemblent, sur la vie en générale aussi.

Avant d’arriver à Clermont, vous avez traversé une vaste période de doutes, de solitude. Que faisiez-vous ?
C’est vrai que j’ai mal vécu, très mal vécu mon licenciement de Châteauroux : la manière, ce qu’il s’est passé après... On a essayé de me mettre des bâtons dans les roues ensuite pour retrouver un nouveau club. Ça a été long, c’est compliqué comme période, mais c’est aussi la vie d’un entraîneur. On est dans un système qui nous prend beaucoup d’énergie, donc quand, d’un coup, tu te retrouves sans rien, ça te fait drôle, forcément. Passer d’une journée de vingt heures de travail au néant, c’est un choc.

« Voir quelqu’un qui tourne en rond à la maison, qui fait les travaux de la maison et qui, à un moment donné, n’a plus de feuilles à ramasser dans le jardin parce que c’est l’hiver... »

Est-ce qu’on est préparé à ça ?
Non, je pense qu’on n’est jamais préparé à ce genre de choses. En tout cas, moi, je ne l’étais pas. On nous en parle au BEPF, mais entre ce qu’il se passe dans les cours et dans la réalité, il y a une violence à laquelle on ne peut pas s’attendre. Et c’est aussi compliqué pour ta famille : avoir quelqu’un qui tourne en rond à la maison, qui fait les travaux de la maison et qui, à un moment donné, n’a plus de feuilles à ramasser dans le jardin parce que c’est l’hiver... Mais bon, c’est passé.

Dans ces moments-là, on coupe totalement du foot ?
Je n’ai jamais pu et j’ai aussi eu la chance d’être accueilli au Pôle espoirs de Châteauroux par Fabrice Dubois. Il m’a proposé de prendre en charge des séances, ce que je n’ai pas accepté pour le laisser travailler, mais je ne le remercierai jamais assez. Je pouvais toujours avoir ce lien avec le foot finalement. On ne lâche pas parce que c’est une passion, où l’on entre avec des convictions. Certaines personnes ont beaucoup de courage, certainement plus que moi, et arrivent à complètement changer de vie, mais quand vous pratiquez le foot à plein temps depuis l’âge de quatorze ans, c’est compliqué de tout lâcher. Hier encore, en tout cas, j’étais incapable de le faire. Aujourd’hui, je ne sais pas, parce que j’ai des enfants, des petits-enfants, mais hier, c’était impossible.


Qu’est-ce qui reste finalement, en vous, du foot des années 1980 ?
Évidemment, l’environnement a changé, mais je pense qu’il y a encore des bonnes personnes dans ce milieu. Le foot ne change pas totalement, c’est ce qu’on en fait qui change. J’ai toujours pris le foot comme un jeu, et dieu sait si j’aime gagner, et ce, dès mes quatorze ans. C’est là que ça a évolué, en fonction des modes. Dans les années 1980, on nous parlait surtout de qualités athlétiques, c’était l’Ajax, l’Allemagne, on formait des athlètes plus que des footballeurs. Aujourd’hui, la technique, l’intelligence de jeu ont pris leur place.

Justement, depuis plusieurs mois, des personnes comme Xavi ou Thierry Henry ont largement évoqué la part prise par la réflexion personnelle du joueur dans le jeu, ce qu’on appelle le QI foot. Vous pensez que c’est quelque chose qui n’est pas assez mis en avant ?
Bien sûr, et c’est d’ailleurs un point qu’on a évoqué avec les joueurs lundi dernier au moment de débriefer la victoire à Lens (1-0). Tous les jours, j’essaye de travailler là-dessus, de rendre autonomes les joueurs, de les faire réfléchir sur le jeu pour qu’à un moment donné, ils puissent prendre en main les matchs. Pour une raison simple : une fois le coup d’envoi donné, on ne peut plus intervenir. C’est un long travail, sur la qualité des déplacements, la recherche de l’espace... Mais, quand vous arrivez à maîtriser ça dans votre équipe, la performance d’ensemble s’en ressent. C’est en tout cas ce que je pense. L’efficacité passe par l’intelligence de jeu.

Comment travailler là-dessus ?

Par des exercices spécifiques, des jeux dirigés avec des contraintes... Je regarde beaucoup de matchs aussi, pour aller un peu plus loin. Ma première conviction n’est pas révolutionnaire : quand vous avez le ballon, vous avez plus de chance de gagner des matchs. L’objet du foot, c’est quand même le ballon. Après, c’est le boulot sur les déplacements collectifs, individuels, qui m’obsède. Grâce à ça, tu peux imposer le rythme que tu souhaites à la rencontre. J’ai été en formation à Clairefontaine sous les ordres de l’un des plus grands formateurs que la France du foot possède : Francisco Filho. Il me disait quelque chose de simple : le football n’est pas compliqué, il suffit d’aller où l’adversaire laisse aller. J’aime bien cette phrase, je la répète souvent aux joueurs et, pour ça, il faut observer, ne pas se laisser prendre par les émotions et avoir une réflexion sur le terrain. Avant, on peut travailler sur des plans, mais sur le terrain, c’est les joueurs qui ont les réponses.

« J’ai été en formation à Clairefontaine sous les ordres de l’un des plus grands formateurs que la France du foot possède : Francisco Filho. Il me disait quelque chose de simple : le football n’est pas compliqué, il suffit d’aller où l’adversaire laisse aller. J’aime bien cette phrase, je la répète souvent aux joueurs et, pour ça, il faut observer, ne pas se laisser prendre par les émotions et avoir une réflexion sur le terrain. »

Vous avez l’impression d’être le même entraîneur que celui que vous étiez à Niort ?
Je n’ai pas beaucoup changé, j’ai simplement élargi ma vision du jeu au fil des formations. Mes convictions, elles, n’ont jamais bougé. Il y a une équipe et un entraîneur qui m’a marqué là-dessus, c’est Patrick Parizon, avec qui Niort est monté en D1 en 1987. Au niveau du jeu, c’était une saison exceptionnelle. Tout semblait aller de soi : avant chaque match, on avait la certitude de ne pas perdre, et surtout l’intime conviction de gagner, finalement, à travers le jeu et nos déplacements, justement. C’est ce qui m’a donné envie de coacher, pour pouvoir retrouver cette sensation et du bonheur dans les déplacements, dans un jeu collectif.

Vous y êtes arrivé ?
Peut-être à Niort, oui, lors de la saison 2013-2014 où l’on a terminé cinquième de Ligue 2. On a fait une saison complète accomplie au niveau du jeu avec Sala, Pallois, Florian Martin... Que ce soit Niort, Châteauroux, Clermont, j’ai toujours travaillé dans des clubs à petit budget, il ne faut pas se le cacher. Le seul moyen, dans ce cas-là, pour rivaliser avec les autres, c’est d’être en avance, d’être meilleur dans l’anticipation sur l’adversaire. On ne peut s’en sortir que comme ça. Par le passé, le FC Nantes a réussi comme ça : un temps d’avance sur les passes, l’approche, les mouvements... Voilà ce qui me passionne le plus : qu’au même moment, mes joueurs pensent tous la même chose. Ça, c’est extraordinaire.

Le manque de moyens ne vous amène pas de frustration parfois ?
C’est un challenge à relever, je suis bien où je suis. J’étais très bien à Niort, j’aurais pu être très bien à Châteauroux, où le projet était intéressant, et ici, c’est pareil : tout le monde tire dans le même sens et chacun dans son domaine. Pour un coach, c’est agréable et précieux, je n’ai pas envie de perdre ça. Chacun sait pourquoi mon aventure à Niort s’est arrêtée : on a dit que je n’entrais pas dans le projet club et le projet club, c’était de faire du business. Il y a eu du copinage à un moment donné, c’est la vie, même si je suis un peu fataliste de ce côté-là. Châteauroux, c’était autre chose : on m’a vendu un projet, où le club voulait repartir de zéro alors qu’il devait être, au départ, en National, avant d’être repêché dix-quinze jours avant le début du championnat, et où on devait me laisser le temps d’installer mes idées. Puis, à un moment donné, les dirigeants ont craqué, ont tenté un coup sous l’emprise de la pression des résultats et des journalistes : pour un entraîneur, c’est difficile à accepter, même si on connaît la règle. Là, ça dépassait les résultats, ça a surtout été la fin d’un projet à long terme au bout de six mois d’une façon très brutale.

C’est aussi conjoncturel : aujourd’hui, le projet à long terme est de plus en plus complexe à mettre en place si l’on écoute les présidents.
Oui, mais on n’est pas des magiciens. Tous les entraîneurs ont besoin de temps. Je pense qu’un travail sur la durée sera toujours récompensé. Bien sûr, il y aura des moments difficiles, mais, au bout, tu es souvent gagnant. Il ne faut pas que les dirigeants se laissent prendre par l’émotion de l’environnement du club, c’est quelque chose dont est capable Jean-Michel Aulas, par exemple. C’est aussi le cas à Angers avec Stéphane Moulin, qui apporte énormément au club, en travaillant dans un projet à long terme avec son président, son directeur sportif, c’est une chance et une réussite.

Aujourd’hui, avec Clermont, ça serait quoi la réussite ?
L’ambition est de terminer le plus haut possible, simplement, mais on n’a aucune pression sur cette fin de saison. Aujourd’hui, on est dans une bonne position, certaines personnes parlent de montée, moi-même j’en ai parlé aux joueurs en leur disant : « Pourquoi pas nous ? » C’est simple : il reste dix journées, et il y a neuf équipes qui vont se cogner jusqu’au bout, entre la deuxième place et les barrages. On va jouer notre chance à fond, pour ne pas avoir de regrets. J’ai la chance d’être dans un club sain et réaliste. Je sais que ça ne changera pas, quel que soit notre classement final.




Propos recueillis par Maxime Brigand
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