Espagne - Liga - 27e journée - FC Séville

par Robin Delorme

Gary n’est pas si gentil

Enfant de la banlieue chaude de Santiago du Chili, Gary Medel est un joueur tout aussi talentueux dans l’entrejeu du FC Séville que coléreux quand une décision lui déplaît. Comme il l’admet de son propre chef : « Si je n’avais pas rencontré le football, j’aurais été voleur ou trafiquant de drogue.»

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Gary Medel, 3e ligne du FC Séville
Gary Medel, 3e ligne du FC Séville
Gary Medel est un homme au sang chaud. Très chaud. Une seule rencontre suffit à justifier ce qualificatif. Pour ce, il suffit de remonter au 27 février dernier. Alors que le FC Séville doit remonter un retard d’un but face à l’Atlético de Madrid en demi-finale retour de Copa del Rey, l’international chilien ne reste que 76 minutes sur la pelouse, la faute à une expulsion tout aussi justifiée que mouvementée. Après avoir couché Diego Costa au sol, il rumine face à la biscotte jaune que lui assène l’arbitre. Bilan, un deuxième carton dans la même minute et un retour prématuré aux vestiaires. Pas vraiment enclin à suivre les instructions arbitrales, il faut l’aplomb de son capitaine Negredo et la soufflante de son coach Emery pour le sortir du Sanchez-Pizjuán. Sur sa route, une malencontreuse chaise en plastique s’éclatera sur des gardiens de la paix un brin étonné. Accessoirement toujours, il avait fracturé l’avant-bras droit du Colchonero Tiago lors du premier acte. Loin d’être un enfant de cœur, Gary Medel collectionne les coups de sang sur et en-dehors des près. Pas vraiment une surprise lorsque l’on connaît les origines du « Pitbull ».

Drogue, sorties de route et violence conjugale

Gary Alexis Medel Soto voit le jour le 3 septembre 1987 à Santiago du Chili. Son enfance, il la passe dans le quartier de Conchalí, l’un des fiefs des narco-trafiquants et autres mafias du pays. « Dans mon quartier, on vit de la drogue, de trafics et de vols. Je ne sais pas ce que je serais devenu, mais grâce à Dieu, je ne suis jamais tombé dans ces choses, j’étais toujours avec mes parents, et si j’étais rentré dedans, mes parents m’auraient défoncé », décrit-il. Il ira même plus loin en 2009 lors d’une interview à la presse chilienne : « Si je n’avais pas rencontré le football, j’aurais été un voleur ou un trafiquant de drogue. » Le football, cette échappatoire, il le rencontre à l’âge de douze ans au Club Deportivo Universidad Católica. Après avoir franchi les étapes une par une, sans esbroufe, il débute sa carrière professionnelle en 2006 face à l’ennemi héréditaire de l’Universidad de Chile. Il ne pouvait en être autrement. Considéré comme l’un des grands espoirs de sa génération, c’est avec la sélection des moins de 20 ans qu’il s’envole pour le Canada en 2007. Les conneries peuvent commencer.

D’ailleurs, il n’attend pas même le décollage pour le Nord du continent pour squatter les rubriques faits divers. Alors qu’il est en stage avec ses camarades, il décide de faire une virée dans une boîte de nuit du quartier de Bellavista la veille du départ. Quelque peu éméché, il se met sur la gueule et envoie un anonyme à l’hôpital. Cette bévue ne lui vaudra qu’un simple rappel de la part de sa Fédération, mais n’est autre que le point d’ancrage d’une longue série. Entre septembre 2007 et janvier 2009, Gary Medel enchaîne les frasques. Par deux fois, il perd le contrôle de son véhicule et finit dans le fossé. En cause, une alcoolémie prononcée qui lui vaut deux séjours au poste de police. Son club de l’Universidad Católica décide alors de prendre à ses frais un psychologue et ordonne au joueur de déménager. Entre-temps, les ennuis judiciaires de Gary ne s’estompe pas. En 2008, il est convoqué par la justice pour répondre aux accusations de sa compagne Fernanda Reyes. En l’espace d’une journée, le joueur fait la Une des programmes télés, son amie l’incriminant de violence conjugale. Le lendemain, ladite Fernanda retire sa plainte contre le versement d’une coquette somme.

Kondogbia : « Le joueur qui m’a le plus impressionné »

Avant d’atterrir à Séville en janvier 2011, Gary Medel passe par la case Boca Junior où il y gagne le statut d’icône. Après une première saison plus qu’honorable, il devient le héros de la Bombonera. Le 25 mars 2010, Buenos Aires respire au rythme du Superclásico. Histoire de se familiariser un peu plus avec le peuple Xeneize, il claque un doublé pour une victoire 2-0 face à l’ennemi de River. Diego Maradona, alors sélectionneur de l’Argentine, y va même de son commentaire : « Si Medel était Argentin, il serait dans ma sélection pour la Coupe du monde. Il a fait un grand match. »

Mondial toujours, c’est en Afrique du Sud que le « Pitbull » montre l’étendue de son potentiel footballistique. Au cœur de la sélection de Bielsa, il distribue, court, oriente, bref il s’éclate. Sitôt l’aventure chilienne terminée, le FC Séville s’intéresse à lui. Il lui faudra tout de même attendre janvier 2011 pour débarquer en Andalousie. Inamovible au milieu de terrain, il étonne de par son gabarit râblé et atypique. « Depuis mon arrivée à Séville, Medel est le joueur qui m’a le plus impressionné », nous confie d’ailleurs Kondogbia, arrivé l’été dernier. Ce physique lâche (1,72m et le dos bosselé) ne l’empêche pourtant pas de squatter la short list des joueurs les plus détestables du site américain Bleacher Report. Cette année, Gary en est déjà a sa quatrième expulsion. Diabolique.

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  • Message posté par ElBuitre07 le 09/03/2013 à 16:44
      

    Vu le comportement de Diego Costa ça me ferait plaisir qu'un joueur le cogne comme il faut un de ces jours..

  • Message posté par TheHoop le 09/03/2013 à 21:31
      

    Il a une put... de tronche de chef de cartel

  • Message posté par forza-OM le 10/03/2013 à 03:44
      

    Venga en Marsella ;)


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