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  2. // Chelsea/Inter

Gare au coup de « Mou »

Ce soir, Chelsea, battu (1-2) à l'aller, reçoit l'Inter Milan avec l'obligation de l'emporter pour accéder à son 4e quart de finale de rang, le 6e en 7 ans. Pourtant, la partie ne s'annonce pas simple car en face, les Nerazzurri sont bien décidés à vendre chèrement leur peau, guidés en cela par l'impayable José Mourinho et son plan forcément machiavélique.

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Vu de loin, ce huitième de finale s'inscrit dans une immense joute géo-footballistique. L'Angleterre a déjà qualifié deux de ses représentants, Arsenal et Manchester United, en quarts alors que l'Italie a fait chou blanc pour l'instant, avec les sorties de la Fiorentina et de l'AC Milan (rossé précisément par MU). Albion vise donc un quatrième petit chelem de rang à ce stade de la compétition alors que la Serie A pourrait manquer à l'appel du grand huit pour la deuxième année de suite. Oui, avec une certaine hauteur, ce Chelsea-Inter dessine une certaine lutte entre la Premier League triomphante et un Calcio aux abois. Mais de cela, on doute que les deux parties en aient cure. Cette confrontation porte en elle-même suffisamment d'intérêts pour ne pas avoir à lui accoler une rivalité internationale.

Mourinho n'a « jamais préparé un match à ce point »

Car ce match marque le retour à Stamford Bridge d'un certain José Mourinho, l'homme qui a conduit les Blues à leurs plus beaux succès : deux titres nationaux, une FA Cup et une League Cup. C'est donc avec une émotion évidente que le Special One est attendu dans l'antre où son Chelsea n'a jamais été vaincu en Premier League sous ses ordres. Cette fois, le Portugais opérera sur le banc des visiteurs mais au vrai, personne ne peut parier qu'il n'ira pas se servir lui-même dans le frigo de la maison bleue : « Ici, je me sens comme chez moi. C'est le même club que j'ai connu, les mêmes joueurs, les mêmes fans, des gens que j'aimerai jusqu'à la fin de ma vie » . Fort ce Mourinho. Car teintée du vernis de l'amour, la déclaration renvoie surtout le club à tout ce qu'il doit à l'ancien gourou de Porto. En clair, depuis son départ, Chelsea n'a rien fait d'autre que de suivre ses anciennes fiches... en beaucoup moins bien, cela va sans dire ! « Depuis que je suis parti, j'ai gagné de grandes choses comme le championnat d'Italie. Chelsea a aussi continué à gagner de grandes choses comme... la Cup ! » ironise-t-il. Mourinho est ainsi fait, intimement persuadé d'être le meilleur. Et plus que jamais, il tient une occasion en or de le prouver. Car quoi de plus significatif que de battre son ancienne escouade qui, sous ses ordres, était considérée comme ce qui se fait de mieux : « Je n'ai jamais préparé un match à ce point. L'aller, je me le suis repassé sept fois en DVD, en arrêtant sans arrêt la bande (sic) pour revenir en arrière » .

A San Siro, sa tactique hérisson et une indéniable réussite avaient sacrément emmerdé Chelsea, trop imprécis pour trouver une entrée dans le bus milanais garé devant les bois de Julio Cesar. Milito et Cambiasso, bien soutenus par Sneijder, s'étaient occupés du reste pour enlever la première manche haut la main. Le problème est que l'Inter traverse une passe compliquée actuellement, battue dans les grandes largeurs à Catane (1-3), et affiche une vraie nervosité (expulsion de Muntari, le 3e rouge lombard en 4 journées). Et alors qu'elle comptait plus de dix points d'avance,elle n'a plus désormais qu'une longueur sur Milan, l'autre. Bref, Mourinho a beau faire le malin devant les journalistes anglais, bien plus friands de son trash talking que les médias transalpins, le ciel s'assombrit pour l'Inter, privé ce soir de Balotelli écarté (ambiance...), et une élimination plongerait le club lombard dans une crise inédite depuis plus de cinq ans.

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John Terry en rédemption

Le scénario n'a rien de farfelu. Car de son côté, Chelsea semble sortir de sa passe difficile. Au moment de se rendre en Italie, les Blues étaient plongés au plus profond du bouillon provoqué par les pérégrinations de John Terry. Minée par le lynchage de son capitaine, l'équipe entière marchait à côté de ses pompes alors que le moindre attaquant adverse en tenue règlementaire faisait de Terry sa petite catin à lui. C'est ainsi que, dans cette période, Diego Milito s'était allègrement servi face à l'ancien skipper de l'équipe d'Angleterre. Et franchement, dans cette tourmente, on ne voyait pas bien comment Chelsea pouvait espérer se refaire la cerise face à cet Inter hermétique en diable. Et au-delà de ça, c'est toute la saison qui semblait se dérober sous les panards londoniens. Et puis, et puis, une rencontre amicale avec l'Angleterre face à l'Egypte sans le pugilat annoncé, suivi d'un vulgaire match de Cup face à Stoke, une charge de Terry (but), une nouvelle charge du même Terry (passe décisive) avant la confirmation face à West Ham (4-1) là encore dans les pas d'un JT décisif après l'égalisation des Hammers. Le reste a suivi à l'unisson du taulier. Drogba ne marquait pas depuis trois matches. L'Ivoirien a signé un doublé à l'ancienne. Malouda ? Phénoménal et incontournable actuellement en attendant de l'être en Equipe de France. Le remplacement de Petr Cech ? Exit Hillario et ses gants de vaisselle pour Ross Turnbull.

Oui, depuis le match aller, le paysage a bien changé du côté de Stamford Bridge et la confiance règne de nouveau. « Le dernier match face à West Ham a été important, parce qu'on a réussi à développer un bon football, rapide, on a marqué trois buts et ce match a augmenté notre confiance, confirme Carlo Ancelotti. On sait que demain (ce soir, ndlr), il faudra qu'on soit à notre meilleur niveau, montrer une meilleure organisation, une meilleure concentration que l'Inter et on est sûrs de gagner si on le fait » . Tellement relax l'ami Carlo qu'il se permet même de chambrer façon cosy son rival d'un soir : « José Mourinho recevra la plus belle des réceptions. Il le mérite. Moi, après qu'on les ait battus, j'irai boire une bière avec lui » . Si Ancelotti se met à faire des vannes, c'est bien le signe que ce match s'annonce très spécial.

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