Garder les Rennes

1970 : le Brésil enflamme le Mondial, Mariah Carey pousse ses premiers cris quand Bourvil pousse son dernier soupir mais surtout Rennes occupe temporairement la place de leader du championnat. Quarante ans plus tard, les Bretons rééditent la performance pour la première fois. Et pourraient bien y rester jusqu'en mai.

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Conf' de presse d'après-match Rennes-Toulouse, victoire 3-1 des Rouge et Noir et Frédéric Antonetti donne gratuitement un cours de communication. Thème de la leçon du jour : détourner l'attention, focaliser l'adversaire sur un point pour ensuite mieux le contourner. Et donc le battre. Au lieu d'évoquer la prise de pouvoir de ses Rennais au sommet de la L1, le technicien préfère mettre l'accent (corse bien sûr) sur les faiblesses tactiques de son équipe, sur l'excellente prestation du milieu de terrain toulousain et même sur la blessure de son attaquant colombien Montano. Pas un mot sur sa défense, pourtant la plus hermétique du championnat avec seulement quatre buts encaissés. Même pas une envolée lyrique sur la forteresse bretonne, dernière équipe avec Lille à ne pas avoir encore connu la défaite cette saison.

Mais comment lui en vouloir ?! Car Prof' Antonetti, qui dirige la classe rennaise pour la deuxième année de suite, a compris qu'afficher publiquement ses ambitions était rarement porteur de bonnes nouvelles en Bretagne. Très (trop) souvent considéré comme un outsider crédible au titre depuis le début des années 2000, le Stade Rennais n'est jamais monté sur le podium final. Pire, le club n'a pas encore goûté dans son histoire à la saveur de la Ligue des Champions, terminant au mieux 4e de L1.

Recrues précoces

Après une peu glorieuse 9e place en 2010-2011, les Rennais digèrent enfin sans flatulences les préceptes d'Antonetti. Malgré un effectif pas mal chamboulé, le coach est resté fidèle à son 4-3-3 qui s'appuie avant tout sur une défense de fer et sur un impact physique de tous les instants. En très bons termes avec ses dirigeants, Antonetti a le champ libre pour travailler, fait assez rare pour être souligné (amitiés à Claude Puel)... Alors l'ancien entraîneur niçois a choisi de terminer en tête dans la course au recrutement. Fin juillet, presque toutes les nouvelles recrues étaient incorporées au groupe. Un mercato quasi made in France défini pour apporter des garanties à la défense (Kana-Biyik, Apam, Carrasso), pour densifier le milieu (Mandjeck) et pour apporter une once de créativité dans ce monde de brutes (Dalmat).

Alors oui les départs de Bangoura (Qatar) et de Gyan (Sunderland) n'ont pas été compensés fin août. Oui, Rennes ne possède plus qu'un seul vrai attaquant de pointe en la personne de Victor Hugo Montano, la recrue venue de Montpellier. Oui, le Colombien est indisponible trois semaines. Mais, en tentant de faire signer sans succès Mevlut Erding la semaine dernière, Rennes confirme que l'enveloppe dédiée aux transferts est copieusement garnie. Il ne serait pas étonnant qu'une pointure offensive débarque lors de la trêve hivernale.

Auberge de jeunesse

Si Antonetti a perdu le soleil azuréen en débarquant à Rennes, il n'a pas laissé sur la Côte d'Azur son envie de faire confiance à la jeunesse. La place de leader a aussi été conquise grâce à la fougue des jeunes pousses, véritables OGM à la croissance ultra-rapide. On ne présente plus Yann M'Vila, plaque tournante du milieu de terrain, devenu indispensable à Laurent Blanc en seulement quatre rencontres. Pas mal pour un gamin de 20 piges. Sur les ailes de l'attaque des Rouge et Noir, deux bombes torpillent les défenses adverses. Sylvain Marveaux, 24 ans, à gauche et Jirès Kembo-Ekoko, 22 ans, à droite. Sans oublier que Yacine Brahimi, 20 ans, continue sur la lancée de sa très belle saison passée en prêt à Clermont l'an dernier et a été impressionnant avec les Espoirs contre la Turquie. Enfin, le moins attendu de tous mais pas le moins talentueux s'appelle Kévin Théophile-Catherine, 20 ans, titularisé au poste de latéral gauche pour pallier des blessures.

Et hop, voilà encore une raison de penser que c'est bien l'année rennaise. Les blessures n'ont pas épargné l'effectif breton : Rod Fanni, Onyekachi Apam et bien sûr Fabien Lemoine, qui a gracieusement offert un rein au Nancéien Reynald Lemaître. Trois pièces essentielles du dispositif breton qui viendront injecter du sang frais au cœur de l'automne. En parlant hémoglobine, Antonetti semble également avoir appris à utiliser à bon escient ses célèbres coups de sang. Juste de quoi stimuler ses troupes et faire vibrer les supporters rennais, qui y croient dur comme fer cette saison. Au fait, il ne pourrait pas donner quelques cours par correspondance Fred ?

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