Ganso, le grand oublié de la Seleção

Si Neymar attire plus la lumière avec son look de playboy pour midinettes, le vrai crack de Santos, c'est Paulo Henrique Ganso. Un numéro 10 racé comme on n'en fait plus. Juste ce qu'il fallait pour une Seleção en mal de créateurs. Pas de chance, Dunga n'en veut pas. Demandez donc à Diego.

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Paulo Henrique Ganso. Retenez bien son nom. Dunga, lui, ne l'a pas retenu dans la liste des 23 qui s'envoleront pour l'Afsud. Plebiscité par toute la presse, c'est pourtant un journal qui lui a porté la poisse. Le jour de la convocation, la Une du quotidien O Globo affichait une galerie de portraits format images panini représentant tous les joueurs pressentis. Chacun avait droit à sa photo, sauf Paulo Henrique, que les illustrateurs facétieux ont préféré représenter par le dessin d'une oie. Eh oui, Ganso, en portugais, ça veut dire “oie”.

Ce surnom est resté parce qu'il correspond bien à son physique sec et élancé (1,84 pour 73kg). Mais à la base, il lui a été attribué par un préparateur physique de Santos, qui l'a pris en charge quand il a fait ses premiers pas en équipe première, en provenance du centre de formation. A chaque fois qu'un nouveau venu arrivait, on disait : « Tiens, encore un ganso » ... En France, on pourrait dire “un perdreau de l'année”, à moins que le fait de les considérer comme des oies ne sous-entende qu'il faut les gaver pour qu'ils prennent du muscle. Malgré son immense talent, on ne lui a jamais rien servi sur un plateau. Il ne doit son éclosion qu'à une grande force morale, boostée par quelques coups de pouce du destin.

Né Paulo Henrique Chagas de Lima, il voit le jour à Ananindeua, banlieue de Belém, capitale de l'Etat du Pará, aux portes de l'Amazonie. Premier coup de bol, c'est aussi l'Etat dont est originaire Giovanni, idole absolue de Santos dans les années 90, avant de rejoindre Ronaldo au Barça. Alors qu'il se morfond avec les équipes de jeunes du club local de Paysandú, Ganso parvient à faire un test dans l'ancien club de Pelé grâce à Giovanni. Le contact a été noué grâce à un vague cousin qui connaît un pote de celui qui jouera le rôle de grand frère de cet ado dégingandé qui ne sait pas trop où il met les pieds.


Seul avec sa mère


Les débuts sont difficiles, entre blessures à répétition et coups de blues. Il débarque à 15 ans avec sa mère, avec laquelle il loue un petit studio, alors que le reste de la famille reste dans le Nordeste. « Je me souviens du premier Nouvel An. J'étais seul avec Maman et nous étions assis sur la plage. J'ai rarement autant pleuré » , confesse-t-il devant les caméras de TV Globo, toujours prêtes à recueillir des témoignages larmoyants. Champion de São Paulo avec les moins de 20 ans, il signe son premier contrat pro en 2008. Mais sa carrière commence vraiment en 2009. Il gagne progressivement sa place de titulaire et termine le championnat national avec 8 buts et 4 passes décisives. De bons débuts qui lui valent d'être sélectionné pour la coupe du monde des moins de 20 ans, en Égypte, où la Seleção perdra en finale aux pénos contre le Ghana. Fort de ces expériences, il arrive à maturité cette année, éclaboussant de sa classe le championnat de São Paulo. Numéro 10 l'ancienne, il donne le tempo et distribue les caviars pour faire briller les Robinho, Neymar, André... et même son mentor Giovanni, de retour au club pour une retraite tranquille, même s'il passe le plus clair de son temps sur le banc à admirer le spectacle des “Meninos da Vila”.


Graine de Zizou


Si certains s'amusent à comparer Neymar à Messi, Ganso, par son style de jeu élégant, fait plutôt penser à Zidane. Contrôles de velours, passes caressées, dribbles tout en finesse, et surtout une intelligence de jeu inouïe pour un gamin d'à peine 20 ans. Et ça, c'est encore Robinho qui en parle le mieux : « Il voit tout avant tout le monde. Il a toujours un coup d'avance. On joue le dimanche mais lui, sur le terrain, il a déjà la tête au mardi » , plaisante le banni de Manchester City, toujours devant les caméras de Globo.

Loin d'être simplet, le Ganso, n'est-ce pas monsieur Dunga (Dunga est le nom du septième nain de Blanche Neige, Simplet, dans sa version brésilienne)... Mais surtout, il est doté d'un sacré tempérament. En finale du Paulistão, menée 3-2 contre Santo André, son équipe joue à 9 contre 10 et doit absolument tenir le résultat pour remporter le championnat. Et là, patatras, Roberto Brum, entré quelques minutes auparavant, se fait expulser pour un tacle assassin. A 8 contre 10, il faut faire sortir un joueur offensif pour faire entrer un autre défenseur. Voyant qu'il tire un peu la langue, le coach Dorival Júnior décide de sortir Ganso. Mais quand il voit la plaque du 4e arbitre, le jeune loup se rebelle, secoue la tête et fait des grands signes de “non” avec la main. Il aurait dit à l'entraîneur : « Non, tu ne me sors pas, vire André, moi je reste sur le terrain, je suis le seul à pouvoir tenir le ballon » . N'importe quel joueur se serait pris une gueulante avant de rentrer directement au vestiaire, la queue entre les jambes. Mais pas Ganso. Dorival Júnior lui fait confiance, se ravise et sort le jeune attaquant André, pourtant entré en jeu quelques minutes plus tôt. Résultat, Paulo Henrique est héroïque pendant toute la fin de match, le ballon lui colle au pied et Santo André ne parviendra pas à marquer. Santos champion et Ganso loué pour son génie, son culot et son sens des responsabilités.

Au même titre que Ronaldinho, Ganso fait partie de la liste des sept joueurs de secours inscrits par Dunga sur le site de la FIFA. Si Julio Baptista ou un autre bourrin de la liste principale se pète le genou avant la coupe du monde, il pourra peut-être régaler la chique en A...



Quelques liens vers des vidéos sympa...











Louis Génot, à Rio de Janeiro

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Ganso est excellent, voire plus. Pour avoir vu pas mal de ses prestations paulistes, c'est l'évidence! Faut-il pour autant en déduire que Neymar n'en est pas pour autant un vrai "crack"?

Il s'agit soit d'un excès de zèle de l'auteur, soit d'une boutade... Neymar est un attaquant fantastique, incroyablement rapide, vif, doué d'une technique, en mouvement comme en arrêt, virtuose, d'un véritable sens du spectacle qui plus est, et de qualités altruistes dont se passent bon nombre de joueurs ayant ce type de qualités!

Il est vrai que Neymar a cristallisé bien des éloges ces derniers temps et qu'au vu du rendement de Santos, on pourrait se dire que certains, comme Ganso, voire André ou encore Leo, auraient été un peu mis à l'ombre... LE fait est qu'en Europe et en France notamment, le football brésilien est sous-évalué, à tort, lorsqu'il n'est pas pratiqué en terre blanche et très européanisé. La véritable injustice se tient ici, et ce n'est pas affaire que de sentiments mais bien ausi de chiffres que de le penser. Aussi, en lieu et place de Neymar, dans sa chronique, l'auteur aurait-il pu se montrer plus courageux, autant que contestataire, en évoquant le nom d'un joueur, brésilien ou non, évoluant en terre auto satisfaite européenne... Un "grand" nom quoi. Torres, Kaka, Gerrard... ? Même pas cap.
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