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Gameiro vise juste

Sélectionné pour la première fois en équipe de France à la demande générale, Kevin Gameiro est un faux discret. Un mec qui gère sa carrière à la raisonnable sans oublier de viser le plus haut possible.

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Le soulagement. Plus que la joie ou la fierté, c'est ce qu'a dû ressentir Kevin Gameiro lorsqu'il a appris sa première convocation en équipe de France. Un petit séjour à Clairefontaine pour oublier que ses envies de grand club n'avaient toujours pas été satisfaites le 31 août à 23h59. Pour oublier aussi qu'en guise de félicitations après sa promotion sociale dans la hiérarchie du football, les dirigeants lorientais n'ont rien trouvé de mieux à lui offrir que la concurrence de Kevin Monnet-Paquet. Comme pour rappeler que, au-delà de la fameuse “génération 87”, la fin des années 80 a surtout vu le boom d'un prénom dégueulasse.


Jacky Duguépéroux et Eric Woerth


Parce qu'on ne va pas se mentir, lorsqu'on s'appelle Kevin, on a de grandes chances d'être né le 9 mai 1987 à Senlis, comme Gameiro. Après avoir passé ses sept premières années de football sur la pelouse du stade Sébastien-Braëms de l'ES Marly-la-Ville, dans le sillage de son père Dominique, Kev' est recruté à douze balais par la grosse écurie de l'Oise : l'US Chantilly. Un club qui se considère comme la crème des éleveurs de talents du coin, et pour cause. Avant la sélection de Gameiro, trois anciens Cantiliens ont été appelés en équipe nationale : Fred Aston (joueur des années 30), Ibrahim Ba (étoile filante) et Eric Woerth (maire de la bourgade).


C'est un autre ancien de l'USC qui va aller l'y chercher à 15 ans. Jacky Duguépéroux est alors entraineur de Strasbourg et l'emmène sans réfléchir dans ses valises, direction Racing. A cet âge, on sait déjà quel style de joueur sera Kevin : plus petit et plus rapide que tous les autres. « C'est un petit teigneux dans le bon sens du terme, affirme Pascal Cocuelle, président de l'US Chantilly depuis dix ans. Quand il était chez nous, il se démarquait déjà par sa vivacité, ses appels de balle » . Strasbourg, c'est l'occasion de montrer qu'il ne connait pas la pression. Pour sa première titularisation, il claque un doublé en coupe UEFA et élimine l'Etoile Rouge de Belgrade à lui tout seul. Puis il se fait les croisés, est absent six mois et revient comme si rien ne s'était passé. Après sa première saison pleine en pro, il finit meilleur buteur du tournoi de Toulon avec les Bleuets et marque en finale avant de mettre les voiles pour Lorient.


Au top de l'ambition


Malgré les appels du pied de Marseille. « Lorsque Kevin est parti de Strasbourg, j'ai discuté avec son père, rajoute Pascal Cocuelle. Il m'a dit que son fils préférait partir dans un club où il était sûr de jouer, à un haut niveau. L'idéal, c'était Le Mans ou Lorient » . Ce sera donc la Bretagne, sous les ordres d'un type qui sait traiter les espoirs : Christian Gourcuff. Petit à petit, Gameiro prend du galon et reste sur une saison 2009/2010 à 17 buts et 6 passes décisives. De quoi lancer la hype et pousser la foule à le réclamer en Equipe de France, mais pas de quoi le faire quitter les Merlus. Ne pas se méprendre pour autant : derrière des choix de carrière apparemment frileux se cachent des dents qui rayent déjà la pelouse du Moustoir.


Il y a deux ans, lorsqu'il débarque dans le Morbihan, Gameiro affirme déjà sans hésiter qu'il voyait ce transfert comme un tremplin pour la gloire. Cet été, il ne sacrifie d'ailleurs jamais à la langue de bois et au « je suis à 100%... » . Plus malin, il esquivait les questions en améliorant la formule : « Je suis à 100% Lorientais, mais on verra le 31 août si je le suis toujours » . En l'occurrence, il l'est donc toujours et a vu son pote Koscielny filer vers Arsenal et la Premier League. Pas aigri, Kevin a concentré sa soif de gloire sur la sélection nationale (pour le moment). Pas de première sélection Disneyland pour Gameiro: « Je ne suis pas là pour faire de la figuration et je veux revenir le plus souvent possible » , a-t-il envoyé dès sa première conférence de presse en Bleu. Avec un sélectionneur qui titularise Guillaume Hoarau, on peut dire qu'il a toutes ses chances.


Thomas Pitrel

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Pas très sympa pour Hoarau la fin de l'article... In cauda venenum!
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