1. //
  2. // 8es
  3. // Galles-Irlande du Nord

Galles-Irlande du Nord 2004 : récit d'un combat épique

Pays de Galles et Irlande du Nord au Parc des Princes pour un huitième de finale de l'Euro. Si l'affiche fait saliver les amateurs de grosses ambiances, ça reste avant tout un match qui promet du contact. Preuve en est la confrontation de 2004.

345 1
Taylor, Clyde, Hughes, Whitley, Smith et Williams. Les noms de famille les plus banals du Royaume-Uni. Et pourtant, ces six Nord-irlandais sont tout fiers dans les travées du Cardiff City Stadium. Le tour d'honneur pour rendre hommage à leurs bruyants supporters est remarquable. Les sourires sont de sortie et détonnent avec la mine défaite des joueurs gallois. Pourtant, les deux équipes ont fait match nul. Mais le pays de Galles était favori. Et ce n'est pas tous les jours que le pays de Galles part favori dans un match. Alors forcément, la déception est d'autant plus grande, surtout que le scénario du match a été complètement fou, notamment grâce à un arbitre italien un peu maniaque du sifflet.

Des fautes, des cartons et des pleurs


8 septembre 2004, phase qualificative pour le Mondial 2006. Gallois et Nord-Irlandais s'affrontent plus pour le prestige que pour autre chose, ils n'ont quasiment aucune chance de se qualifier. On joue seulement la huitième minute et le match bascule déjà. Le Gallois Robbie Savage s'échappe côté gauche. Michael Hughes ne parvient pas à le rattraper et le fauche par derrière. Deux pieds décollés. Forcément, la tignasse blonde du pays de Galles se relève au quart de tour et commence à chahuter son adversaire nord-irlandais. Les deux hommes sont séparés, aucun coup ne part. Mais Domenico Messina a décidé de montrer qui est le patron et sort directement deux cartons rouges. Savage, surpris, sort du terrain en pleurs, bien conscient qu'il met son équipe dans la panade et qu'il va manquer le match contre l'Angleterre à Wembley le mois prochain.


Le début de match cauchemardesque des Gallois n'est pas terminé. À peine trois minutes plus tard, alors qu'ils ont failli ouvrir le score sur coup franc par l'intermédiaire de Jason Koumas, ils subissent le réalisme froid des Nord-Irlandais. À la onzième minute, après un long ballon imprécis, Jeff Whitley hérite de la balle et ne se pose pas de question. Une grande demi-volée dans le petit filet et voilà la Green and White Army qui mène 1-0. Dans les tribunes visiteurs, c'est la folie, ça craque des fumigènes. Il faut dire que l'Irlande du Nord n'a pas l'habitude de mener au score dans cette phase éliminatoire. Mais la bonne surprise n'est pas terminée. Dix minutes plus tard, encore sur un long ballon, David Healy profite de la ridicule glissade de James Collins pour aller lober le gardien gallois. 2-0. Les supporters gallois sont abattus, les mains sur la tête, les yeux rivés sur leurs chaussures. Mais cette fois-ci, l'arbitre va leur redonner de l'espoir.

Le bras d'honneur de trop


Domenico Messina expulse en effet Healy dans la foulée de son but. Un carton jaune pour avoir détruit le poteau de corner en shootant dedans, un autre pour le bras d'honneur adressé aux supporters gallois. Une célébration de but qui coûte très cher. L'Irlande du Nord va devoir jouer à neuf pendant 70 minutes. Du coup, les Gallois parviennent vite à réduire le score. Avant la mi-temps, John Hartson trouve le chemin des filets de la tête. Les minutes sont longues pour les Nord-Irlandais qui ont de plus en plus de mal à contenir Craig Bellamy.


Finalement, ils craquent à un quart d'heure de la fin du match. Encore sur un centre venu de la droite, encore sur une tête, celle de Robert Earnshaw cette fois-ci. Le combat est de plus en plus rude, les tacles de plus en plus appuyés, des arcades sourcilières pètent, et des joueurs se tordent de douleur partout. À la dernière minute, le pays de Galles est tout proche de décrocher sa victoire, mais James Collins commet encore une boulette. Le rouquin gallois ne parvient pas à redresser le ballon dans le but vide, après un gros travail de Bellamy. C'est la fin du match, et le terrain ressemble surtout à un énorme champ de bataille. Le fighting spirit, à ce qu'on dit.

Youtube


Par Kevin Charnay

Dans cet article

Narvarshavin Niveau : District
l'arbitre qui mime le bras d'honneur, trop frais haha

Le Kiosque SO PRESS

Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
345 1