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Galatasaray, la saison noire

En Turquie, le champion en titre vit une période très compliquée. Complètement largué en championnat, Galatasaray est aussi éliminé des Coupes d’Europe, confronté à une crise sportive, plombé par des individualités en bout de route, sanctionné pour des finances dans le rouge et même touché par le terrorisme. La galère vraie.

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Il y a deux saisons, Galatasaray se qualifiait pour les 8es de finale de la Ligue des champions en sortant la Juve, avec Mancini aux manettes et Drogba en joueur VIP. La saison dernière, le club stambouliote décrochait le vingtième titre national de son histoire. Cette saison, il a été sorti dès la phase de poules de la C1, s’est fait lourder dès son repêchage en Ligue Europa par une Lazio pourtant pas très fringante et pointe seulement à la cinquième place en Süper Lig, à 21 et 20 points du leader et de son dauphin, Beşiktaş et Fenerbahçe, qu’il reçoit ce dimanche. Le grand derby n’a jamais paru aussi déséquilibré. Alors que le Fener n’a perdu qu’un seul match de championnat depuis septembre, son rival traîne sa peine avec une maigre victoire grattée depuis un mois toutes compétitions confondues (2-1 face à Trabzonspor le 21 février pour le compte de la Süper Lig) et n’a plus aucune illusion à se faire désormais : la saison sera ratée quoi qu’il arrive. Le seul moyen de limiter la casse est d’essayer de gagner la Coupe de Turquie, compétition dont il est également le tenant du titre et qui en est au stade des demi-finales (Galatasaray contre Rizespor, Fenerbahçe contre Konyaspor). En championnat en revanche, c’est bel et bien mort. Pour ce qui est des places d’honneur, elles sont de toute façon inutiles, puisque Galatasaray vient en plus de se faire sanctionner par l’UEFA : impossibilité de s’aligner à une compétition européenne la saison prochaine, et s'il n’y a pas de qualification cette saison, la sanction sera reportée aux éditions 2017/2018 de la Ligue des champions et de la Ligue Europa.

Quatre à se succéder sur le banc cette saison


Si Galatasaray se fait taper sur les doigts par les instances continentales, c’est parce que le club n’a pas assez pris au sérieux les précédents avertissements qu’il avait reçus concernant son déficit excessif et le non-respect du fair-play financier. Les 200 000 euros d’amende et le contrôle de la masse salariale n’ont pas suffi, et l’UEFA s’est vu dans l’obligation de sévir plus durement encore, alors que Galatasaray enchaîne les résultats déficitaires et que sa dette nette est désormais supérieure à ses revenus. Il faut dégraisser un effectif plombé par une masse salariale XXL. Cet hiver, Burak Yılmaz est parti en Chine, et le flop Kevin Großkreutz est déjà reparti en Allemagne. L’été dernier, ce sont Alex Telles et Felipe Melo qui rejoignaient Roberto Mancini à l’Inter. Bruma était parti aussi, de même qu’Amrabat. Des départs non compensés par les recrutements de Podolski, de Carole ou de Denayer. Un bon tiers de l’équipe type championne nationale la saison dernière manque à l’appel, et ça se ressent dans le jeu comme dans les résultats. Comme souvent dans pareil cas, le premier responsable désigné est l’entraîneur. Ou plutôt les entraîneurs, car ça se succède pas mal ces temps-ci sur le banc des Sang et Or. Le premier qui a sauté est Hamzaoğlu, celui-là même qui était à la tête de l’équipe lors de la conquête du titre la saison dernière, viré en novembre. Il n’a pas mis longtemps à rebondir : quelques jours après son éviction, il récupérait le poste à Bursaspor. Hamzaoğlu a été remplacé par « sir » Mustafa Denizli, légende locale pour avoir offert le titre à Bursaspor en 1987 pour ses débuts sur le banc. Son retour au club près de 30 ans plus tard a été un fiasco, et lui-même a été viré en début de mois après un bilan calamiteux de seulement 50% de victoires. Il a provisoirement été remplacé par son adjoint Orhan Atik avant la désignation cette semaine d’un quatrième homme : le Néerlandais Jan Olde Riekerink, ancien entraîneur des jeunes de l’Ajax notamment, arrivé quelques mois plus tôt en Turquie pour diriger le centre de formation de Galatasaray. Il a donc été promu entraîneur principal, mais a priori seulement pour finir la saison.

Umut Bulut endeuillé, les supporters unis dans la douleur


Une fin de saison qui s’annonce bien déprimante. En plus des soucis sportifs et financiers, le club a été endeuillé il y a quelques jours. Dimanche dernier très exactement, Galatasaray était en déplacement sur la pelouse de Gençlerbirliği, une formation d’Ankara de milieu de tableau. Vers 18h45, alors que la rencontre s’était terminée deux heures plus tôt sur le score de 1-1, non loin du stade un véhicule piégé explosait, faisant 37 victimes. Parmi elles figure Kamal Bulut, qui venait d’assister à la prestation de son fils Umut Bulut, l’ancien attaquant toulousain. C’est par un tweet – « Nos plus sincères condoléances à notre joueur Umut Bulut qui a perdu son père, Kemal Bulut, dans les attaques terroristes de la nuit dernière à Ankara » – que la triste nouvelle a été confirmée le lendemain par le club. En réponse à cet attentat terroriste et au climat de violence qui secoue actuellement le pays, des supporters des deux clubs rivaux, du Galatasaray et du Fenerbahçe, ont exprimé sur les réseaux sociaux leur souhait d’assister au match de dimanche unis et mêlés en tribune. Si l’enjeu sportif entre les deux formations paraît moins important que par le passé, ce derby devrait être sacrément fort en émotion.

Par Régis Delanoë
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Dans cet article

Précision pour Alex Telles et Bruma, ils ont été prêtés avec option d'achat. Hamza Hamzaoğlu a été viré à cause d'une déclaration faite à la presse à propos d'Umut Bulut, les dirigeant n'étaient pas du même avis et ils ont décidé de le virer. Et Mustafa Denizli a bien gagné la coupe en 87, mais la manière dont c'est écrit on penserait que c'est le championnat.
valeureux liégeois 74 Niveau : National
Même s'ils ont été champions la saison dernière, j'avais trouvé le Gala particulièrement faible lors de ses 2 confrontations contre Anderlecht en C.L.

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