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Gago n°5, l'ivresse des sens

Il y a ceux qui ont besoin de statistiques pour exister. Il y a ceux qui n'en ont pas besoin pour justifier leur apport. Et puis, il y a Fernando Gago, 31 ans, et presque champion, encore, avec Boca.

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C'est l'un des premiers tournants de la saison. Il fait plus de 35 degrés à Buenos Aires, tout le monde transpire et il n'y a pas vraiment d'air non plus au Monumental, toutes les place sont prises. Ça se chauffe doucement et au moment de l'entrée des joueurs sur le terrain, notamment celle de Tévez pas encore parti en Chine, ça explose de tous les côtés. Avant de très vite retomber dans un silence de bureau d'expert comptable. Au quart d'heure de jeu, Boca prend les devants grâce à Bou, bien aidé par l'Apache. Juste avant la mi-temps, Alario et Driussi remettent River sur les bons rails. 2-1 pour les locaux. Et puis Batalla se décide à chier dans la soupe. Il offre le 2-2 à Tévez, sur une sortie qui ferait passer celle de Lloris contre la Suède pour une opération déminage minutieusement préparée. Et finalement, Carlitos et Centurión terminent le boulot. Victoire 4-2 de Boca. Tout le monde adule le petit balafré, mais aussi celui qui a un blase de perso de Dragon Ball Z ou même le gardien millionario. Boca passe premier, River onzième. Et finalement, seuls les connaisseurs ont compris que c'était l'œuvre de Gago.

Résumé du premier Superclásico

C'est simple : ce jour-là. Tous les ballons passent par lui. Si en première période, Boca étouffe rapidement River, c'est parce qu'il l'a décidé. C'est aussi à cause de lui, par excès de confiance, si les Rouge et Blanc reviennent dans le match. Et c'est parce qu'il refait surgir sa semelle et son plat du pied, profitant également de la sortie de D'Alessandro en face, que les Xeneizes enfoncent le clou en seconde. Il ne rate quasiment rien, crée des espaces, oriente le jeu, donne de la verticalité, libère Carlitos de la responsabilité de création, coupe un nombre de trajectoires monstrueuses... Bref, rien qui se calcule, ni se quantifie vraiment : il gagne 8 duels sur 13, réussit 38 passes sur 45, commet deux fautes, reçoit un jaune... C'est anodin, limite anonyme. Mais Boca rayonne et il n'y est pas étranger.

Les larmes d'Achille


Avant ce match, Fernando revient de blessure. Ça ne fait vraiment pas longtemps qu'il a retrouvé les terrains, tout juste quelques semaines. Contre le Racing la semaine précédente, victoire 4-2, il est magistral. Avec lui, son équipe gagne en équilibre et contrôle. Tout comme contre San Lorenzo et Estudiantes avant. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il lâche quelques larmes après le premier Superclásico de la saison. Parce qu'habituellement, il les termine sur une civière : « J'en avais gros sur la patate, je pensais ne plus jamais jouer (après une grosse blessure au tendon d'Achille, ndlr) et après le match, j'ai tout laissé sortir. » Mais là, il est allé au bout des 90 minutes, avec en prime un gros coup au moral du plus grand et dangereux rival de cette saison.


Il s'est encore blessé début 2017. D'une pierre deux coups, les Bleu et Jaune se retrouvent sans Tévez ni Gago. « Il va nous manquer, tout comme Carlos, parce qu'il n'y aucun joueur de ce niveau dans le championnat argentin » , lâche Schelotto, son entraîneur il y a quelques mois. D'ailleurs, ce n'est pas tout à fait vrai que le n°5 échappe aux statistiques. En 2016 et avec Pintita sur le terrain, Boca prend 18 points sur 21. Sans lui, seulement 19 sur 30. Du coup, en cette nouvelle année, Schelotto a bien tenté de mettre Pérez à son poste, juste devant la défense, mais il a vite compris qu'il devait jouer autrement, sans lui. Et depuis qu'il est revenu, en avril dernier, il a retrouvé son poste de libéro moderne que seul lui peut assumer. Boca pointe désormais à quatre longueurs du frère honni, le titre l'attend les bras ouverts, loin d'être une coïncidence.

« Boca, que portez-vous pour dormir ? Gago n°5 »


Gago, c'est la fin de cette deuxième pinte de bière qui te fige un sourire, c'est la seule raison qui te donne encore envie de foutre ta chemise dans ton pantalon, c'est le poulet rôti encore frétillant de ta grand-mère, le dimanche midi, que tu caresses avec ton index avant de le lécher, et puis que tu savoures avec les yeux, la bouche, le nez et même les oreilles. C'est ce démon dans ta tête qui a coûté la défaite à ton US Saint-Malo parce que tu pensais vraiment que tenter un petit pont dans ta surface était une bonne idée, mais c'est aussi cet architecte qui te pousse à construire ton équipe depuis les fondations, c'est le meilleur remède à ta scoliose, c'est Marylin qui dort nue. L'échec sans le regret, l'échec avec les honneurs, le plaisir et la sagesse savamment dosés.



Il n'est pas la cause directe du succès de Boca, mais le succès de Boca ne peut s'expliquer sans lui. Alors certes, il n'a joué que 13 matchs cette saison. Certes, il court désormais comme un vieux. Certes, il laisse le sale boulot aux autres. Certes, mettre autant de gel passé trente balais, ça pose des questions. Mais putain, quelle classe ! Il a signé un nouveau contrat avec Boca, en mars dernier, pour trois nouvelles saisons. Si tout se passe bien, il ne devrait donc pas finir en Chine et nous offrir quelques caresses pendant encore quelque temps. Et à une époque où tous les mythes s'effacent les uns après les autres, Gago apporte encore un peu de réconfort.

Gago 2016/2017
Pour les sceptiques, un petit résumé de sa saison. À savourer le volume à fond.

Par Ugo Bocchi
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