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Frosinone, un autre petit poucet en Serie A

Après Carpi, la Serie A accueillera un autre newbie. Là aussi, il s'agit d'un promu inattendu, puisque les Ciociari arrivaient tout droit de la Division 3. Mais une fois de plus, la force des idées a fait la différence.

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« J'ai dit au président de la Ligue de Serie B que cela doit changer. Si Carpi et Frosinone montent en Serie A, à qui vais-je vendre les droits TV à l'étranger ? Personne ne les connaît ! » Voici un bref passage d'une conversation téléphonique entre Claudio Lotito, officiellement président de la Lazio, officieusement grand manitou du football italien, et un dirigeant du club d'Ischia. Enregistrée et transmise à la presse par ce dernier, elle avait fait couler beaucoup d'encre en Italie en février dernier. Lotito a finalement été prophétique, et bien malgré lui. Après la promotion surprise de Carpi, Frosinone fera également ses débuts parmi l'élite. Il faut remonter 21 ans en arrière pour trouver trace d'une situation identique, avec Piacenza et la Reggiana. Ces deux futurs néophytes pourraient même devenir trois. La Spezia peut encore sortir vainqueur des play-offs.

Derbys contre la Lazio et la Roma en vue


Mais, c'est où, Frosinone ? Dans la région du Latium, à peu près pile poil entre Rome et Naples. Et c'est un petit événement, puisque la Roma et la Lazio étaient jusqu'alors les seuls représentants de la région dans l'histoire de la Serie A. Nouveaux derbys en vue donc. Les mauvaises langues diront que cela vaut surtout pour la Lazio, perçue comme le club des campagnes romaines. Ville de 40 000 habitants, Frosinone est au beau milieu du territoire de la Ciociaria, d'où l'un des surnoms des joueurs, « i ciociari » , même si « canarini » est également usité du fait des couleurs, jaune dominant avec un peu de bleu. Centenaire depuis 2012, le club a eu du mal à se mettre en route, découvrant le football professionnel en 1966 lors de sa première apparition en Serie C. La Serie B, ce sera 40 ans plus tard, bon timing. Et cela a au moins permis de croiser le chemin de la Juventus (pour deux revers).

Les ciociari n'en sont d'ailleurs pas à leur coup d'essai. Lors de la saison 2009-10, ils avaient fréquenté les premières places pendant une demi-saison, avant de finalement rentrer dans le rang : cinq saisons consécutives en Serie B avant un retour à l'échelon inférieur. Pas de panique toutefois, rien ne presse à Frosinone, le club est très bien géré par Maurizio Stirpe, entrepreneur local dans la production d'objets en plastique. Jamais Frosinone n'a craint une faillite comme de nombreux confrères. Le tournant arrive à l'été 2012 lorsque les U18 sont sacrés champions d'Italie, une grande partie de l'effectif est promue en équipe première avec son entraîneur, Roberto Stellone. Un choix payant, puisque l'ancien attaquant du Napoli et du Torino se révèle parfaitement à la hauteur. Après une saison 2012-13 conclue à la 7e place, Frosinone bat Lecce en finale des play-offs du groupe B et remonte en Serie B en juin dernier.

L'effet promotion et la faillite de Bologne


Comme c'est souvent le cas, l'effet promotion fait le reste. Entre la faillite des favoris, les équipes reléguées de Serie A qui ne savent plus où elles en sont, et l'absence de nombreux clubs historiques, il n'est pas si difficile de se frayer un chemin. Suffit pour cela de conserver l'ossature des héros de la promotion. Déjà l'an passé, les rivaux de Latina échouaient en finale des play-offs, tandis que cette saison, Vicenza, autre promu, y participera. Dans le premier tiers du classement de bout en bout, Frosinone boucle déjà les matchs aller à la seconde place. Les petits coups de mou font finalement peu de dégâts, grâce aussi à la collaboration de Bologne, racheté par des Américains ambitieux, renforcé en hiver, mais incapable de décoller. Une victoire 2-1 contre les Rossoblù il y a deux semaines permet d'ailleurs aux Canarini de reprendre définitivement la seconde place.

Qui sont les héros de cet exploit ? À la manière de Carpi, difficile de trouver des joueurs de renom. La plupart feront leurs débuts en Serie A. Même pas une vieille gloire à se mettre sous la dent, tout juste l'Argentin Mario Santana, aperçu à la Fiorentina et Palerme. Impossible de ne pas citer le duo Dionisi-Ciofani qui a eu son poids : 12 buts pour le premier, 11 pour le second, et terminaux offensifs d'un 4-4-2 à l'ancienne, schéma tactique qui a presque disparu dans la Botte. Ils ont d'ailleurs marqué les trois buts samedi lors du match décisif contre Crotone. Carpi, Sassuolo, ou encore le Chievo. Voilà une belle brochette de petits poucets prochainement en Serie A, à laquelle vient s'ajouter désormais Frosinone. Moralité, avoir une histoire, un public, une ville peuplée, c'est bien. Avoir les idées claires, c'est mieux.


Par Valentin Pauluzzi
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Cheric Zghemmfour Niveau : CFA
Je ne donne pas cher de leur peau la saison prochaine car la Série A est rarement un terrain fertile pour les petits promus : Novara,Pascara,Salernitana,Côme,Ascoli,Ancône,Messine...ça passe à la trappe illico presto,pour rester dans l'esprit Latin.
On promettait la même chose à Sassuolo. Comme quoi c'est pas systématique.
Et puis avec Carpi, ça fera trois petits poucets en même temps.
JuanSchiaffino Niveau : National
Frosinone Culone!
Sinon, les "vrais" canarini en Italie, c'est Modena.
La_Rousse_Tourne Niveau : District
J'attends FM2016 avec impatience pour pouvoir lancer des recherches de joueurs à fort potentiel en Série B, il doit bien y avoir quelques pépites..
vinnyroma Niveau : CFA2
C'est sympathique de voir ces équipes en série A mais cela dénote d'un nivellement par le bas du foot professionnel italien et de l'effondrement de certaines places fortes du foot italien...le sud n'aura que deux équipes en serie A l'année prochaine.
Je pense qu'une serie A à 18 clubs s'impose.
Carpi, Frosinone, Ingolstadt, Darmstadt, GFCA, Bournemouth, Watford ...

Il faut se réjouir de la montée de ces petits clubs, en Italie, en Allemagne, en France et ailleurs, c'est un "vent de révolte" contre ce foot business qui pourrit notre sport depuis déjà trop d'années.

Des clubs sans puissance financière, des stades de bric et de broc de 5000 places, des joueurs sans immense talent mais avec de la volonté à revendre aux mercenaires millionnaires des grands clubs et surtout, des publics passionnés.
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